«La déchéance de la nationalité n’est pas une solution miracle»

NEUPRÉ Membre du conseil de la Fédération de l’ULg, le jeune Mathieu Bihet accède à de nouvelles responsabilités. Ses priorités politiques : le financement des cultes ou le débat sur les numéros Inami.

Temps de lecture: 4 min

C’est une première pour le conseiller communal Mathieu Bihet. Une interview au titre de président national des Jeunes MR.

Accéder à la présidence nationale des Jeunes MR, c’est une étape politique supplémentaire de franchie ?

Oui, je m’étais déjà engagé à fond comme vice-président quand nous avons rentré notre candidature en novembre dernier (Candidature à trois, avec Lora Nivesse, qui vient de démissionner, comme présidente, NDLR). Accéder à la présidence, c’est une étape en plus pour moi, pour mon implication au sein des Jeunes MR et même, plus largement, pour les contacts avec le parti et les cabinets ministériels.

À peine élue, Lora Nivesse quitte ses fonctions. Était-ce fait exprès pour vous faire monter ?

Non, du tout ! On a composé une équipe à trois, on a réfléchi au contenu de notre candidature, à notre stratégie. Je suis tombé des nues car c’est un peu ma grande sœur dans mon engagement politique. Là, cela va impliquer de nouveaux choix dans ma vie. Les Jeunes MR, c’est une ASBL de cinq personnes, avec 9.000 membres. D’ailleurs, la première chose que j’ai faite était de vérifier mon horaire à l’unif, pour voir si je savais m’impliquer.

Peut-on s’attendre à un changement de ligne politique ?

Non, pas vraiment. Maintenant, un changement de personne implique un changement de tempérament. Je prends un exemple : le débat sur la légalisation du cannabis. Lora était en faveur plus pour l’idée philosophique, l’idéologique libérale. Pour ma part, j’étais plus pragmatique, je réfléchissais plus aux arguments. On se complétait bien en fait. Maintenant, je pense que j’aurai d’autres priorités, comme le financement et la place des cultes en Belgique, le dossier des numéros Inami ou encore être une caisse de résonance du parti et du Gouvernement, tout en gardant notre indépendance.

Concernant les cultes, que prônez-vous concrètement ?

Nous n’avons pas encore fait de congrès là-dessus. Mais j’aimerais que l’on se pose la question sur la place des cultes à l’école. Les cours de religion ont-ils encore leur place ? Ne faudrait-il pas un cours des religions, de philosophie ? C’est un sujet à évoquer de manière réfléchie, en dehors de l’actualité.

Le MR veut pouvoir condamner ceux qui font l’apologie du terrorisme, à l’image de la législation française. Une bonne idée ?

Nous avons d’abord lancé une première idée : le port d’un bracelet électronique pour les personnes soupçonnées d’être des terroristes ou des personnes qui reviennent de Syrie, etc. A également été évoquée l’idée de créer un IPPJ pour jeunes radicaux. Je n’y suis pas favorable, je ne pense pas que les mettre ensemble puisse aider à la réinsertion. L’idée de punir l’apologie du terrorisme est par contre bonne, et mérite d’être discutée. Maintenant, il faut voir où on place le curseur. Attention à ne pas tomber dans la dérive en poursuivant des jeunes qui ont fait une mauvaise blague. Quand on voit qu’en France, un gamin de 8 ans a été interrogé, c’est largement une dérive. À 11, 12 ou 13 ans, on ne peut pas avoir envie de massacrer des gens, c’est impossible. Il faut alors savoir pourquoi le jeune dit ça, qui lui a dit, où l’a-t-il lu…

Autre sujet sensible : la déchéance de la nationalité. Elle figure parmi les mesures du gouvernement fédéral pour lutter contre le terrorisme et pourrait s’appliquer dans certains cas. Ne franchit-on pas une limite ? Ne risque-t-on pas de créer des sous-citoyens ?

Il y a deux éléments sur ce point. Un, on parle de cette mesure pour des personnes condamnées. Il y a donc une condamnation judiciaire pour terrorisme, il n’y a pas simplement une présomption comme dans le cas du bracelet électronique. Deux, cela ne concerne que les personnes avec une double nationalité. On ne peut pas faire d’apatride. Je pense que cela ne solutionne pas le problème. Si on déchoit quelqu’un de sa nationalité belge et qu’on le renvoie dans son pays d’origine, cela va-t-il vraiment lui enlever l’envie de revenir ? La personne continuera peut-être à commettre des exactions. Pas chez nous, mais ailleurs. Discriminer les gens ne permettra pas de lutter contre le terrorisme, c’est un avis personnel.

Vous êtes donc réticent à cela ?

C’est une mesure très symbolique, mais ce n’est pas une solution miracle.

Pour favoriser l’éclosion des jeunes en politique, seriez-vous pour la limitation du nombre de mandats successifs ?

Non, pas besoin de l’imposer. Je ne connais pas la structure des autres partis, mais au MR, les jeunes sont très bien considérés. On peut débattre, même quand on n’a pas les mêmes avis. Et puis, regardez aux parlements wallon et fédéral, nous avons Georges-Louis Bouchez, Magali Dock, Jennifer Baltus, Kattrin Jadin ou encore Gilles Foret. Non seulement nous avons de bonnes places sur les listes, mais nous avons aussi des élus.

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