Affaire du Carlton: DSK affirme qu’il voit Dodo la Saumure «pour la première fois» (vidéos)

L’essentiel

> Dominique Strauss-Khan et 13 autres prévenus, comparaissent depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Lille dans l’affaire de proxénétisme du Carlton.

> Le tribunal a rejeté la demande de huis clos des avocats des parties civiles. Le procès est ouvert au public.

> Appelé à la barre, Dominique Strauss-Kahn a expliqué qu’il voyait Dodo la Saumure « pour la première fois » aujourd’hui et qu’il n’était « jamais allé au Carlton ».

L’examen des faits débutera mardi, conformément au programme du procès. Retour sur la journée :

Jusqu’à dix ans de prison

Accusé d’être le principal bénéficiaire et instigateur de soirées libertines à Paris et Washington, Dominique Strauss-Kahn, longtemps favori des sondages en vue de la présidentielle de 2012 en France, risque jusqu’à dix ans de prison et une grosse amende.

Contactée par téléphone ce lundi matin, Joëlle Meskens, notre envoyée permanente, fait le point sur l’ambiance avant l’ouverture du procès et les enjeux de celui-ci.

Ecouter l’analyse sur mobile.

Quatorze prévenus

À 65 ans, l’ancien ministre socialiste se retrouve sur le banc des prévenus aux côtés de treize autres personnes : hôtelier, policier, avocat, entrepreneurs, et même un souteneur « Dodo la Saumure » (photo à gauche). Même si son témoignage n’est pas prévu avant le milieu de la semaine prochaine, Dominique Strauss-Kahn, surnommé DSK, est présent ce lundi pour ce procès-fleuve d’au moins trois semaines.

Dès l’aube, des dizaines de médias français et étrangers ont déployé devant le palais de justice cars-régie et plateaux de direct pour commenter cette nouvelle aventure judiciaire, dite « Affaire du Carlton » (nom d’un hôtel de luxe de Lille), de celui qui fut l’un des hommes les plus puissants de la planète.

Un procès entièrement public

Le procès est entièrement public, les magistrats du tribunal correctionnel de Lille (nord) ayant refusé le huis clos partiel réclamé par une des plaignantes avec le soutien du procureur. Avant d’entamer le débat de fond, le tribunal devait encore régler des questions de procédure soulevées par les avocats des prévenus.

La défense de DSK ne varie pas

À l’approche du procès, la défense de Dominique Strauss-Kahn est restée silencieuse. Sa position n’a pas varié : il était adepte du libertinage, pas de prostituées, et ignorait la qualité des jeunes femmes participant aux soirées.

« C’est vraiment nous faire croire qu’il est naïf », répond sèchement « Jade », l’une des prostituées interrogées pendant l’enquête, particulièrement sévère contre DSK, selon une source judiciaire.

Un huis clos rejeté

L’avocat d’anciennes prostituées qui se sont portées parties civiles a introduit une demande de huis clos en milieu d’après-midi, ce que le tribunal a rejeté.

L’enquête préliminaire dans le scandale du Carlton avait été ouverte par la police judiciaire de Lille, sur des renseignements anonymes. Les enquêteurs se penchent alors sur les fréquentations de l’hôtel Carlton et de l’hôtel des Tours, où René Kojfer, chargé des relations publiques du Carlton, est soupçonné de faire venir des prostituées pour satisfaire quelques clients. Il « n’a jamais touché un centime », affirme son avocat, Me Hubert Delarue.

La surveillance mise en place, notamment sur le téléphone portable de René Kojfer (photo à gauche), fait sortir peu à peu des noms, dont celui de Dominique Strauss-Kahn, lâché fortuitement au détour d’une conversation. Le dossier pourrait connaître un possible rebondissement avec la diffusion attendue d’un documentaire sur la chaîne Canal+. Celui-ci affirme que des écoutes de plusieurs protagonistes de l’affaire du Carlton, autorisées par le gouvernement de droite de l’époque, auraient été menées durant neuf mois, entre juin 2010 et février 2011, avant la révélation du scandale de Lille.

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