Di Rupo: «Les Grecs comme les autres ont besoin d’investissements»

Le président du PS Elio Di Rupo est convaincu que les socialistes et les sociaux-démocrates européens sont les plus à même, notamment en Belgique et en Allemagne, de répondre au « cri » exprimé par les électeurs grecs et peut-être bientôt, les électeurs espagnols. Il y a un « momentum », estime Elio Di Rupo à l’occasion d’une rencontre à Berlin avec son homologue allemand, le président du SPD Sigmar Gabriel, également vice-chancelier du gouvernement Merkel.

A ce stade, il n’existe pas de majorité suffisante en Europe pour modifier les traités d’austérité budgétaire, constate Elio Di Rupo.

Par ailleurs, s’en prenant au « pouvoir exorbitant » d’Eurostat, Elio Di Rupo appelle à modifier le texte sur la comptabilité SEC qui a fait grimper la dette belge jusqu’à 105 % et creusé le déficit wallon de 500 millions d’euros.

A la rencontre des syndicats allemands

Alors que l’Allemagne joue un rôle moteur dans l’évolution européenne, le président du PS est venu ce lundi à la rencontre de la confédération des syndicats allemands DGB et du SPD en qui il voit les alliés de premier choix pour tenter de renverser la vapeur. Une solution de rechange à «  l’austérité pour l’austérité » qui serait, selon lui, profitable à tous les Européens, belges comme grecs ou espagnols. «  Les Grecs comme les autres ont besoin d’investissements, donc de financements et de mécanismes qui placent les intérêts de la dette au plus bas, sans pour autant toucher à la dette elle-même », souligne le président du PS.

Elio Di Rupo fait de l’enjeu socio-économique européen l’une de ses priorités du moment, même s’il n’y a pas de comparaison possible entre la Belgique, qui a réussi à se « consolider » et la Grèce touchée par la corruption et un Pasok victime de ses divisions. Il ne craint pas l’émergence d’une autre gauche, rappelant que le PTB a agi en soutien du KKE, le parti communiste grec. Le PTB «  considère le parti vainqueur (Syriza) comme pas assez à gauche, selon sa conception de la gauche », relève le président du PS.

On sent bien que le PS vit un moment difficile aggravé par un sondage RTL-Le Soir l’annonçant en net recul.