S'identifier S'abonner

Le 11h02: Grèce-Europe, «un accord est possible mais ce sera difficile»

Jurek Kuczkiewicz a répondu à vos questions.

Par la rédaction

Temps de lecture: 4 min

La Banque centrale européenne a décidé mercredi soir de mettre une pression maximale sur la Grèce en coupant son soutien direct aux banques grecques, qu’elle refinançait jusqu’à présent en acceptant comme collatéraux (garanties) les obligations du Trésor hellénique. Alors que les membres du gouvernement grec terminent une tournée européenne pour tenter de trouver des soutiens…

Les deux ministres grec et allemand ont prononcé des phrases fortes hier lors de leur entretien. D’une part, «nous sommes d’accord pour dire que nous ne sommes pas d’accord ». Et du côté grec, « nous ne sommes pas d’accord même pour dire que nous ne sommes pas d’accord ». Est-ce que ces deux phrases résument bien l’ambiance entre l’Europe et la Grèce ?

« En effet, les positions semblent assez figées. les deux partis évoquent une possibilité de négocier mais les positions restent figées. Les européens attendent d’avoir des propositions concrètes. Il y a un changement politique, très bien. Mais il faut qu’ils mettent sur la table ce qu’ils veulent négocier ? Dire « on veut renégocier la dette », c’est une phrase un peu générale. »

On a vu que les Grecs, Tsipras et Varoufakis, ont chaque fois le même message  : « On veut bien négocier mais on ne veut pas supprimer la dette ».

« Il n’est pas question de supprimer la dette, les Grecs ne le demandent pas non plus. Ils veulent renégocier mais personne n’a parlé de réduire la dette. Par contre, entre négocier et réduire la dette nominale il y a une énorme marge de manœuvre. Le problème fondamental ce n’est pas la dette elle-même, c’est ce que la Grèce vit actuellement, comme par exemples les réformes  ».

On a assisté à un changement de ton radical en politique. Sur la forme, on n’est pas habitués. Madame Merkel en tête n’est peut-être pas habituée à cette manière de venir négocier. Est-ce juste anecdotique ?.

« Il n’y a pas vraiment de négociation. Ce qu’il y a eu comme négociation c’est un certain balisage. Le ton a déjà fort changé entre la semaine dernière et cette semaine-ci. La semaine il n’était plus question de négocier avec la troïka. Cela a eu des conséquences. La BCE a donc considéré qu’il fallait tirer des conséquences. Au-delà de ça, concrètement, il n’y a pas encore de cadre de négociation »

Quelles sont les marges de manœuvre ?

« D’une part, l’abandon de l’euro par la Grèce et donc au départ un effondrement du système financier. D’autre part, contiuer comme avant en maintenant le programme tel qu’il est.

Entre les deux, il y a beaucoup de possibilités. Les Grecs ne veulent plus de l’austérité, mais les Européens ne veulent pas abandonner la dette et veulent mener des réformes. »

Les internautes utilisent les termes d’attitude suicidaire des grecs et de rigueur des européens. Est-ce que ça résume bien la situation?

« Je suis pas d’accord. Il faut se garder des jugements excessifs. Le suicide, les Grecs l’ont déjà un peu vécu durant 5 ans. Je ne vois ce qui pourrait être pire que ça. De l’autre coté, on parle souvent de la froideur des Allemands. En réalité, l’europe se cache derrière l’Allemagne. Il y a 18 pays qui ne veulent pas barrer d’un coup de crayon tout ce qui a été fait et dit. C’est de l’argent que les contribuables européens prêtent à la Grèce. La Grèce est quand-même, quoi qu’on en dise, tout de même soutenue par l’Europe depuis plusieurs années. »

Si la Grèce sort de la zone euro, est-ce qu’il n’y a pas un risque de contagion des autres pays ?

« Non. Des protections existent pour éviter ce système. Par contre, l’effet psychologique pourrait être énorme »

Est-ce que l’Europe ne craint pas un basculement vers la gauche ?

« La majorité des pays européens est gouvernée à droite. Cela s’est réduit mais dans certains pays, les partis de gouvernement, c’est à dire centre-droite et centre-gauche, finissent par être considérés comme étant équivalents. D’où cette recherche d’alternative qui a lieu à l’extrême-droite ou à gauche de la gauche. Syriza en Grèce, et peut-être Podemos en Espagne sont présentés comme des partis de gauche radicale mais qui ne mettent pas en cause les valeurs fondamentales européennes. C’est un phénomène nouveau qui est intéressant parce que Syriza est une chance de montrer que l’austérité pure et simple n’a pas marché et qu’il faut donc changer de formule. À condition bien sûr qu’ils acceptent de mener des réformes fondamentales. »

Comment les choses vont-elles évoluer ?

« Un accord va être trouvé mais difficilement. Syriza ne pourra pas se séparer de l’Europe. Le problème c’est que la barre est placée tellement haut qu’on ne peut pas savoir si cela leur permettra de tenir. »

Revivez le 11h02 sur votre mobile

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Retour en haut du site Belgique Monde Économie Sports Culture Opinions Techno Sciences et santé So Soir Soirmag Images Le choix de la rédaction Dossiers Archives Bourses Trafic Météo Programmes télé Club du Soir Nous contacter RSS Les voyages du Soir La boutique SoSoir Petites annonces Annonces immobilières Gocar Faire-part et cartes de vœux Photobook Les Œuvres du Soir Toutes nos archives Gérer les cookies Rossel Rossel Advertising References Cinenews Out.be L'Echo SudInfo Metro Kotplanet.be Grenz Echo La Voix du Nord Vlan Rendez-vous En mémoire Sillon belge App Store Optimization Immovlan VLANSHOP