Angela Merkel: «Armer l’Ukraine n’impressionnera pas Vladimir Poutine» (vidéos)

La chancelière allemande s’est prononcée contre une solution militaire lors de la Conférence sur la sécurité de Munich.

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La chancelière allemande Angela Merkel a fait savoir samedi qu’elle était opposée à la livraison d’armes occidentales à l’armée ukrainienne, alors que le président américain réfléchit à cette option, d’après son secrétaire d’Etat John Kerry.

« Je suis intimement convaincue que ce conflit ne peut être réglé militairement (.) Les progrès dont l’Ukraine a besoin ne peuvent être atteints avec plus d’armes », a-t-elle dit à la Conférence sur la sécurité de Munich, au lendemain de sa rencontre avec Vladimir Poutine et François Hollande à Moscou.

>>> À lire : Poutine, Hollande et Merkel ont tenté de s’accorder sur un plan de paix en Ukraine

« Je ne vois pas en quoi un meilleur équipement de l’armée ukrainienne impressionnerait le président Poutine au point qu’il puisse imaginer perdre militairement », a-t-elle ajouté alors que plusieurs intervenants insistaient sur la nécessité d’aider l’Ukraine en lui livrant des armes face aux séparatistes, soutenus par Moscou.

« J’ai grandi en RDA, j’ai assisté à l’âge de sept ans à la construction du Mur de Berlin. Personne n’a alors cru qu’on devait intervenir militairement pour préserver les citoyens de la RDA et tout le bloc de l’Est d’années de dictature et de privation de liberté. Et je n’en veux à personne. C’était une appréciation réaliste peu après la Seconde guerre mondiale », a estimé Angela Merkel.

« Je pense tout simplement qu’un engagement militaire conduira plutôt à plus de victimes qu’à la conviction que la Russie peut être militairement vaincue », a-t-elle martelé.

Hollande : « Il y a un risque de guerre aux portes de l’Europe »

François Hollande n’était pas présent à Munich ce samedi mais s’est exprimé depuis Tulle, en Corrèze, où il était en visite.

« Je pense que c’est une des dernières chances. (…)Si nous ne parvenons pas à trouver un accord durable de paix, nous connaissons parfaitement le scénario : il a un nom, il s’appelle la guerre », a-t-il déclaré.

« Je savais que ce serait difficile, je savais que c’était risqué mais je savais que c’était indispensable », a ajouté François Hollande. « Je suis donc dans le processus. Je ne veux pas donner de pronostic, je suis aujourd’hui dans la recherche, qui prendra encore quelques jours, pour aboutir à une conclusion ».

« La chancelière et moi-même, nous considérons qu’il y a un risque de guerre aux portes de l’Europe », a martelé le président français, rappelant qu’il y a « déjà de nombreuses victimes ».

Un échange téléphonique est prévu dimanche entre Vladimir Poutine, le président ukrainien Petro Porochenko, la chancelière allemande et François Hollande.

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