Le football africain ne convainc plus vraiment

Privée de quelques ténors comme le Maroc, l’Egypte ou le Nigéria, la CAN, dont la finale oppose la Côte d’Ivoire et le Ghana à 20 heures, n’a pas vraiment séduit les observateurs.

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Au-delà de ses capacités organisationnelles, qui restent plus que jamais à démontrer, le football africain avait à cœur de montrer son niveau aux yeux du monde entier lors de cette 30e édition de la Coupe d’Afrique des nations. Alors qu’on arrive au sprint final, il faut bien reconnaître que le niveau global des rencontres n’a pas réellement été à la hauteur des espérances. La faute à qui, la faute à quoi ?

Autrefois considéré comme « le » football émergeant, qui faisait dire à certains spécialistes qu’il ne faudrait certainement pas attendre des décennies avant d’assister au premier sacre mondial d’une nation issue du continent noir, le football africain semble traîner la patte depuis quelques années.

Lors du Mondial 2014, seuls le Nigeria et l’Algérie étaient sortis de leur poule avant d’échouer en huitièmes de finale, respectivement face à la France et à l’Allemagne. Sur la liste des 23 nommés pour le ballon d’Or, seul le nom de l’Ivoirien Yaya Touré (Manchester City) apparaissait en ordre utile ces deux dernières années.

Le quadruple Ballon d’or… africain en titre est évidemment la véritable star de cette compétition, le guide technique et physique de ces Eléphants ivoiriens qui vont tenter de remporter leur deuxième sacre continental, dimanche soir, face au Ghana de Franck Acheampong. Vingt-trois ans après leur premier succès, ce serait aussi une occasion idéale d’oublier les terribles désillusions connues ces dernières années avec Didier Drogba, quand la Côte d’Ivoire avait échoué en finale et aux tirs au but, face à l’Egypte en 2006 puis contre la Zambie six ans plus tard. Petit détail amusant, le coach de la Zambie de l’époque n’était autre que le Français Hervé Renard, qui dirige actuellement les Ivoiriens.

Avant le début de la compétition, nous avions sondé le portier – désormais réserviste – de la Côte d’Ivoire, Barry Copa Boubacar, sur les forces en présence dans cette compétition. « Une chose est sûre : nous ne sommes plus les favoris, nous expliquait-il alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour la Guinée équatoriale. L’équipe est en reconstruction, avec des joueurs de l’ancienne génération dorée, mais aussi avec quelques jeunes talentueux qui doivent accumuler de l’expérience. En l’absence de plusieurs équipes de renom (NDLR : comme le Maroc, écarté pour avoir demandé à postposer l’organisation de l’épreuve en raison de ses craintes liées au virus Ebola, mais aussi l’Egypte ou le Nigeria), chaque équipe a ses chances, aucune surprise n’est à écarter. Pas même de nous voir enfin gagner le trophée, si Dieu le veut ! »

Même s’il attribuait personnellement cette incertitude par un nivellement par le haut lié à l’« européanisation » des équipes et de leurs méthodes de travail, le portier lokerenois ne croyait pas si bien dire. Durant toute l’épreuve, les surprises ont été légion, tout comme les matchs nuls lors des phases de poules plus indécises que jamais. Au final, la « petite » Guinée équatoriale, qui ne s’est jamais qualifiée pour une CAN sur le terrain et ne compte aucune vedette, a atteint le dernier carré. Malgré cela, le pays organisateur n’a pas su rééditer l’exploit réalisé par la Zambie en 2012 ou même le Burkina Faso en 2014 (finale perdue de justesse), autant de David ayant bousculé les traditionnels Goliath. A l’arrivée, ce sont deux des équipes les plus expérimentées et performantes qui se retrouveront tout de même en finale, dimanche soir (20h) à Bata. Tout le monde espère une apothéose à la hauteur des attentes initiales. Pas du déroulement du tournoi jusqu’ici…

 

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