HSBC: Georges Gutelman et Pierre Salik, deux cas belges

Arbitrairement, nous avons épinglé deux cas parmi les Belges francophones, deux cas déjà bien connus de la justice et du fisc, mais que le public ne reliait pas encore au dossier HSBC.

Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 4 min

Dans un dossier comme celui de HSBC, il est très délicat de citer les noms : comme le confirme l’administration des Finances, certains clients ont depuis longtemps régularisé leur situation par DLU, d’autres se sont vu enrôler et imposer un accroissement fiscal (c’est la majorité des cas, pour un total de quelque 400 millions d’euros), d’autres enfin restent à ce jour inconnus de la justice et du fisc. Certains noms ont déjà filtré, notamment celui de l’ex-sénateur PS Roger Lallemand, cité par le Tijd dès le début de l’enquête. Arbitrairement, nous avons épinglé deux cas parmi les Belges francophones, deux cas déjà bien connus de la justice et du fisc, mais que le public ne reliait pas encore au dossier HSBC.

Pierre Salik

Le nom de Pierre Salik a souvent été associé à des feuilletons judiciaires. Pourtant, cet homme d’affaires né à Charleroi en 1930, patron d’une grande entreprise textile, n’a été condamné qu’une seule fois par la justice : en mars 1987, pour fraude fiscale. Il prendra cinq ans ferme, réduits à trois quelques mois plus tard.

Mais l’affaire Salik qui a fait couler le plus d’encre reste la faillite de Kid Cool, une ligne de prêt-à-porter pour enfants. En 1999, Pierre Salik s’était arrangé avec son vieil ami Patrick Abraham pour lui racheter les actifs de la faillite de Kid Cool, en donnant six mois à Abraham pour trouver un autre repreneur. Un repreneur qui n’arrivera jamais, ce qui provoquera une nette dégradation des relations entre les deux hommes. L’affaire se règle en justice, mais Salik est accusé d’avoir corrompu le juge Deraeymaeker chargé de cette faillite. S’en suit une saga juridique de plus de 10 ans, qui se terminera en non-lieu.

Si Pierre Salik se fait aujourd’hui discret, son nom apparaît dans la longue liste de données HSBC, ainsi que celui de deux autres membres de sa famille. Les documents indiquent que la somme maximale constatée sur ses quatre comptes HSBC est de 97 millions de dollars entre 2006 et 2007. On note aussi que l’un des comptes offshore est lié à Tortola, une des îles Vierges britanniques.

Pierre Salik est aujourd’hui domicilié à Monaco et n’a donc plus de compte à rendre au fisc belge. En revanche, les deux membres de sa famille liés aux mêmes comptes HSBC que lui résident sur notre territoire.

Ni Pierre Salik ni son avocat-conseil, maître Bonhivers, n’ont souhaité commenter ces informations et répondre à nos questions, pour déterminer si ces montants ont bien été déclarés à l’époque ou régularisés depuis.

Georges Gutelman

Le montant placé par Georges Gutelman en Suisse, chez HSBC Private Bank, semble presque dérisoire par rapport au cas « Salik ». Un seul compte, dans ce cas, qui affichait à son maximum un peu plus de 2,5 millions de dollars entre 2006 et 2007.

Georges Gutelman, résident dans la commune de Woluwe Saint-Pierre, a-t-il déclaré cette somme ? L’a-t-il régularisée depuis ? Impossible à dire. Malgré plusieurs tentatives, nous ne sommes pas parvenus à entrer en contact avec cet homme d’affaires. La seule certitude, ce sont donc les 2,5 millions de dollars déposés chez HSBC qu’indiquent les documents fournis par le lanceur d’alerte Hervé Falciani.

A 76 ans, ce natif d’Ougrée, en région liégeoise, est aujourd’hui encore administrateur dans quelques sociétés liées à l’aviation, un secteur dans lequel Gutelman a été actif durant toute sa carrière.

Ami d’enfance de Jean Gol, cet ingénieur civil de l’Université de Liège a fondé en 1971 la compagnie aérienne Trans European Airways (TEA). La société se développe pendant plus de 20 ans, ce qui vaudra notamment à Gutelman le titre de manager de l’année en 1989. Mais TEA tombe en faillite en 1991, pendant la première guerre du Golfe. Une faillite qui présentait certaines irrégularités et qui traînera Gutelman en jsutice pendant 10 ans avant d’obtenir un non-lieu.

Après cette première faillite, Gutelman s’associera à Victor Hasson pour relancer une nouvelle compagnie low-cost (EBA cette fois) sur les cendres de TEA. Jackpot quelques années plus tard, lorsque le milliardaire britannique Richard Branson la rachète via sa société Virgin. Mais la paire Hasson/Gutelman ne s’arrête pas là. Ils créeront encore City Bird, qui tombera en faillite après les attentats du 11 Septembre, ou encore Birdy Airlines, qui assure les vols vers l’Afrique de la compagnie Brussels Airlines.

 

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