Eurogroupe: l’histoire rocambolesque de l’échec des négociations avec la Grèce

Le ministre des Finances allemand avait déjà quitté la table des négociations quand Athènes a rejeté le projet d’accord.

Chef du service Monde Temps de lecture: 3 min

Comment une réunion dont la substance des conclusions commençait, comme d’habitude, à circuler parmi les délégations nationales et les journalistes, a soudainement viré à l’échec total ? Mercredi soir, peu après 22 heures, des rumeurs de plus en plus insistantes indiquaient que la Grèce allait accepter de discuter d’une prolongation de son programme de sauvetage, condition sine qua non posée par les partenaires européens afin d’envisager une renégociation de sa dette et du programme de réformes.

Vers 23 heures, les journalistes sont invités à prendre place dans la petite salle de presse. La presse grecque, quant à elle, se poste au bas de l’escalier vers l’étage où s’était tenue la réunion de l’Eurogroupe, afin de capter le ministre des Finances Varoufakis, à la calvitie et au franc-parler devenus en quelques jours mondialement célèbres.

Une longue attente débute. Elle durera une heure, jusqu’à ce que les présidents de séance, Jeroen Dijsselbloem, le commissaire européen Pierre Moscovici et la directrice du FMI Christine Lagarde, arrivent pour annoncer que la réunion n’a débouché sur rien. Varoufakis, lui, descend rejoindre la presse hellénique.

>>> Eurogroupe : pas le moindre élément d’accord avec la Grèce

Schäuble prend son avion

Que s’est-il passé ? Après quelques heures de palabres, les partenaires européens et les deux ministres grecs – Varoufakis, aux Finances et Dragasakis, Vice-premier chargé de la politique économique – s’étaient entendus sur un texte qui évoquait la perspective d’une prolongation du programme grec. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand, considérant que la réunion était conclue, et positivement, signifie qu’il doit reprendre son avion pour Berlin. Il quitte les lieux, de même que le ministre luxembourgeois Pierre Gramegna, qui sur le chemin confie à sa presse nationale l’issue relativement heureuse de la réunion.

Athènes refuse le texte

Mais quelques instants plus tard, Schäuble et Gramegna étant déjà partis, les Grecs reviennent en salle avec une mauvaise nouvelle, après avoir appelé Athènes : le projet de texte est refusé. S’ensuit une heure d’attente : le temps de prévenir Wolfgang Schäuble que l’accord qu’il pensait avoir laissé conclu, ne l’est en fait pas.

Et c’est ainsi que Jeroen Dijsselbloem, passablement gêné et annonçant aux journalistes qu’il n’aura pas beaucoup de réponses à apporter à leurs questions, communique qu’il n’y a même pas de base commune entre Grecs et autres Européens, pour travailler d’ici la prochaine réunion de l’Eurogroupe prévue pour lundi prochain… Varoufakis, quant à lui, partage son sentiment après sa première participation à un Eurogroupe : « Fascinant » !

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