L’Etat islamique menace Bruxelles et Paris dans une nouvelle vidéo

Une vidéo de propagande de l’Etat islamique, diffusée dimanche soir par VTM, menace «la France et la Belgique» d’attentats à la voiture piégée, de meurtres et de décapitations. Cette vidéo, de 3 minutes 30 secondes met en scène deux jeunes combattants. L’un des deux tient le crachoir propagandiste. «Vous avez vu ce que nous pouvons faire», lance-t-il dans un français mâtiné d’accent wallon.

Le jeune homme, porteur comme son comparse d’un fusil M-16 (des fusils d’assaut américains probablement dérobés à l’armée irakienne), s’en prend de manière virulente et avec beaucoup de nervosité aux «kufars» (les mécréants) qu’il défie de venir «se battre ici». Il en appelle aux musulmans de France et de Belgique à venir combattre pour Allah, à renoncer à parler aux «kufars». Il leur reproche de vivre du CPAS au lieu de les rejoindre. Le deuxième homme, qui demeure silencieux et semble peu sûr de lui, ressemble au jeune Verviétois Redwane Hajaoui, dont le nom de guerre est Abou Khald al Magribi. Celui-là était parti de Verviers en janvier 2014, affimant à sa mère qu’il partait en vacances au Maroc. Au lendemain de l’assaut donné à Verviers, il fut présenté à tort par certains sites djihadistes comme étant l’une des deux victimes de la fusillade.

«Victimes» d’un combat déséquilibré

Cette vidéo est de facture «professionnelle» (sauf le jeu décousu de l’intervenant). Au moins trois caméras filment simultanément son intervention qui se déroule sous le drapeau du Daesh. Ce document de propagande est l’un des premiers qui appelle explicitement de jeunes musulmans francophones à venir rejoindre les rangs de Daesh, sous peine d’être «punis par Allah». Les combats récents ont entamé les rangs de Daesh qui s’est lancé dans une campagne de recrutement, comme le montre l’inflation prévisible de ces diffusions sur l’internet.

Un langage inhabituel pour Daesh

Autre point d’intérêt de cette vidéo: l’intervenant se plaint d’être en infériorité matérielle par rapport aux forces de la coalition. Ce langage est inhabituel pour Daesh qui, habituellement a à cœur de vanter sa toute puissance. Ce message présente donc les combattants islamistes comme des «victimes» d’un combat déséquilibré dont ils disent être sûrs de sortir malgré tout vainqueurs.

Daesh a ordonné à ses combattants étrangers de ne plus diffuser d’initiative, comme ils en avaient l’habitude, des vidéos sur l’internet. La communication propagandiste procède désormais d’une stratrégie bien définie. Elle a aussi pour objectif d’éviter que des lieux de cantonnement ne soit repérés sur les images transmises, comme ce fut le cas d’un centre de formation qui fut détruit par l’aviation des coalisés. Tous les fonds d’images sont désormais neutres.

Daesh a également diffusé ce week-end des images montrant des combattants kurdes et des enfants enfermés dans des cages auxquelles les terroristes menacent de bouter le feu.