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Les raisons de l’arrêt du Thalys wallon

Faut-il conserver des trains à grande vitesse qui roulent à 120km/h sur les anciennes voies ? La décision a été reportée fin février.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 4 min

Les Thalys « régionaux » s’ajoutent à la liste des espèces en voie de disparition. Les trains à grande vitesse qui partent tôt matin de Liège et Ostende vers Paris et reviennent le soir devraient cesser dès le 1er avril prochain. Ça ne fait pas de doute pour celui qu’on surnommait le « Thalys fantôme » en Flandre (Ostende, Bruges, Gand, Bruxelles), qui était péniblement fréquenté à 20 % des 360 places assises potentielles. Le Thalys « dorsale wallonne » (Liège, Namur, Charleroi, Mons) dont le taux de remplissage est de 50 % (140.000 voyageurs par an), suscite plus de questions. La ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant propose de supprimer les deux. Un « kern » électronique devait le confirmer ce lundi. Faute d’ordre du jour fourni, la décision formelle est reportée au prochain conseil des ministres, le 27 février. Dans la modification du contrat de gestion qui impose ces dessertes locales à grande vitesse, la ministre peut également opter pour une demi-douzaine d’alternatives, notamment pour continuer à favoriser l’accès à Mons 2015. Chacune s’accompagne d’une facture adaptée. Certitude, il est temps de décider : la suppression des deux lignes est prévue dès le 1er avril et il y a peu de chance que ce soit un poisson du même mois.

La logique qui prône l’arrêt de ces trains, c’est leur coût  : de 7,5 à 8,1 millions par an, selon les méthodes de calcul. Soit 5,3 millions d’euros par an pour la dorsale wallonne (39 euros de perte par voyageur embarqué) et 2,8 millions pour la dorsale flamande (beaucoup plus courte, elle s’arrête à Bruxelles où le train devient un Thalys « comme les autres » et fait le plein). Pour opérer ces dorsales régionales, la SNCB reçoit une dotation fédérale spécifique de plus de 6,5 millions chaque année. L’arrêt des Thalys régionaux pourrait donc s’avérer une bonne affaire pour les finances fédérales et pour la SNCB qui devait compenser la différence entre les deux.

Des raisons techniques, expliquent aussi, en partie, l’arrêt probable du train wallon. Dès avril, l’équipement de la gare de Namur du niveau de système de freinage automatique des couloirs européens « marchandises » empêchera le passage des Thalys qui ne sont pas équipés de la même version. Et leur mise à niveau à cette version implique une homologation dans les quatre pays-destinations de Thalys, ce qui coûte autant que ça ne prend du temps.

Horaires plus compliqués

Pour les utilisateurs, la disparition du Thalys wallon est, évidemment, analysée différemment. Deux autres Thalys seulement arrivent plus tôt à Paris. Ils quittent Bruxelles-Midi à 6h13 et 7h10. Pratique pour les Bruxellois mais très matinal pour ceux qui doivent ajouter une correspondance depuis Namur, Charleroi ou Mons. Pour eux, même s’il est plus lent, l’horaire du Thalys wallon reste une réelle alternative. De Liège on peut arriver plus tôt à Paris (8h35) en partant à 6h pour prendre le Thalys de 7h10 à Bruxelles. Mais la correspondance ne souffre aucun retard. Pour les voyageurs de Namur, Charleroi et Mons, les alternatives sont plus longues ou/et plus contraignantes. Certains réclament donc fermement le maintien du Thalys wallon. Notamment à l’occasion de Mons 2015 capitale de la Culture que le train du soir met à portée des curieux/visiteurs parisiens.

D’autres tirent leurs arguments du contexte historique. Il ne s’agirait pas du combat de quelques bourgmestres qui veulent accoler un « accessible en Thalys » au fronton de leur gare mais de respect des engagements passés. Quand le Thalys Paris-Bruxelles-Liège a été instauré, Namur et Charleroi ont perdu leurs liaisons internationales (vers Berlin, Varsovie, Copenhague…) puisque Thalys s’installe au détriment des liaisons internationales en train classique moins chères que la SNCB a fait disparaître. Enfin, les dorsales sont aussi l’héritage des Régions qui ont fait valoir qu'elles ne se sont pas opposées aux nombreuses expropriations permettant de construire la liaison TGV sur leur territoire. Un argument foncier qui a débouché sur, compromis à la belge oblige, ces fameux Thalys des dorsales. Alors, dire que ces dorsales vont définitivement courber l’échine…

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