La Bush de Charmes

Les derniers confettis ne sont pas encore retombés, le claquement du bruit des sabots sur le pavé des petits villages de la région du Centre semble avoir fait peur à l’hiver, quelques oranges gisent de-ci, de-là, c’est donc le moment de s’asseoir en compagnie d’une belle nouveauté.

Temps de lecture: 3 min

La Brasserie Dubuisson est, presque, coutumière du fait. Chez eux, on redécouvre le travail du bois autour de la bière. Un peu d’histoire pour être certain de ne pas se perdre en chemin. Au commencement était le tonneau, enfin, ce que l’on nomme aujourd’hui la barrique. Nos ancêtres celtes utilisaient ces récipients pour promener leur cervoise et non pas pour la conserver, car, en ces temps lointains, il n’y avait pas de conservation possible.

Il faudra attendre le XIe siècle pour que l’on ajoute dans le brouet de céréales un peu de houblon, enfin de fleur de houblon, dont une substance (la lupuline) empêche le pourrissement. Bref, ces barriques plairont à nos envahisseurs romains qui ne tarderont pas à s’en emparer.

De là, naît l’histoire d’amour entre les barriques et le vin. Histoire qui culminera dans les délires de la fin des années nonante où le goût du bois est devenu plus important que celui du fruit. Ah, cette petite note à la fois vanillée, caramélisée, toastée, totalement régressive. Doublez cela d’une sucrosité nettement en hausse, et vous aurez les clefs du succès des vins internationaux sur les linéaires des grandes surfaces de la planète.

Mais pendant ce temps-là, les barriques ont été oubliées dans le monde de la brasserie. Enfin, pas tout à fait. Les meilleurs geuziers ont conservé cette pratique millénaire, ainsi que quelques autres, très rares, brasseurs de talent. Certes, aujourd’hui, la barrique et la bière sont très à la mode chez les « beer-geeks » de la planète. Aux USA, bon nombre de cafés à bière présentent des caves à barriques où l’on laisse mûrir des bières.

Malheureusement, tout n’est pas rose au pays des tonneaux. Le bois est un nid à bactéries, et la majorité des bières n’aime pas les bactéries. Et donc, ces bières virent, elles se « piquent », tournent au vinaigre, développent des « faux goûts », bref, ce n’est pas évident du tout. Bon, d’accord, ce n’est pas un drame pour beaucoup de consommateurs locaux qui recherchent plus la performance que le plaisir, un peu à la manière de ce qui se passe dans certains courants vinicoles où les défauts font partie du paysage au point d’être des poncifs du genre.

Bref, le bois, c’est compliqué, à tel point qu’un habitué du travail avec les barriques tel Hughes Dubuisson, a perdu une partie de sa production de cette nouvelle cuvée. L’idée étant pour l’homme de travailler une bière dans des barriques venant de Bourgogne, ayant contenu des vins blancs, des Meursault Charmes tant qu’a faire.

Cette cuvée s’inscrit dans une lignée qui se développe autour de la gastronomie, une bière de restaurant. Elle est ronde en bouche, vanillée, subtilement boisée, avec une note fruitée mais sans sucrosité, c’est parfaitement équilibré, long, riche, mais pas lourd, c’est puissant mais pas fatigant. Bref, c’est magnifique. Pour un peu moins de 17 euros, c’est le moment de foncer, il n’y a que 2700 bouteilles disponibles.

Plus d’infos ? www.dubuisson.com

 

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