Electrabel accusé d’organiser la pénurie

Ecolo accuse Electrabel d’organiser la pénurie d’électricité en fermant ses centrales thermiques. La société et la ministre de l’Energie s’indignent.

Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 3 min

Hier, Ecolo avait planifié une sortie médiatique sur la thématique énergétique. Portée par le tandem Jean-Marc Nollet et Kristof Calvo, cette sortie se résume en deux points : cogner sur Electrabel et proposer une alternative.

Le titre du point presse en dit long : « Electrabel organise la pénurie. » Les Verts accusent l’énergéticien de vouloir déconnecter près de 1.500 MW de centrales thermiques du réseau électrique en 2015, ce qui va accentuer le risque de pénurie en électricité… et ce qui leur permet d’imposer la prolongation décennale des deux réacteurs de Doel 1 et 2. Mais Electrabel pousse le vice plus loin (toujours selon Ecolo) : l’énergéticien sait que les centrales qu’il va fermer vont rentrer, moyennant rémunération, dans la réserve stratégique qui permet de réduire le risque de pénurie. La ministre de l’Energie Marie-Christine Marghem a en effet annoncé qu’elle recherchait 2.750 MW de capacités de production pour garnir la réserve stratégique de l’hiver prochain. Bref : Electrabel serait gagnant sur toute la ligne d’après les Verts.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. « De telles affirmations démontrent une grande méconnaissance de la réalité du secteur de l’énergie tant en Belgique qu’en Europe », a commenté Electrabel. « Ce n’est pas Electrabel qui organise la pénurie. La situation actuelle est la conséquence d’une absence de politique énergétique depuis plus de 10 ans », a pour sa part commenté la ministre Marghem (dont le parti est au pouvoir au Fédéral depuis 15 ans).

Faute de rentabilité

Nuançons. La fermeture de centrales thermiques au gaz est une problématique qui concerne toute l’Europe. Depuis l’essor du renouvelable, prioritaire sur le réseau et dont le coût de production est nul (c’est l’installation qui coûte cher), les centrales thermiques tournent nettement moins et ferment les unes après les autres, faute de rentabilité.

Les centrales d’E.On à Vilvorde et d’EDF Luminus à Seraing ont déjà fermé boutique l’année passée, et constituent l’actuelle réserve stratégique. Elles peuvent donc être appelées à tout moment en hiver, à la demande de l’Etat, en échange d’une rémunération fixe. Et les nombreuses centrales thermiques qui fermeront en 2015 (elles l’ont annoncé 15 mois à l’avance, comme imposé par la loi) devraient entrer dans cette même réserve d’ici quelques mois.

Une question s’impose : peut-on reprocher à une entreprise privée d’agir dans son propre intérêt avant de penser à l’intérêt public ? De privilégier une réserve avec rémunération fixe plutôt qu’une situation non rentable ? « Oui », à en croire Ecolo. « Non », d’après les autres.

De manière plus constructive, Ecolo propose de confier une nouvelle mission au régulateur (Creg) : s’assurer de la non-rentabilité des centrales dont la fermeture est annoncée. Au cabinet Marghem, on répond que ce principe est « contre le mécanisme de libre marché ». Electrabel avance, lui, que « personne ne prend la décision de fermer une centrale performante de gaieté de cœur ». Rappelons encore que la Creg est déjà chargée de vérifier que la rémunération versée aux centrales de la réserve stratégique est raisonnable.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet La UneLe fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une