Jean-Claude Juncker: «La demande grecque ouvre la voie à un compromis raisonnable»

Le gouvernement grec a proposé à Bruxelles une prolongation de six mois de « l’accord de prêt » européen qui n’inclut pas la prorogation du « mémorandum » en cours, synonyme d’austérité, mais s’engage durant cette période à « l’équilibre budgétaire », a indiqué jeudi une source gouvernementale. Selon la Commission européenne, cette demande « ouvre la voie à un compromis raisonnable ».

Un signal « positif »

La lettre du gouvernement grec demandant à la zone euro une extension de l’accord d’assistance financière est un signal «  positif », estime le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

«  M. Juncker a eu des contacts nombreux toute cette nuit et il a vu des signaux positifs ce matin dans la lettre, qui ouvre la voie à un compromis raisonnable dans l’intérêt de la stabilité », a indiqué lors d’un point de presse Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission, citant M. Juncker.

Convenir à la Grèce… et à la direction de l’Eurogroupe

Le gouvernement d’Alexis Tsipras, « en ligne avec ses promesses, n’a pas demandé la prolongation du mémorandum », ce programme d’aide en vigueur depuis 2010, mais une extension de « l’accord de prêt » européen via un «  accord-relais de six mois durant lesquels il s’engage à l’équilibre budgétaire », a précisé une source gouvernementale.

Les dernières déclarations de l’exécutif grec allaient dans le même sens. La proposition ne devait pas inclure la dernière série de mesures d’austérité du « mémorandum » (programme d’aide) en cours d’achèvement qu’Athènes refuse de mettre en œuvre, comme une hausse de la TVA ou un assouplissement du droit du travail.

Mais elle devait être écrite «  de telle manière qu’elle conviendra à la partie grecque et à la direction de l’Eurogroupe », selon les propos mercredi soir du ministre des Finances Yanis Varoufakis.

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Réunion vendredi

La zone euro, via le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, a confirmé avoir reçu la lettre demandant « une extension de six mois », c’est-à-dire jusqu’à fin août.

Une réunion des ministres des Finances de la zone euro se tiendra vendredi après-midi à Bruxelles pour prendre une décision sur la demande d’extension du prêt de la Grèce.

« C’est confirmé. La réunion aura lieu à l’heure habituelle », soit 15 heures, a indiqué une porte-parole du Conseil européen.

Bruxelles avait donné au gouvernement d’Alexis Tsipras jusqu’à vendredi pour solliciter la poursuite du programme d’aide arrivant à échéance le 28 février, et Berlin a réaffirmé que cette prolongation était indissociable de la mise en œuvre des réformes prévues par le plan en cours depuis 2010.

Or la Grèce continue de différencier la prorogation de l’accord de prêts européens de celle des mesures de rigueur qui l’accompagnent, que le gouvernement Tsipras souhaite remettre en cause.

Une réunion de hauts fonctionnaires de la zone euro, un Euro Working Group, se tient ce jeudi pour examiner la demande grecque.

La bourse Athènes poursuivait jeudi, comme mercredi, son évolution à la hausse.