Impossibilité pour les chômeurs de soigner un proche: «Injuste et inacceptable» pour le CDH

« L es économies budgétaires proposées par le ministre de l’Emploi Kris Peeters sont discriminatoires, socialement inacceptables et irrecevables pour les familles », réagit jeudi la Ligue des familles par rapport à l’abandon de «  l’exemption de recherche d’emploi pour raisons sociales et familiales ». Cette possibilité de se déclarer temporairement indisponible pour le marché de l’emploi tout en conservant des allocations (limitées durant cette période) a été supprimée le 1er janvier dernier.

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Une mesure « discriminatoire » pour la Ligue des familles

La mesure est «  discriminatoire », balaie jeudi la Ligue des familles, qui estime que travailleurs et chômeurs se retrouvent désormais en déséquilibre face à l’accident ou la maladie d’un proche : «  Aujourd’hui, les parents travailleurs dans cette situation peuvent prendre un crédit-temps, un congé spécifique ou opter pour une interruption de carrière. Alors, ils ont droit à des indemnités et ne sont pas pénalisés pour leur pension. Depuis le 1er janvier 2015, les demandeurs d’emploi ne bénéficient plus de ces droits. (…) (Ils) n’ont plus la possibilité d’assurer la prise en charge d’une personne dépendante, ou de chercher un emploi, c’est selon ».

«  De nouveau, ce sont les personnes les plus fragiles, les familles et les femmes en premier, qui sont ciblées par les politiques d’activation. (…)Il est ici question de responsabilité et de solidarité familiale. C’est à soutenir et non pas à pénaliser », conclut la Ligue, qui déplore par ailleurs l’absence «  d’un réel débat public » préalable.

Ecolo : les familles précarisées les plus pénalisées

Le parti estime que cette mesure touche durement « les femmes seules car ce sont surtout elles qui prennent en charge les enfants malades ». Pour Muriel Gerkens, députée fédérale : « Nous dénonçons cette dérive parce qu’elle pénalise les familles les plus précarisées. Un parent sans crèche, sans famille, sans réseau social ne pourra plus rester au chevet d’un enfant ou d’un membre de la famille malade sans prendre le risque de perdre les allocations de chômage. »

Les écologistes annoncent qu’ils déposeront bientôt une proposition de loi « visant à préserver les droits sociaux des aidants proches qui prennent soin d’un parent en situation de dépendance. Ainsi, la personne maintient ses droits à la pension et autres droits sociaux comme si elle travaillait. Si elle est au chômage, l’aidant proche ne devra plus être obligé d’être disponible sur le marché de l’emploi pendant la durée de ce statut. »

CDH : « Injuste, mais non au prétexte bidon »

Au CDH, on invite le ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) à revoir sa copie, tout en continuant de lutter contre les abus.

«  Autant il n’est pas acceptable que des prétextes bidons soient utilisés pour obtenir une dispense de disponibilité permettant donc d’échapper à l’obligation de la recherche d’emploi, autant ne pas prendre en considération l’investissement auprès d’un proche gravement malade ou lourdement handicapé serait injuste et inacceptable », affirme la députée Catherine Fonck.

« Par ailleurs, cela ne mènerait pas l’État à réaliser des économies, car ces personnes en grande dépendance devraient alors être prises en charge par d’autres structures (à domicile ou en institution) », relève-t-elle.