Doit-on accepter le burkini à la piscine?

Les maillots couvrants sont autorisés dans certaines piscines mais leur usage est marginal.

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Après les aliments halal et casher dans les cantines scolaires, ce sont les maillots de bain couvrants qui font parler d’eux. Et plus particulièrement les burkinis (contraction de burqa et bikini) qui sont autorisés depuis quelque temps dans les Center Parcs et Sunparks de Belgique. C’est ce que dévoilaient mardi les journaux du groupe Sudpresse.

Le porte-parole du village de vacances Sunparks de Vielsalm explique que ces combinaisons intégrales en élasthane sont autorisées depuis quelques mois afin de permettre aux femmes de confession musulmane de pouvoir nager tout en respectant les préceptes de leur religion. Il ajoute que la décision a été prise pour des raisons d’hygiène parce que certaines clientes se baignaient en pantalon ou en jeans.

« Pas tout nu non plus »

Dans la plupart des autres piscines du royaume, c’est toujours le maillot de bain classique qui est de rigueur… Du moins durant les heures d’ouverture au public. Car à Schaerbeek, par exemple, la piscine communale réserve une tranche horaire spécifique le dimanche à des associations de femmes qui désirent se baigner tranquillement loin des regards de la gent masculine.

Dans les écoles à forte concentration d’élèves de confession musulmane, les cours de natation posent régulièrement des problèmes dus à la mixité garçons/filles. Les certificats médicaux évitant aux filles de devoir suivre les cours de natation pour toutes sortes de raisons (allergie au chlore, verrues, etc.) y sont d’ailleurs légion.

Ces particularismes signifient-ils la fin du vivre-ensemble ? Chaque communauté aura-t-elle droit à son créneau horaire pour nager sans être « dérangée » par une tenue qui n’est pas conforme aux préceptes de sa religion ? Les gros seront-ils séparés des minces ? Les roux des blonds ? Les grands des petits ? Jusqu’où ne pas aller trop loin, telle est la question.

Pour Edouard Delruelle, professeur de philosophie politique à l’Université de Liège (ULg), tant qu’il n’y a pas d’infraction à la loi ou un problème lié à l’hygiène, par exemple, il n’y a pas de raison de s’offusquer.

« Les gens viennent à la piscine avec le maillot qu’ils veulent. Le but n’est pas non plus de venir le plus dénudé possible. Ce n’est pas un prescrit. Enfin, peut-être culturellement, et ça peut aussi devenir intéressant à analyser. Mais a priori, s’il n’y a aucun problème réglementaire, d’hygiène ou de confrontation avec les normes en vigueur, les lois, alors je ne vois pas le problème », explique le professeur de philosophie.

Et Edouard Delruelle de préciser : « Je suis favorable à l’interdiction des signes religieux à l’école et dans la fonction publique. Dans le reste de la vie sociale, c’est la liberté individuelle qui doit prévaloir, à condition qu’il n’y ait pas de discrimination au sens de la loi. »

 

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