Umicore Angleur à vendre

L’inquiétude est palpable au sein de l’usine Umicore à Angleur où travaillent quelque 120 travailleurs. La direction du groupe leur a annoncé fin janvier que la division à laquelle leur usine appartient – le zinc à usage chimique – n’était plus stratégique et qu’elle allait être vendue. Cette société du Bel 20 veut se recentrer sur ses activités à haute technologie et à plus haut rendement telles que les matériaux pour pots catalytiques, pour batteries rechargeables et le recyclage des métaux précieux. La vente du zinc doit lui permettre de libérer des moyens financiers pour renforcer ces différentes activités.

Une usine qui tourne bien

Les trois usines belges de la division « zinc chimique » (Angleur, Overpelt, Heusden-Zolder) vont être logées dans une entité juridique indépendante afin de faciliter la vente qui doit avoir lieu au plus tard pour fin 2016. L’usine d’Angleur est le siège central de la division. Elle produit des poussières de zinc qui entrent dans la composition de peintures anti-corrosives ou qui servent comme réactif chimique dans le processus d’électrolyse du zinc primaire.

« En l’absence de certitudes sur l’identité du futur repreneur, les travailleurs imaginent tous les scénarios, essentiellement les pires, explique Alain Briquet, délégué FGTB. Ils craignent que l’usine soit rachetée par un groupe financier qui n’aura pour seul objectif que le rendement et qui va presser le citron un maximum. Ils craignent aussi qu’un concurrent actuel d’Umicore ne rachète l’usine uniquement pour la fermer et diminuer l’offre sur le marché afin de faire grimper les prix ».

Chez Umicore, on n’exclut aucun type de repreneur mais on affirme n’avoir aucune piste sérieuse. « Pour l’instant, nous sommes dans un processus d’information et de dialogue avec les partenaires sociaux, explique Tim Weekes, porte-parole. Une fois que cela sera terminé – en avril –, on se focalisera sur la création de l’entité juridique et la recherche d’un repreneur ».

Point positif, Umicore Angleur n’est pas une usine en difficulté. « Sur 25 ans de carrière, j’ai peut-être connu un mois de chômage technique, témoigne Alain Briquet. C’est une affaire qui tourne. Umicore ne donne aucun chiffre financier par unité d’exploitation mais il est certain que si ce site avait été déficitaire, cela fait longtemps qu’il aurait été restructuré ou fermé ».

Il sait que la période d’incertitude qui s’installe peut être longue. Dans les années 2000, Umicore s’est séparé – pour les mêmes raisons invoquées aujourd’hui – de son activité cuivre (devenu Aurubis), puis de l’activité zinc primaire (devenu Nyrstar). « A chaque fois, le processus a duré au total deux ans ».

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