Le resto de la semaine: Osteria Bolognese

Démarche séduisante, d’ailleurs l’endroit joue souvent à guichets fermés. Des gens et des étudiants du quartier, mais aussi des gourmands venus de plus loin, ce petit secret se refilant entre amateurs de bonne chère. Giacomo a ouvert l’Osteria Bolognese il y a deux ans avec son frère. Ils voulaient faire connaître la cuisine de leur ville d’origine, berceau du savoir occidental et d’une gastronomie italienne paysanne et opulente.

Si vous aimez les vrais plaisirs du ventre, c’est là que vous devez vous perdre, bien plus qu’à Venise, Florence ou Rome. J’ai eu la chance d’y vivre un hiver il y a plus de vingt ans, et j’y ai compris ce que festoyer veut dire ! Dans la capitale d’Émilie Romagne, étudiants, militants de toutes les causes, intellectuels et aristocrates discutent, s’engueulent sur tout et sur rien dans des trattorie pleines d’âme, mais lorsque le chef pose l’assiette sur la table, c’est silence !

Tout le monde goûte et s’accorde à dire que c’est là que la pasta fresca est la meilleure d’Italie. C’est cet esprit que célèbre l’Osteria Bolognese, avec l’accent et les gestes. Le repas y est simple mais joyeux, divisé entre antipasti, primi piatti, secondi et dolce. On vous prévient à la commande qu’il est impossible de faire la totale, car la générosité tient chez eux de fil rouge à l’aventure gourmande. Côté primi (15 €), j’hésitais ce soir-là entre les tagliatelle al ragù bolognese et les gnocchi de patate blu con gorgonzola e noci, puis le chef a choisi pour moi des tortellini buro e salvia. Comme je n’ai pas regretté la rusticité de la préparation, je l’ai laissé faire pour le secondi (15 €), une cotoletta aussi large qu’un poignet.

La carte des vins. Un bémol tout de même : la plupart des vins della casa annonçant ce soir-là des cépages pas très locaux, je me suis fait plaisir avec un Barolo correct, mais à 90 € tout de même, en décalage avec l’esprit du lieu. La carte changeant tout le temps, j’espère y trouver lors d’une prochaine visite ces vignerons têtus dont le travail de la terre s’accorde à une ville qui sait ce que le mot “ résistance ” veut dire. Je pense aux vins de l’Azienda Quarticello, ou à ceux de l’Azienda Agricola Elena ou de Silvio Messina dont le domaine logé dans les collines qui dominent La Dotta a tant pour nous réjouir.

Osteria Bolognese, 49 rue de la Paix, 1050 Bruxelles, T. 02 608 51 54, www.osteriabolognese.be Ouvert de 12 h à 14 h 30 et de 19 h à 22 h 30. Pas de réservations le mercredi soir.

Sur le même sujet
Gastronomie