Le bois massif, ce «nouveau produit»

Les constructions en bois massif ? Oui, ce sont les chalets et autres cabanes en rondins. Mais pas seulement… Depuis quelques années, ce sont aussi des maisons contemporaines, modernes ou traditionnelles, préfabriquées et montées sur chantier en deux temps, trois mouvements. Si l’utilisation du bois massif a eu tendance à disparaître au siècle dernier au profit d’autres procédés tels que la brique ou le béton, le matériau revient en force grâce au CLT (Cross Laminated Timber), le bois lamellé contre-croisé. « Il s’agit de panneaux de bois assemblés en couches croisées, qui offrent les avantages du bois – écologique, durable et parfaitement isolant – mais sont aussi parfaitement étanches à l’air », indique Julien Raway, directeur général de Dwelling, une jeune entreprise née il y a un an. Avec son associé, Philippe Dubon, il a été séduit par cette technique pour sa rapidité d’exécution, son habilité à permettre une architecture complexe, sa facilité à atteindre les standards passifs et zéro énergie, son faible impact environnemental mais aussi sa bonne résistance au feu et ses capacités anti-sismiques. Atout supplémentaire : la technique répond déjà aux futures normes en matière d’émission de CO2.

Si Dwelling est l’une des premières sociétés en Belgique à avoir fait de cette technique sa spécialité, le marché a tendance à se développer. « Et c’est une bonne chose !, s’exclame Julien Raway. La concurrence apporte de la crédibilité au produit. » Et ce, d’autant que les pays voisins l’ont adopté depuis une vingtaine d’années… « Le CLT est sur le marché depuis longtemps, mais il ne s’est développé que lorsque les Autrichiens s’y sont intéressés, précise Julien Raway. Des scieries se sont associées à des chercheurs, avec le soutien des pouvoirs publics, afin de donner ses lettres de noblesse à ce produit et ont obtenu des agréments techniques, les plus poussés encore aujourd’hui. »

Dwelling importe donc ses panneaux de bois massif depuis l’Autriche. « Un jour ou l’autre, on espère pouvoir travailler avec un produit belge, ce qui réduirait nos délais de livraison, et donc nos prix, et qui serait plus cohérent avec l’aspect bio du CLT. C’est possible puisque le produit est fabriqué à partir d’épicéa, une variété présente en abondance dans les Ardennes. Mais pour développer cette filière, il faut que les pouvoirs publics s’y intéressent… »

Chaque année, le CLT grignote des parts de marché à la construction traditionnelle mais aussi aux autres techniques de construction en bois.

Reste à voir s’il convaincra les candidats-bâtisseurs dans la durée.