Charleroi vue par les médias étrangers

Revue de presse.

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Charleroi, 204.670 habitants, plus grande ville de Wallonie, capitale de la BD… et pas une seule mention de la commune dans les itinéraires conseillés des guides touristiques. Serait-ce sa réputation de pire ville du monde après Bagdad qui incite le Routard ou le Petit Futé à discrètement passer sous silence son existence ?

D’un côté Charlouse, Chicagosselies, barakis et Carapils, de l’autre, Mons, capitale européenne de la culture, Bruges, la Venise du nord, Anvers, symbole du diamant… Les superlatifs ne manquent pas dès qu’il s’agit de mettre en valeur les spécificités des villes belges. Au milieu de ces dithyrambes, Charleroi fait pourtant figure de vilain petit canard.

Un sondage néerlandais a attribué à la cité minière le prix de « ville la plus moche du monde ». Un terme peu flatteur repris comme argument de vente par Charleroi Adventure, qui propose des visites guidées dans les « rues les plus déprimantes de Belgique ».

La presse étrangère n’est pas tendre

À l’étranger aussi on en parle, de Charleroi. Le quotidien français Libération a publié il y a trois ans un très long reportage intitulé « Échappées laides à Charleroi ». Tout le long de son périple, la journaliste dépeint le portrait d’une agglomération qui fait « grise mine », le long d’une Sambre à l’eau « glauque » qui sent « la pisse ». Le Monde n’y va pas non plus avec le dos de la cuillère, dans un article paru en 2012 intitulé « Au-delà de la laideur ». « Lorsqu’ils sont à court de qualificatifs, les guides touristiques disent d’une ville qu’elle est intéressante. Lorsqu’ils sont méchants, ils affirment qu’elle est laide. Charleroi, la plus grande agglomération de Wallonie, est intéressante, très intéressante. Et laide, très laide. »

Même son de cloche Outre-Manche, du côté des Anglais. The Telegraphdéfinit le « pays noir » comme la terre de Marc Dutroux, Muriel Degauque, première femme blanche kamikaze, de la maison des horreurs… The Guardian résume l’affaire, laconique : « La véritable histoire de Charleroi est sombre, le cœur de la ville a été déchiré par des décennies de déclin industriel. »

Le journaliste du New Yorkersemble avoir passé un bien mauvais quart d’heure dans la cité wallonne. Selon le magazine américain, Charleroi est une ville « délabrée, noire de suie, où les magasins sont barricadés et ont laissé place à des kebabs de seconde zone, sur des trottoirs plein de verre brisé, une ville peuplée de gangsters d’Europe de l’Est et de prostituées entre-deux-âges, piquées à l’héroïne ». Il raconte avoir rôdé autour de la périphérie industrielle, où les rues sales voient s’aligner des petites maisons de pierres noircies. Tout un programme.

Le journal hollandais Refdag tempère et confère à Charleroi un « côté poétique ». « Les terrils sont couverts de plantes luxuriantes et des bateaux de pêche et de plaisance naviguent le long de la Sambre entre les usines rouillées. Le grand hangar du géant de l’acier Cockerill abrite désormais un label de musique, le Rockerill. » Avec des usines reconvertis en loft, la ville a le potentiel pour devenir « une colonie d’artistes d’avant-garde ».

Si ce portrait de Charleroi paraît aussi sombre que ses montagnes de charbon, de belles perspectives d’avenir sont en chantier. Prochaine étape : le projet Rive gauche, qui prévoit la construction d’un pôle commercial d’ici fin 2016 et ambitionne de dynamiser le centre-ville.

 

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