Luc Coene: «Les politiciens manquent de courage»

Le gouverneur de la Banque nationale, qui quittera son poste le 10 mars, somme les politiques de s’attaquer avec courage aux vrais défis : le vieillissement, la compétitivité et l’emploi.

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Luc Coene ne sera plus gouverneur de la Banque nationale dès ce 10 mars. Il quitte le pouvoir belge, mais pas son emprise sur l’économie européenne, qu’il va influencer dorénavant depuis Francfort. Il part sans rien changer à ce qu’il a été, et que certains lui ont souvent reproché : libéral, sévère, quasi austère, secret. Les socialistes et les syndicats ont aussi beaucoup dit, encore tout récemment, qu’il outrepassait les fonctions stricto sensu qu’il occupait, que ce soit comme chef de cabinet du Premier Verhofstadt ou comme gouverneur. A cela, il nous répond « sens du devoir », « équité intergénérationnelle », « courage ». Car cet homme-là n’agit pas en espérant faire plaisir ou être populaire. Pas le genre de la maison Coene : son truc à lui, c’est « prendre ses responsabilités ».

Dès son entrée au service d’études de la Banque nationale, comme jeune économiste, il se fait d’emblée un ennemi du tout-puissant chef du service d’études, Roland Beauvois. Ironie de la vie, celui-ci est décédé il y a quelques jours, après avoir assisté au « couronnement » comme gouverneur de celui qu’il a poussé à l’exil au FMI à Washington. Luc Coene nous accorde sa dernière interview. Elle lui ressemble : il y est sobre, sans langue de bois et délivre les derniers messages depuis le boulevard du berlaymont ? Aux Grecs, il demande « ce qu’ils viennent encore faire » dans cette UEM dont ils disent tant de mal. Quant aux Belges, il les presse : faites ce p… de grand tax shift, et faites le maintenant !

La passation

Vous avez encore du travail ?

Il y a encore beaucoup de réunions jusqu’au dernier jour. L’agenda est assez plein.

Quelle est la dernière chose que fait un gouverneur ?

Une rencontre avec son successeur. Je vais passer les messages que j’estime devoir lui dire en tant que gouverneur. A lui de décider ce qu’il en fait.

Vous allez lui dire de faire surtout attention à quoi ?

Je ne vais pas vous le raconter. Mais je vais lui dire à lui (il rit).

Le changement ne va pas être trop brusque ?

Oui, mais durant quelques jours seulement. Le 17 mars, j’aurai ma première réunion à Francfort du Supervisory board. Les jours « entre deux » me serviront à mettre de l’ordre, à envoyer ce qui doit aller aux archives, à nettoyer mon passé (il rit).

Votre agenda est vide ?

Pas encore, mais c’est bien qu’il se vide un peu car j’aimerais avoir plus de temps pour les loisirs.

Hasard un peu ironique : Roland Beauvois, le directeur mythique et socialiste du service d’études de la BNB, est décédé un peu avant votre retraite. C’est lui qui a donné une impulsion à votre carrière, en tentant de la contrecarrer ?

Je ne crois pas. La seule chose, c’est que ça m’a peut-être aidé à décider plus vite de quitter les études pour aller au département international. C’est tout. En dehors de ça, ce n’est pas déterminant. Sauf qu’en passant au département international ça m’a permis d’aller au FMI à Washington et tout ce qui s’en suit.

Qu’est-ce qui a joué un rôle déterminant ?

Deux passions m’ont toujours animé : la politique et les finances. J’ai fait des humanités gréco-latines très classiques. Passer à l’économie n’était pas évident mais ça m’intéressait parce que la gestion publique m’intéressait. C’est ce qui m’a amené à choisir le collège d’Europe pour une année supplémentaire. Après mon service militaire en 1973, j’avais le choix entre quelques banques privées et la Banque nationale. C’est exactement le même élément, participer à la gestion publique, qui m’a amené à choisir la BNB. Le reste, c’est une succession de hasards, d’opportunités et de personnes qui vous donnent le petit coup dans le dos au bon moment. Le premier jour, quand je suis entré à la Banque nationale, je n’ai pas du tout pensé à l’idée que je terminerais ma carrière comme gouverneur. C’était loin.

Gouverneur, c’était ce que vous imaginiez ?

L’idée n’a vraiment pris racine qu’en 2003. Avant ce n’était pas directement quelque chose que j’avais en vue.

C’est plus difficile d’être chef de cabinet ?

Chef de cabinet, c’est difficile, encore plus lorsqu’on est celui du Premier ministre, notamment en raison des arbitrages politiques permanents.

C’est plus gai ?

Oh ! C’est plus stimulant car cela demande plus de créativité, d’ingéniosité.

Vous avez l’image d’un homme extrêmement puissant avec un carnet d’adresses mondial, un homme qui fait peur ou qui impressionne…

J’ai joué mon rôle et fait ce que j’ai cru devoir faire dans les différentes fonctions que j’ai pu occuper. Le reste, c’est l’histoire. Je n’ai jamais rien fait pour le pouvoir en lui-même, mais parce que j’estimais pouvoir réaliser des choses et si possible améliorer la société dans laquelle on vit et surtout le monde dans lequel nos enfants et petits-enfants vont grandir.

Après tout ce parcours, pensez-vous que les hommes politiques sauvent juste les meubles, mais ne changent pas le cours des choses ?

Ils peuvent absolument changer les choses ! Dans pas mal de pays, c’est finalement la politique qui décide si les choses changent. Je ne sous-estime pas du tout le rôle de la politique, il est extrêmement crucial. Mais il ne faut pas sous-estimer la difficulté de la politique. Je crois qu’aujourd’hui, et encore plus avec la médiatisation et internet, c’est beaucoup plus difficile pour la politique de regarder le long terme. Ils sont constamment sous des pressions immédiates de satisfaction qui rendent les choses très difficiles. Eux-mêmes ont tous un horizon relativement limité de 4 ans, c’est-à-dire les prochaines élections. Il ne faut pas s’étonner qu’ils y donnent priorité et que le long terme devienne beaucoup plus difficile. De ce côté-là, je comprends particulièrement la difficulté. Je l’ai vécue de très près pour pouvoir l’apprécier pleinement. Ce n’est pas du tout facile. Ca aide le politique d’avoir des gens qui ne sont pas directement liés et qui ont un horizon plus lointain.

C’était votre rôle…

C’est ce que j’ai essayé de jouer comme rôle. Ça ne m’a pas toujours réussi, mais on est tous humains et vulnérables.

Quand avez-vous fait bouger les choses ? Pendant la crise financière ? C’est la période la plus importante pour vous ?

Oui, la plus importante et la plus difficile de ma carrière. C’était une période très noire. Il a fallu prendre des décisions pour certaines banques à problème. Mais pour moi, c’était aussi une période très intense et très instructive. Nous étions dans des « uncharted waters » selon l’expression poétique anglaise, dans des eaux inconnues. Il n’y a pas de manuel qui dit ce qu’il faut faire et à quel moment. Il fallait se baser sur notre analyse de la situation et savoir ce qui était réaliste ou non. Je n’étais pas tout seul. Sur toute la période, je peux remercier Peter Praet ainsi que les membres du comité de pilotage avec qui nous avons pu former une vraie équipe. Nous avons énormément discuté sur les différents cas et ce qu’il était possible de faire. C’était très intense et difficile, car la politique était un peu au balcon, en train de nous regarder et nous a beaucoup laissés faire. Si nous nous étions trompés, on nous aurait coupé la tête sans aucun pardon. Mais nous avons fait ce que nous devions faire. Et jusqu’à présent, je n’ai aucun regret.

La bulle, les banques

Certains disent que la nouvelle bulle pourrait venir de la politique menée par la Banque centrale européenne ?

Je ne crois pas, le plus grand problème que je vois c’est que cette politique des taux d’intérêt très bas pendant de très longues années va fondamentalement changer la manière de fonctionner de toute l’intermédiation financière. Je me pose parfois la question dans quelle mesure les banques sont pleinement conscientes de ça. La marge d’intermédiation pour une banque qui emprunte à court terme et prête à long terme est déjà fortement réduite. En plus avec un niveau d’intérêt extrêmement bas, ça met une pression terrible sur les marges bénéficiaires des banques. Plus cette période continue, ça va probablement créer des difficultés pour trouver le modèle d’affaires qui correspond à ce genre d’environnement. Mais nous allons analyser de près si des bulles se développent. Nous disposons par ailleurs aujourd’hui d’instruments macroprudentiels qui pourraient éventuellement être activés.

Il existe, ce modèle d’affaires ?

Il faudra le chercher. Il est clair qu’il ne peut pas fonctionner avec des transformations de maturités longues comme on a connu dans le passé. Ce sera probablement des transformations plus courtes. Naturellement, cela crée des conséquences pour les investissements qui ne peuvent plus se faire à des horizons à très long terme. Cela va avoir toute une chaîne de conséquences dont on ne connaît pas encore très bien l’impact global.

Vous avez dit qu’il y avait une grande banque de trop. Que vouliez-vous dire ? Qu’il faut une fusion entre deux grandes banques ?

Primo, avant la crise nous avions des grosses banques, dont une grande partie de l’activité était hors Belgique. En Belgique, on avait une concurrence classique avec des activités et des marges normales. Pendant la crise, nous avons vu les grandes banques arrêter leurs activités à l’étranger et tout s’est super-concentré en Belgique. Cela a augmenté la concurrence dans un seul marché. Deuzio, les taux d’intérêt ont baissé et donc les marges des banques se sont réduites. Tertio, l’octroi de crédits via les banques n’est plus au même niveau. Il y a une grande désintermédiation, avec une grande part de l’activité qui ne passe plus par les banques mais nous avons gardé les institutions d’avant la crise. La conclusion est relativement simple : il faut un ajustement sérieux. La Suisse, le Danemark ou les Pays-Bas ont encore 2 ou 3 grosses banques, pas beaucoup plus. Et nous sommes encore avec 4 grosses banques dans un marché qui connaît une concurrence intense. Il faut que le marché se corrige et se consolide. Je n’ai rien dit de plus. Je n’ai montré du doigt aucun candidat potentiel. Ce sont les actionnaires des banques qui doivent décider de leur stratégie. Mais pour moi, il est évident que les banques doivent aussi avoir une taille minimum. Il y a deux éléments qui expliquent ça. D’abord, la réglementation a fortement augmenté et impacté les coûts et vous devez avoir un minimum de rentabilité pour pouvoir les supporter. Deuxième argument : la banque demande beaucoup de programmes informatiques qui coûtent cher. Ces deux éléments font que pour une petite banque qui n’agit pas dans une niche spécifique, la situation ne sera plus viable. On peut avoir des banques dans des petites niches mais cela doit être limité, sinon ce ne sera pas tenable. Mais on doit être conscient que cette consolidation en soi ne réduira pas le risque systémique.

NewB c’est une banque de niche ou idéologique superflue ?

Franchement, ça ne me concerne pas. La seule chose que je veux voir, c’est un business plan crédible et réaliste. Tant que je ne l’ai pas vu, il est difficile pour moi de m’exprimer. Jusque maintenant, nous n’avons toujours rien vu. Je n’ai pas d’a priori pour ou contre une banque. Plus de concurrence, c’est toujours bon pour certaines choses, mais à un certain moment cela devient destructeur. S’ils ont un bon plan d’affaires qui fonctionne très bien, pourquoi pas. Cela va faire disparaître d’autres banques qui sont moins performantes et je ne vois pas le problème. Mais quand même, il y a un problème plus fondamental pour des banques coopératives. La crise l’a démontré. Il y a une sorte de confusion entre l’actionnaire et le client. Dans une banque coopérative, la ligne de démarcation entre les deux est loin d’être claire. Il y a des mauvaises attentes qui se créent où on croit être client alors qu’on est actionnaire. Etre actionnaire, cela veut dire que son investissement risque d’être perdu quand des pertes se réalisent. C’est quelque chose où il existe un flou artistique.

Surtout quand la politique y est mêlée. Quand on voit Ethias et Arco… ?

Absolument. C’est là qu’il y a un réel problème et c’est pour ça que nous avons développé une nouvelle approche qui est encore en discussion avec les parties concernées. Elle impose des exigences un peu plus élevées pour des banques créées sous forme coopérative pour contrecarrer cette confusion et être certain que, quand ça va mal, il y a quand même les tampons nécessaires pour absorber les chocs éventuels.

Peut-on faire de la banque avec des bons sentiments ?

Certainement, je pars toujours de l’hypothèse que toute personne qui commence une affaire le fait avec des bonnes intentions. Je n’imagine jamais que quelqu’un commence une affaire dans l’esprit de nuire et rouler tout le monde à n’importe quel prix.

Les banquiers ont de bonnes intentions ? La crise a convaincu nombre de gens du contraire ?

Ce n’est pas une question d’être bon ou mauvais. Des erreurs ont été commises dans le système bancaire. Ce serait très peu crédible de nier cela. Ce n’est pas qu’un problème belge. C’est un problème mondial certainement des pays occidentaux qui ont développé des activités beaucoup plus risquées qu’ils n’en étaient conscients, couplée à des mécanismes de gouvernance assez faibles. Je trouve aussi que les régulateurs ont une responsabilité. Ils auraient dû voir beaucoup plus vite le risque et intervenir plus tôt. Mais il y avait à cette époque une sorte de sentiment général que l’autorégulation était la meilleure formule. Elle était d’ailleurs propagée par le président de la Réserve fédérale américaine. Il fallait quand même être assez bien placé pour aller à contre-courant. La crise nous a appris que l’autorégulation, c’est beau en théorie, mais ça ne fonctionne pas en pratique. Il faut absolument imposer un minimum de régulation pour que les gens sachent à quoi se tenir. Ces leçons ont été tirées. Nous avons maintenant un système qui est beaucoup plus régulé qu’avant. Les banquiers se plaignent d’ailleurs. Je comprends, mais je crois que pour le moment ce qu’on a fait est absolument nécessaire pour éviter de retomber dans ce genre de situation. La perte de confiance des clients, c’est le grand défi des banquiers. Ca leur coûtera encore plusieurs années avant de la récupérer.

La Grèce

La politique en cours aujourd’hui en Europe, austérité plus que croissance, est très critiquée. D’autant si elle est menée à deux vitesses : laxiste pour la France, sans concession pour la Grèce ?

Franchement, comparer la Grèce avec la France, c’est prendre un virage très court. Il ne faut pas oublier qu’en 2011, la Grèce était dans l’incapacité d’honorer sa dette publique. En plus, elle avait suivi une politique économique qui ne garantissait d’aucune manière une croissance suffisante pour générer les ressources pour rembourser sa dette dans les années à venir. Elle n’avait donc plus d’accès aux marchés financiers. Il fallait changer la politique le plus vite possible pour qu’elle puisse à nouveau y avoir accès. Entre-temps, il fallait que quelqu’un donne ce financement et que les réformes soient appliquées pour s’assurer que l’économie aille dans la bonne direction. Il y a toute une série de contraintes. L’Europe a quand même avancé de l’argent qui a permis d’allonger la période d’ajustement pour la Grèce. Sans cet argent, les Grecs auraient été dans une situation beaucoup plus grave où les contraintes auraient été beaucoup plus immédiates que ce qu’il leur a été permis de faire grâce à une intervention financière non négligeable et pour des montants élevés. On semble oublier l’énorme déficit en termes de concurrence, en termes budgétaires en Grèce avant la crise. Les Grecs avaient perdu pratiquement 25 à 30 % de leur compétitivité sur les dernières années. C’est très simple, il faut la regagner quelque part. Comment allez-vous relancer votre appareil économique sans regain de compétitivité ? Expliquez-moi ! Il n’y a encore personne qui a su me dire comment on allait rendre l’économie grecque compétitive avec des coûts salariaux 25 % plus élevés que les voisins. Mais il faut s’assurer que la Grèce développe des secteurs économiques. Sans cela, ce sera difficile. L’Europe peut aider la Grèce dans cette voix.

D’accord mais comment peut-on relancer la machine en coupant le pouvoir d’achat ?

Comment cela se passe-t-il traditionnellement ? On dévalue la monnaie du pays et on a une réduction immédiate des coûts de 20 à 25 %. Le même appauvrissement se fait, mais il est ressenti d’une autre manière que ce qui se fait dans le cadre d’une union monétaire. En termes de pouvoir d’achat, c’est la même chose pourtant, mais c’est ressenti différemment psychologiquement. C’est une grande différence qui n’est pas politiquement sans importance. Ce que la Grèce a dû faire, d’autres pays ont dû le faire et sans beaucoup de discussion. Regardez l’Espagne, le Portugal et l’Irlande. Il y avait pratiquement les mêmes problèmes, peut-être un peu moins aigus, mais ils ont quand même tous réussi à remonter la pente puisqu’ils ont tous atteint des taux de croissance positifs. Même la Grèce avait un taux de croissance positif au dernier trimestre de l’année passée, ce qui se serait probablement reproduit si on n’avait pas eu tous ces problèmes entre-temps.

Ces problèmes, cela s’appelle des élections ?

Non, le résultat des élections. Les élections en soi ne sont pas le problème. On a fait un tas de promesses dont on savait qu’elles n’étaient pas tenables. Franchement ! On va voir comment tout ça va se résoudre. C’est vrai qu’on a fait preuve d’une certaine naïveté au début de l’Union économique et monétaire. On a cru là aussi que l’autorégulation allait fonctionner et que tous ces pays allaient de leur propre initiative devenir vertueux. La Belgique, l’Autriche, la Finlande ou les Pays-Bas ont d’une manière ou d’une autre gardé un équilibre. En Belgique on a eu besoin de la loi de 1996 pour le faire. Enfin plus ou moins, parce que ça n’a pas pleinement marché. D’autres ont trouvé d’autres modèles. On a du constater que dans la périphérie du sud, il n’y avait pas vraiment de modèle et pas vraiment de conscience qu’il fallait gérer les choses de manière plus disciplinée.

Varoufakis, pour vous, c’est un économiste alternatif brillant ou un dangereux fumiste ?

Je n’ai pas à me prononcer sur ce personnage. Il joue le rôle qu’il estime devoir jouer. Cela me laisse indifférent. Ce qui est important pour moi est de trouver une solution. Les Grecs doivent comprendre. Si on commence à faire des exceptions, moi, je veux bien, mais qui va payer la note ? Ce ne sont pas les Grecs. Les Belges, les Allemands, les Hollandais, les Slovaques ? Il y a quand même une réalité politique.

Vous auriez préféré que les Grecs sortent de l’UEM ?

(il prend le temps de répondre). C’est une bonne question. Je ne suis pas certain d’avoir la bonne réponse.

Ou que vous puissiez la dire ?

… Ce n’est pas évident. Quand j’entends certaines déclarations du gouvernement grec, je me pose vraiment la question : « qu’est-ce qu’ils font encore dans ce mécanisme ? » Si c’est cela, ce qu’ils pensent vraiment, alors je ne vois pas comment cela peut continuer à fonctionner. Et donc ils devront eux-mêmes tirer les conclusions tôt ou tard en la matière.

Leur endettement, très élevé, ne leur laisse aucune chance ?

Le montant comme tel n’a pas grand-chose à voir. On a eu aussi en Belgique une expérience avec un taux d’endettement très élevé de 135 % mais avec des taux d’intérêt beaucoup plus élevés qu’aujourd’hui, ce qui fait une grande différence. C’est la dynamique de croissance de votre économie qui doit pouvoir s’accroître assez pour que votre économie tourne et que les moyens générés permettent petit à petit de rembourser cette dette. Que ce soit en 20 ou 50 ans, who cares ?, ce n’est pas ce qui est le plus important. Ce qui compte, c’est que votre économie fonctionne à nouveau et pour cela, vous avez besoin absolument de réformes structurelles. Et si vous ne voulez pas faire ces réformes, vous devez trouver d’autres stimulants de la croissance ? Et alors vient la question de qui va vouloir payer ? Cela doit bien venir de quelque part, si ce n’est pas des Grecs. Comme je l’ai dit, il faut réfléchir à développer des secteurs d’activité et d’avenir qui permettront à la Grèce de bâtir une croissance durable. Cela ne se fait toutefois pas du jour au lendemain.

Mais comment faire les réformes lorsque la vie des gens au quotidien devient impossible ?

C’est un choix que cette société va devoir faire. Je peux vous assurer que s’ils sortent de l’UEM, cette vie commune sera encore pire. Et c’est eux qui l’auront provoqué.

N’est-ce pas là votre impuissance : votre discours ne passe pas. C’est celui de l’extrême droite (Marine Le Pen), de l’extrême gauche ou des populistes qui touche les gens : le libéralisme qui tue, l’europe qui détruit ?

Oui (agacé) mais bon forcément, le problème c’est qu’on veut ignorer tout le passé et repartir de zéro, comme s’il n’y avait rien eu. Hélas le passé est là et vous le traînez avec vous, que vous l’aimiez ou pas, et quelqu’un doit en assumer la responsabilité. Les autres pays ont fait des efforts pour réduire la charge d’intérêt de tous ces emprunts qui ont été donnés à la Grèce, et par ailleurs il y a encore une marge pour allonger la maturité de ces emprunts. Ce n’est pas cela le souci. Le fond du problème, c’est le fonctionnement de l’économie grecque. Sans réforme structurelle, cela ne marchera pas.

Vous vous rendez compte que c’est difficile à entendre et à vivre par les populations concernées ?

Je veux bien, mais je ne vois pas comment ils peuvent l’éviter. Mais l’Europe devra aussi tirer les leçons. Est-ce que la réduction des dépenses n’a pas été imposée trop vite ? N’aurait-il pas fallu mettre l’accent davantage sur la corruption et le fonctionnement du secteur public ? Comment l’Europe aurait davantage pu soutenir la Grèce, je pense ici en termes de développement de l’économie grecque…

Comment faire des réformes structurelles dans les pays où des populistes ont été élus ?

Et bien il faut les mettre devant la réalité. Et la population comprendra vite qu’elle a été trompée par tous ces populistes.

Mettre le nez dans leurs réalités, cela veut dire ?

Faites-le vous-même ! Tirez votre plan. Faites seulement ce que vous voulez réaliser ! Mais jusqu’à présent, en dépit de toute leur rhétorique, le nouveau gouvernement grec a suivi les règles, n’a pas encore fait de pas pour rendre les choses ingérables. Je pense que cela va se terminer aussi pour eux en faisant des choix qui ne sont pas évidents pour eux.

Mais en Espagne aussi, Podemos monte en puissance ?

Oui, mais le gouvernement espagnol a fait nombre de réformes structurelles, les Portugais aussi, ici aussi. Podemos verra ce qui va se produire en Grèce et ils ont intérêt à en apprendre quelque chose.

Le pari c’est de mettre Syriza à genoux et de prouver aux Podemos de ce monde qu’ils n’ont aucune chance ?

Ce n’est pas un pari, c’est une réalité. C’est quoi l’alternative ? Qui va payer ça ? (il s’énerve) Vous allez expliquer au contribuable belge qu’il va devoir faire 10 milliards d’économie en plus parce que les Grecs n’ont pas envie de faire ce qu’ils doivent faire pour mettre leur économie en ordre ? Vous allez expliquer cela à la population ? Regardez déjà ce qui se passe aux Pays-Bas, en Finlande, en Autriche ? La réalité est là, il faut accepter qu’il y a des erreurs fondamentales qui ont été faites en Grèce et qu’il faut les corriger.

Aujourd’hui ce sont les pauvres qui trinquent, et pas les riches Grecs ?

C’est un tout autre débat : celui de l’organisation politique en Grèce. Je n’ai pas de problèmes que des gouvernements décident d’une autre répartition des charges, ce serait plus équitable et juste. Mais il faut bien prouver que cela va fonctionner. L’Europe n’intervient pas dans ce débat qui est national et doit être réglé à travers des élections. C’est elles qui vont déterminer dans quelle direction on va et puis on verra comment l’économie réagit aux politiques insufflées et quel est le résultat final.

Vous voulez dire que si on taxe les riches, ils vont partir ?

Je ne dis pas cela. Mais il faut quand même voir qui investit dans une économie et prouver que des gens aient encore un certain intérêt à investir.

La Belgique

Trouvez-vous que la Belgique fait ce qu’il faut aujourd’hui pour régler ses problèmes structurels ? Le souci d’équité dans les réformes, porté par le CD&V, les syndicats et l’opposition n’est-il pas un frein ?

L’équité est un concept à plusieurs dimensions. Il y a la dimension contemporaine, et puis l’intergénérationnelle. Pour moi, cette dernière est la plus difficile politiquement, car on doit gérer les conséquences pour les générations futures qui ne peuvent pas se défendre maintenant car elles ne peuvent pas voter ou ne sont pas encore nées, etc. La partie la plus facile, c’est « on partage le gâteau entre nous et s’il ne reste rien pour l’avenir, on s’en fout ». Mais on a quand même tous des enfants et des petits enfants et on pense quand même tous un peu plus loin que notre horizon : « Si on fait cela, crée-t-on un vrai problème à plus long terme et une situation où le bien-être accumulé dans ce pays ne sera pas soutenable à plus long terme ? »

Ce gouvernement gère l’intergénérationnel ?

(il fait des gestes avec ses mains, qui disent « couci couça »)… On essaye de trouver un peu l’équilibre entre les deux. Qu’est-ce qui est essentiel ? Le coût du vieillissement en Belgique sera de 5,8 % d’ici 2040. Si on n’a pas le plus vite possible un équilibre budgétaire, on n’aura jamais les ressources nécessaires pour absorber en partie ce coût. Selon le Conseil Supérieur des Finances, si on parvient à avoir l’équilibre en 2018, la moitié du coût du vieillissement pourrait être absorbée. Mais il reste une autre moitié à réduire et là on joue sur l’allongement de la carrière, sur une sortie plus tardive du marché du travail, une augmentation de l’age de la pension, mais surtout sur une hausse du taux d’emploi et une hausse de la croissance soutenable. Le gouvernement essaye de jouer sur les deux mais dire qu’on a tout résolu, serait un peu optimiste. Mais cela va certainement dans la bonne direction. Et toute tentative qui viserait à dire « il y a le pouvoir d’achat et il ne faut pas trop faire d’efforts, pour le préserver », recule l’équilibre budgétaire et donc pèse sur le financement du vieillissement et nuit au bien-être de nos survivants.

Le gouvernement devrait aller plus loin, être courageux, y aller plus fort ?

On a de nouveau un peu raté l’objectif en 2014. On va voir ce qui va se faire dans le contrôle budgétaire pour 2015 et on va voir si cela peut tenir la route ou non.

Vous qui connaissez tout des personnes, des tabous, vous qui savez tout de la Belgique, si vous étiez Premier ministre, que feriez-vous d’autre ?

C’est très simple, je ne suis pas Premier ministre. (il rit) C’est trop facile.

Non, ce n’est pas facile, ils ont besoin de conseil ?

Ils savent très bien ce qui doit être fait.

Ils sont de nouveau pris dans une mécanique où ils ne savent pas décider, où ils doivent faire des compromis ?

C’est le système belge, il n’y a rien à faire. Vous avez toujours des gouvernements de coalition en Belgique, le système électoral tel qu’il existe donne les problèmes que nous connaissons, ce n’est pas nouveau. Nous avons vécu des situations semblables dans le passé, à la fin des années 70 – début des années 80, lors des deux chocs pétroliers. La Belgique était l’un des seuls pays qui a cru pouvoir passer à travers ces deux chocs sans faire d’ajustement. On a vu comment cela s’est terminé, dans le désastre complet, avec la dévaluation de 82. Le tout précédé par un blocage des partenaires sociaux qui ne voulaient pas arriver à un accord de quelque nature que ce soit. On doit constater que quand notre modèle social coince, ce n’est pas facile de faire des accords. Ou alors des accords se font quand le gouvernement met assez d’argent pour le huiler. Cette fois-ci évidemment, il n’y a plus d’argent…

Vous ne vous sentez pas responsable de cette situation, lors de la coalition violette (libéraux et socialistes), vous étiez chef de cabinet du premier ministre et durant de bonnes années économiques, vous avez laissé filer les dépenses publiques ?

La réponse théorique est oui, en effet. Je n’étais pas satisfait de ce qui est arrivé dans les années 90, mais bon, comme chef de cabinet on a une influence limitée, in fine c’est la politique qui décide. Et la coalition a décidé d’aller dans une certaine direction. Mais je ne me fais pas trop d’illusions, une toute autre coalition, quelle qu’elle soit, n’aurait pas agi différemment. N’en déplaise à tous ceux qui aujourd’hui, ont la bouche pleine de « cela aurait du être fait ». Vu les circonstances de l’époque et les commentaires unanimement positifs de l’OCDE, de l’Europe, du FMI sur le fait que nous tenions le budget à l’équilibre, il n’y avait pas beaucoup de pression politique pour aller plus loin. Et s’il y avait eu un surplus, il serait venu de la Flandre, ce qui aurait complexifié les choses sur un plan communautaire. Personne n’avait prévu qu’on aurait une telle crise financière et qu’une pomme pour la soif aurait pu alors être judicieusement utilisée pour traverser des temps plus lourds. Mais je me souviens très bien que nous avions régulièrement des discussions entre les collaborateurs, au cabinet du Premier, et nous n’étions pas très heureux du niveau de croissance des dépenses. Mais bon… Ce fut une décision politique, de l’arbitrage politique. Ce qui nous a appris que le pouvoir est un concept très relatif. (il rit)

Et donc aujourd’hui, il faut refaire les efforts ?

Oui mais ils seraient un peu plus faciles si nous avions une économie qui fonctionne un peu mieux. C’est notre autre problème : la compétitivité et le faible taux d’emploi empêchent que notre économie atteigne un taux de croissance plus élevé. C’est un autre point qui doit être traité et c’est toute la discussion sur le tax shift.

Ce tax shift, il devrait prendre quelle direction ?

L’ampleur de l’adaptation qui doit se produire dans les coûts sur le travail est d’une telle nature qu’on doit utiliser les trois instruments cumulativement pour faire une vraie différence sur le terrain. Ce n’est pas avec une adaptation de 1 % qu’on va régler le problème. Et penser qu’on peut choisir entre a, b ou c, est à côté de la plaque. Comment combiner les trois pour arriver à des résultats suffisants : c’est la question à se poser et elle est cruciale pour l’an prochain.

L’ampleur du problème est controversée entre syndicats, patrons et vous ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes quand on regarde le coût du travail. Je ne comprends pas que les partenaires sociaux soient toujours focalisés sur la loi de 96 qui a trois grandes faiblesses : 1) elle ne tient pas compte de la productivité 2) elle se base sur des hypothèses de ce qui va se produire à l’étranger, or l’expérience montre qu’on a toujours surestimé cet élément 3) c’est une mesure relative par rapport à 96, qui n’était pas nécessairement une année à l’équilibre. La meilleure mesure est celle de la Commission : le niveau du salaire en euro par heure. Et là, on est en tête de toute l’Europe, avec une différence de 10 à 15 % avec l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. C’est plus grand que la marge bénéficiaire dans nombre de secteurs qui sont intensifs en travail. Ces secteurs intensifs en travail ont un grand handicap et cela touche surtout les moins qualifiés. Que nous ayons le plus haut taux de chômage des moins qualifiés en Belgique, n’est pas un hasard. Tout cela se tient !

Certains disent que la diminution des coûts sur le travail ne résoudra pas le problème de chômage ?

C’est un manque de courage. C’est vrai quand les écarts sont réduits mais quand ils sont de 10 à 15 %, dire encore que cela ne joue aucun rôle ? Je ne comprends plus ! Mais il faut aussi s’attaquer à la formation et l’enseignement, qui sont des éléments clés pour assurer une croissance durable.

Votre parti, l’Open VLD, est contre une action sur la TVA. Ce sont des poules mouillées ?

C’est votre expression. (il éclate de rire) Je vois mal comment vous allez faire un tax shift qui fait la différence, si vous n’allez pas utiliser les trois éléments.

Comment expliquez-vous que des hommes politiques qui ont l’occasion de marquer leur temps, sans élection durant 5 ans, n’arrêtent pas de se chamailler et hésitent à faire une grande réforme audacieuse ?

Il faut leur demander. Je n’ai pas la réponse.

Vous n’avez plus la capacité de les influencer…

Vous voyez bien.

On pensait que Bart De Wever allait mettre le turbo ?

On verra ce que ce gouvernement va faire. Il n’a pas encore terminé…

Certains disent qu’il est déjà « mort » ?

Je n’en sais rien, je ne crois pas. Mais il a quand même quelques problèmes.

C’est le CD&V le problème ?

Vous n’allez pas m’entendre raconter quelque chose là-dessus.

Qu’est-ce qui empêche de prendre des décisions en Belgique ?

Ce sont souvent les ambitions de chaque parti, des perceptions de ce qui est important pour un parti ou non. Elles sont souvent erronées, mais elles existent. Il y a aussi la crainte : les hommes politiques entendent tant de gens dire la même chose et son contraire qu’à un moment, ils disent « gardons ce qu’on a et puis on verra bien ». Il y a un peu de tout là-dedans.

Le libéral

N’êtes-vous pas sorti de votre rôle, comme gouverneur, en vous opposant à ceux qui manifestaient contre les mesures du gouvernement Michel ?

Je ne pense pas. Ce que j’ai toujours dit se trouvait dans le rapport de la BNB, de l’OCDE, FMI, de la BCE. Il n’y a pas une seule différence sauf peut-être dans la manière plus forte avec laquelle je les ai prononcées, pour que le message passe. Mais dans le contenu, je ne me suis à aucun moment départi de ce qui était dans le rapport de la Banque nationale. Je me suis toujours tenu au terrain de la politique économique, je n’ai jamais dit au gouvernement ce qu’il devait faire, j’ai donné des recommandations, c’est tout à fait différent. Mais je sais très bien comment le jeu se déroule, si le message ne vous plaît pas et vous n’avez plus d’arguments, vous tirez sur le messager. C’est plus facile de décrédibiliser le message que d’avoir des arguments.

Il se dit qu’en 2008, lors de la crise bancaire, vous avez pris des décisions et mit le politique devant le fait accompli ?

Je ne vois aucun fait de ce genre. Ce n’était pas une situation où j’aurais pu me permettre de faire des choses qui auraient été difficiles pour le gouvernement. La seule chose qu’on cherchait c’était une réponse pour tous, en un week-end. Like it or not. Tout le reste appartient à la fantaisie des journalistes.

La caricature de « Coene, ce libéral inhumain », cela ne vous fait pas de mal ? Y a-t-il un coeur dans ce costume de banquier central libéral ?

Cela ne fait jamais plaisir, c’est clair. Ce n’est pas à moi qu’il faut poser cette question, je ne suis pas le mieux placé pour y répondre. Ce qui m’a toujours hanté, c’est comment une économie crée de la richesse et la partage. Le problème toujours le plus mal géré, c’est l’équité intergénérationnelle. S’assurer qu’il y a un équilibre entre ce qui se fait maintenant et ce qui sera disponible pour nos enfants et petits enfants dans le futur. Et donc, oui, j’ai dit aux syndicats que je trouvais absolument égoïste de leur part, de dire « On veut tout maintenant et le reste, on s’en fout ». J’ai trouvé cela franchement inacceptable. J’ai longtemps hésité car je savais que cette déclaration allait faire beaucoup de bruit. Mais après avoir entendu une succession de sorties, je me suis dit « incroyable, il n’y a personne qui ose faire le contrepoids. ». Et j’ai organisé une interview pour pouvoir lancer mon message. Cela ne fait pas plaisir, mais c’est la bonne chose à faire. Car c’est quand même ce qui importe le plus, non ? On fait quand même des enfants pour leur donner un avenir qui ressemble à quelque chose et non pas qui soit pire que ce dont nous avons hérité de nos parents ? Alors, suis-je égoïste, je ne crois pas, mais bon…

Y a-t-il un problème d’éducation ?

C’est très clair. Par ailleurs, certaines cultures accordent plus d’attention aux autres générations que chez nous désormais en Europe et en Occident. Ce n’est pas une question de sacrifice. On est quand même une génération qui n’a pas à se plaindre, car elle a eu toutes les belles années. Alors remettre en cause certains éléments pour assurer la continuité du système, franchement, pourquoi ne pas faire l’effort !

Vous vivrez donc avec votre étiquette ?

Oui, il n’y a rien à faire. C’est comme ça.

Avoir des petits-enfants, vous a influencé ?

Oui cela a rendu la question beaucoup plus concrète. On les voit courir et on se demande : que faire pour eux ? Et on se doit d’agir. Il y a d’autres sujets de préoccupation, comme le climat, mais là je n’ai pas beaucoup de prise. Mais là où j’ai prise, je dois jouer mon rôle.

Y a-t-il une époque où vous aviez une osmose entre vos idées et un porte-drapeau politique ?

De 1985 à 1988 avec Verhofstadt, nous avions la même orientation : il fallait absolument changer ces finances publiques belges qui avaient complètement déraillé. On y est allé un peu fort apparemment au goût de certains et cela nous a coûté pratiquement 11 ans de traversée du désert. Ce n’est pas amusant, mais c’est la vie. Mais à ce moment-là, on était tous deux bien convaincus que c’était une nécessité. Et finalement quand on regarde ce qui s’est passé ensuite, on n’a certainement pas exagéré. C’était absolument nécessaire de faire tout cela.

Pourquoi ne pas avoir été homme politique ?

Ce n’était pas mon caractère. Il faut une certaine capacité sociale que je n’ai pas. Je suis comme ça. Il faut s’en tenir à ce qu’on sait très bien faire.

Vous allez écrire vos mémoires ?

Non. C’est souvent pour se justifier ex post. Ce n’est pas une bonne raison.

Il y a des secrets que nous ignorons ?

Un tas… mais je vais m’arrêter là (il éclate de rire).

Qu’est-ce que vous aimez faire ?

Je fais un tas de choses avec plaisir dan ma vie privée, mais elle est séparée de ma vie professionnelle.

Vous êtes un amoureux de la musique ?

Oui, si je suis à la Monnaie, ce n’est pas par hasard.

Etes vous inquiet pour l’avenir de la Monnaie ?

Pas vraiment. Je comprends que quand il y a des économies à faire, tout le monde doit y passer. Mais le problème c’est de les faire avec réalisme et graduellement. Or on impose des économies à la Monnaie pour 2015 alors que le programme pour 2015, 2016 et la moitié de 2017 est déjà fixé. C’est difficile d’absorber des économies sur lesquelles on n’a plus de marge de manœuvre. Heureusement, le gouvernement a été attentif à cet aspect et a un peu atténué les demandes, pour les répartir sur une période plus longue. Mais ça va.

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