Klaus «Mon rôle est de leur faire voir les choses autrement»

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Klaus, 30 ans, est un des huit mentors du programme de la ville d’Aarhus. Quand il a pris connaissance du projet en 2012, il était en train de terminer un master en étude des religions. Mais parmi les mentors, on trouve des profils très différents, de l’avocat au garde de sécurité. L’essentiel est qu’ils restent avant tout des individus de la société civile. D’ailleurs, le mentorat ne peut jamais être leur job à plein-temps : ils sont payés environ 300 euros par mois et c’est un forfait fixe. Klaus, pour sa part, travaille actuellement à la commune d’Aarhus.

Depuis qu’il a commencé à être mentor, Klaus s’est occupé de quatre jeunes, toujours un à la fois. Si tous les mentors suivent une formation de six jours, chacun possède sa propre approche. Pour Klaus, il y a deux étapes : « D’abord, il s’agit de construire la relation, de faire en sorte que le jeune se sente à l’aise. » Aider à faire les devoirs ou certaines démarches administratives, ciné, resto : tout est bon pour faire connaissance. « Ensuite seulement, je peux commencer à discuter, explique Klaus. Mon rôle est de leur ouvrir l’esprit, de leur faire voir les choses sous d’autres angles. »

Le premier « mentee », comme ils les appellent, dont Klaus a été en charge était un jeune d’Aarhus en train de se radicaliser. « Il était dégoûté, frustré, avait un gros problème d’identité binationale, et regardait énormément de vidéos de propagande violente sur les réseaux sociaux. Nous avons beaucoup discuté de l’esprit critique à avoir par rapport à tout ce que l’on voit sur Internet. » Après un an et demi de tutorat, Klaus a mis fin à la collaboration : « A un moment, il faut que ça s’arrête, qu’ils apprennent à voler de leurs propres ailes. Ils le savent en commençant. » Le jeune était toujours religieux mais ne s’inscrivait plus du tout dans une logique de radicalisation.

Jusqu’ici, Klaus n’a eu qu’un jeune directement rentré de Syrie. Il était parti là-bas pour « faire de l’humanitaire ». Pourquoi a-t-il désiré rentrer ? Klaus n’en sait rien. Le jeune parle de ce qu’il veut… Le rôle de Klaus a surtout été un soutien dans le retour de l’adolescent à l’école. « Il ne m’a pas parlé de ce qu’il faisait réellement là-bas », raconte Klaus. Après huit mois de « mentorat », ce jeune-là a obtenu son diplôme.

Actuellement, Klaus suit un garçon qui, quand il a commencé le tutorat, manifestait le désir de partir en Syrie. « Un an après, il ne veut plus du tout y aller. Il m’a remercié en me disant : “ Vous m’avez ouvert l’esprit, je me vois différemment aujourd’hui !”  »

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