Jean-Claude Vantroyen et «Le Soir» couronnés par l’Académie royale de Belgique

Notre critique littéraire et responsable des « Livres du Soir » a reçu le Prix André Gascht, pour l’ensemble de son travail.

Editorialiste en chef Temps de lecture: 4 min

C’était journée de fête ce samedi à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique qui remettait pas moins de treize prix. Des écrivains, des poètes belges étaient ainsi mis à l’honneur, mais aussi un journaliste. Jean-Claude Vantroyen et Le Soir ont été couronnés. Notre critique littéraire et responsable des Livres du Soir a reçu le Prix André Gascht, pour l’ensemble de son travail critique.

C’est la deuxième fois que ce prix est octroyé, Jean-Claude Vantroyen succédant à Monique Verdussen de la Libre Belgique. Le jury, composé de l’écrivain Jean-Baptiste Baronian, de la poète Liliane Wouters et du secrétaire perpétuel de l’Académie, Jacques de Decker, a salué « l’évidente gourmandise de lecture de Jean-Claude Vantroyen, qui aborde les multiples défis auxquels le livre est confronté. Son billet hebdomadaire dans les Livres du Soir témoigne de ces mutations. » Et Jacques De Decker de lire devant le public rassemblé, « Vive le scorpion protecteur des vieux livres », un de ces billets dans lesquels notre critique passe du grave au léger, du tendre au sérieux, avec un amour évident des mots, des auteurs et des livres. Même si, comme le dit le lauréat « la première personne à laquelle on pense en écrivant ces critiques, ce n’est pas à satisfaire notre plaisir, mais à transmettre ce plaisir ou cette détestation, car il y a des livres qui nous plaisent moins. Nous essayons d’être l’intermédiaire entre l’écrivain et le lecteur. »

Une véritable avalanche

Plus de mille livres par an : c’est une véritable avalanche qui s’abat chaque année sur le critique : « On choisit de traiter les incontournables, les écrivains qu’on ne peut rater, les livres qui ont un titre ou une couverture qui nous accrochent, ou ceux qui ont suscité notre attention suite aux commentaires d’amis, d’experts etc. »

Enthousiaste, c’est la qualité que Jean-Claude Vantroyen se reconnaît principalement et nous savons, au « Soir », à quel point il a raison. C’est cet enthousiasme, cette curiosité, cette envie de mordre dans l’actualité, comme dans la vie qui caractérise notre collègue. Et cela, quel que soit le sujet auquel il a été confronté au cours d’une carrière déjà longue. Chef de Bruxelles, chef des Informations générales/société (lors de l’affaire Dutroux notamment), adjoint à la rédaction en chef, chef de la Culture, Jean-Claude Vantroyen a plongé dans les livres avec un délice, une attention et un talent intacts. À 67 ans, il gère les « Livres du Soir », dont il orchestre le contenu en même temps qu’il critique nombre de romans. Son rapport à la littérature et aux pages cultures n’est cependant pas neuf, Jean Claude Vantroyen ayant chroniqué durant des années la littérature de l’imaginaire (science-fiction et fantasy) qu’il a contribué à placer en Belgique à la hauteur des autres genres littéraires. Une réaction à la réception de ce prix qui le comble visiblement d’un grand plaisir ? « C’est un encouragement magnifique au jeune critique que je suis. »

« Le Soir » était indirectement encore présent lors de cette très jolie matinée belge, rythmée par les interventions musicales de la pianiste verviétoise Eliane Reyes, et les lectures des textes des auteurs couronnés, par l’actrice Veronique Biefnot et l’écrivain Francis Dannemark. Deux auteurs lauréats du Prix Rossel ont ainsi été couronnés, permettant au Secrétaire perpétuel de l’Académie de réaffirmer le rôle de découvreur de talents du prix littéraire décerné chaque année par le journal « Le Soir ». Jean Pierre Orban a ainsi reçu le Prix Sander Pierron pour son roman « Véra », ainsi que Giuseppe Santoliquido, le Prix Franz De Wever pour son « Voyage corsaire ». Le prix Quinot Cambron de l’essai a lui été décerné à Daniel Salvatore Schiffer pour « Oscar Wilde – splendeur et misère d’un dandy ».

Poésie et jeunesse

La poésie et la jeunesse étaient également au programme avec la mise à l’honneur de Charline Lambert dont « Chanvre et Lierre » sera bientôt publié, tandis qu’Eric Piette était reconnu pour « L’impossible nudité », dans la catégorie poète de moins de 35 ans. « Ecrire comme on part » de la poète Béatrice Libert était également couronné.

Moment très chaleureux et détendu également, lors de la remise du prix André Praga à l’acteur Bernard Cogniaux, pour sa pièce « Finement joué ». « Le genre drôle et la comédie ne sont pas souvent fêtés par l’Académie. Je suis donc particulièrement fier que cet usage soit rompu », commente Jacques de Decker. Bernard Cogniaux sera rejoint par son épouse, l’actrice Marie-Paule Kumps, pour interpréter un extrait d’une pièce qui a récolté un gros succès au théâtre Le Public.

Marc Pirlet pour « Histoire de Bruna », Ghislain Cotton pour « Le passager des cinq visages », Jean Claude Masson pour « Trois chemins de siècle d’or en Espagne et au Mexique », André Joseph Dubois pour « Ma mère par exemple » et Isabelle Stengers pour « Une autre science est possible : manifeste pour un ralentissement des sciences » sont les autres écrivains belges distingués au cours de cette très jolie cérémonie. À découvrir donc !

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