Un tronçon de l’E42 suspecté d’être davantage accidentogène

Plusieurs kilomètres seront passés à la loupe.

Journaliste au service Forum Temps de lecture: 3 min

L’autoroute E42, qui traverse la Wallonie d’ouest en est, va faire l’objet dans les prochaines semaines d’un examen minutieux. L’administration wallonne dépêchera sur la septantaine de kilomètres qui séparent Sambreville de Saint-Georges-sur-Meuse des agents chargés de vérifier la bonne adhérence du revêtement, la géométrie de la voirie ainsi que la sécurité des aménagements et de trancher de la sorte une question partie de la rubrique des faits divers des journaux pour atterrir dans le champ politique : l’axe routier est-il dangereux en certains de ses tronçons ?

La suspicion est née il y a quelques mois de l’addition d’un certain nombre d’accidents intervenus entre Andenne et Héron, sur une partie d’autoroute rénovée en 2013 et 2014. Son revêtement présentait encore la couleur noir pétrole caractéristique d’une pose récente, mais intriguait déjà certains dépanneurs du coin peu à peu convaincus d’être plus souvent réquisitionnés en bord d’autoroute pour emporter des voitures amochées. Début mars, un nouvel accident provoquait la mort d’un policier.

Aucune stastique officielle

Aucune statistique officielle ne témoigne d’une hausse des accidents sur ce tronçon. L’Institut belge de la sécurité routière (IBSR) ne dispose pas encore des chiffres des accidents pour l’année 2014. Et le ministre wallon des Travaux publics Maxime Prévot est en attente d’une « accidentologie » qui ne devrait lui être livrée que dans les deux prochains mois, comme il l’a indiqué aux députés Dimitri Legasse (PS) et Matthieu Daele (Ecolo), qui l’interrogeaient la semaine dernière au parlement wallon.

Dans sa réponse, le ministre en a profité pour apporter des précisions sur le revêtement utilisé. Il correspond au standard SMA, pour « Splitt-Mastix-Asphalt », qui a été employé sur quantité d’axes importants en Europe occidentale et aux Etats-Unis. Ses avantages avancés ? Une bonne résistance aux fissurations, le « rendu » acoustique et la rugosité, autrement dit, son adhérence. A la réception du chantier, selon Maxime Prévot, l’administration wallonne a d’ailleurs effectué un certain nombre de vérifications. Le tronçon incriminé présentait des valeurs plus que satisfaisantes.

De multiples facteurs d’accidents

Le manque d’adhérence n’est pas le seul facteur d’accidents lié à la qualité des aménagements. Une géométrie hasardeuse de la voirie, produit de malfaçons, ou une mauvaise évacuation des eaux peuvent aussi en être à l’origine. « A un autre niveau, la configuration des lieux est également à examiner, affirme le député Dimitri Legasse. Si un tronçon est plus exposé au vent, il peut en hiver être plus glissant. »

Chargés d’intervenir sur les accidents, des agents de la police de la route ont d’ailleurs remarqué, entre Andenne et Héron, la persistance de nappes d’eau sur l’autoroute. Peuvent-elles expliquer certaines pertes de contrôle ? « Je ne sais pas, glisse un agent. Je peux juste affirmer que les accidents se produisent souvent aux mêmes endroits et qu’ils impliquent régulièrement des voitures à propulsion arrière ou équipées de pneus déjà usés. »

 

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