En Inde, des hommes jugent la femme responsable du viol

Les autorités indiennes reprochent à la réalisatrice britannique Leslee Udwin d’attiser la colère de la population en rapportant le témoignage d’un des agresseurs du viol collectif qui a coûté la vie à une étudiante en 2012.

Dans une des interviews depuis sa cellule de prison, l’Indien récemment condamné pour viol confie qu’« une fille convenable ne traîne pas dehors à 9h du soir (…) elles n’ont pas à traîner dans les bars et boîtes de nuit ». Le prisonnier ajoute : « Dans un viol, une femme est de loin plus responsable qu’un garçon ».

Un crime qui a indigné le monde

Le 16 décembre 2012, une jeune étudiante indienne subit un viol collectif dans son pays. Six hommes abusent d’elle à l’arrière d’un bus et treize jours plus tard, la jeune fille décédera suite à ses nombreuses blessures. Quatre des accusés ont été récemment condamnés pour leurs actes. C’est l’un d’entre eux qui a tenu les propos lors de l’interview relayée par la BBC.

La censure autour du débat sur le viol

Le documentaire de la BBC devait être diffusé le 8 mars, Journée internationale des droits de la femme. La censure du documentaire a été rapidement dénoncée en Inde. Le site du journal indien « FirstPost » a écrit : « Faire comme si Mukesh Singh était hors de notre vue et de nos esprits suffirait-il à effacer la misogynie de la société indienne ? Selon notre gouvernement, oui. C’est comme si, quand on n’entend rien, qu’on ne voit rien et qu’on ne dit rien, le problème n’existait pas. »

Un débat pourtant douloureusement nécessaire dans un pays où violence rime avec quotidien et qui souffre d’un nombre excessivement élevé de défigurations à l’acide, d’infanticides féminins et de femmes victimes de violences sexuelles.

Le « Petit Journal » de Canal+ en Inde

Yann Barthès, le présentateur de l’émission vespérale culte de Canal+, n’y allait pas par quatre chemins ce lundi en annonçant des chiffres sans appel : il y aurait un viol en moyenne toutes les 20 minutes au pays de Ghandi. Martin Weill, l’envoyé spécial du « Petit Journal » en Inde, a sondé les habitants dans les rues de la capitale, New Delhi. Le début d’une série de micro-reportages de la chaîne privée cette semaine.

Une jeune Indienne dénonce : « Le principal problème ici, c’est la mentalité des hommes, ils pensent que ce sont les femmes qui provoquent le viol, c’est cela le vrai problème »

Les hommes en Inde auraient encore une vision de la femme « archaïque » selon les termes de l’envoyé spécial. Dans la rue, un homme déclare ainsi au micro de Martin Weill : « Si les femmes ne sortaient pas en portant de mauvais habits, les hommes ne seraient pas excités par elles »

Une section réservée aux femmes dans le métro a été récemment créée à New Delhi. Les transports en commun sont en effet, un des endroits où ont lieu bon nombre d’agressions sexuelles, comme l’a sinistrement révélé aux yeux du monde entier l’agression de Jyoti Singh Pandey en 2012.

>>> L’extrait vidéo du Petit Journal