Namur: le décès du SDF chamboule l’abri de nuit

L’échevine namuroise de la cohésion sociale est revenue sur le décès hier. Elle a insisté sur le travail réalisé. Selon Eliane Tillieux (PS), la législation n’a pas été respectée.

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L’effervescence des derniers jours suite au décès de Jean-Luc, SDF qui avait épuisé son quota de nuitées à l’abri de nuit de Namur, s’estompe à peine. Hier, l’échevine de la cohésion sociale Stéphanie Scailquin (CDH) revenait sur le sujet, les circonstances du décès, la mise en ébullition des réseaux sociaux, les évolutions qui pourraient survenir dans le fonctionnement de l’abri de nuit, et surtout le travail d’accompagnement des personnes précarisées qui a été mis en place à Namur au travers de divers services. Plus tard dans l’après-midi, c’est la cheffe de groupe de l’opposition PS, Eliane Tillieux, qui y allait de ses commentaires.

Car, aux yeux du collège et en dépit du drame, il ne faudrait pas perdre de vue qu’une trentaine de travailleurs sociaux œuvrent sur le terrain au travers de l’abri de nuit, du DUS (le dispositif d’urgence sociale ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24), du relais social urbain namurois – un réseau de plus de 25 associations dont le Resto du Cœur, Phénix, Saint-Vincent de Paul, des maisons médicales, etc. –, de la cellule de soutien psychologique D-Pause, des travailleurs de rue qui effectuent des « maraudes » pour nouer des liens avec les SDF et les aider. « C’est tout un arsenal de services, tant publics que privés, qui est mis en place et dont peu de villes disposent », estime l’échevine Scailquin. L’abri de nuit a enregistré 7.268 nuitées en 2013, et 8.131 en 2014. «  La règle des quotas, adoptée par la Ville en juin 2012 par l’ensemble du conseil communal et validé par la Région via l’agrément accordé, souhaitée par les travailleurs sociaux, a montré ses limites, reconnaît l’élue. Il faut rappeler l’origine bienveillante de ces règles. L’accueil ne peut être perpétuel et inconditionnel. Les quotas s’appliquent dans d’autres villes, avec des variantes, mais toujours la même volonté de ne pas faire des abris de nuit des hôtels sociaux. Ailleurs, on demande parfois une participation financière ou on procède au tirage au sort.  »

L’essentiel est que, si la philosophie de l’accompagnement restera la même, les modalités d’accès à l’abri de nuit vont être revues. Une première mesure tombait déjà lundi : les quotas ont été levés jusqu’à fin mars. Au-delà, des pistes de réflexion sont lancées sur la disponibilité des lits (on accepte des SDF si des lits sont disponibles, sans tenir compte des quotas), le nombre de nuitées (de 45 actuellement, on pourrait en accepter davantage), l’assouplissement des dérogations ou encore la question des températures minimales. On va aussi plancher sur le projet d’un abri de jour.

« La législation n’a pas été respectée »

Pour Eliane Tillieux, patronne de l’opposition, «  ce qui s’est passé est inadmissible, nous sommes outrés, d’autant que ce SDF était connu et que Namur dispose de tous les services sociaux modernes. En tout état de cause, la législation wallonne sur les plans grands froids n’a pas été respectée. Celle-ci précise, parmi les critères d’attribution, l’inconditionnalité de l’accueil jusqu’au 31 mars. Donc, durant la période hivernale, tous les quotas doivent être levés, ce qui n’a pas été fait ici  ».

La Ville de Namur, qui a un plan grand froid, reçoit dans ce cadre et via son relais social urbain une subvention régionale de 67.500 euros, dont une partie va à l’abri de nuit. Une interpellation a été déposée pour le prochain conseil communal.

 

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