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Un premier «Discours sur l’état de la Wallonie», l’événement est réel

Paul Magnette sera devant le parlement wallon pour un exercice inédit : il doit « expliquer les forces et les faiblesses de la Région et apporter des réponses. »

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

Ce mercredi matin à Namur, le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) prononcera son premier « Discours sur l’état de la Wallonie » (appellation officielle). L’événement est réel pour le parlement régional comme pour le gouvernement PS-CDH.

Le parlement ? L’assemblée namuroise cherche toujours sa place dans le paysage politique régional. André Antoine (CDH), le nouveau président, met les bouchées doubles pour moderniser l’institution, imposer des débats de fond et l’ouvrir à la société civile. Ce discours « historique » fera date. L’idée est d’imposer un rythme annuel à l’exercice.

L’année parlementaire wallonne devrait donc s’articuler à l’avenir sur trois points forts : les feuilles de route exposées par chaque ministre à la rentrée de septembre, le débat budgétaire en décembre et donc le discours du ministre-président à l’heure du printemps, sorte d’instantané sur les réalités régionales matiné de pistes pour l’avenir, comme on l’imagine.

Pour le parlement

Ce mercredi peut marquer l’entrée dans une autre époque parlementaire, à condition que le débat soit à la hauteur des attentes.

Le contenu de l’intervention de Paul Magnette reste mystérieux. « On fera l’exercice tous les ans, a récemment expliqué le ministre-président du Soir. Nous donnerons tous les chiffres. Nous expliquerons nos forces et nos faiblesses, et pour celles-ci les réponses que le gouvernement compte apporter. »

Tout a été prévu. Le « Premier » wallon s’exprimera à 11 heures. Les groupes politiques auront deux heures pour analyser le propos et préparer leur réplique. L’exercice sera important aussi pour l’opposition qui est demandeuse de débats de ce niveau. A noter toutefois que Pierre-Yves Jeholet, le chef de groupe du MR, n’aura pas l’occasion de s’exprimer, en raison du deuil familial qui le frappe et qui l’éloigne pour quelques jours de la scène politique.

Le ténor libéral aurait sans doute eu beaucoup de choses à dire à Paul Magnette. Samedi encore, à l’occasion du Grand Oral RTBF-Le Soir, il avait eu l’occasion de se montrer très critique à l’égard du gouvernement wallon et de son chef de file : « Au gouvernement wallon, les ministres ne travaillent pas. On lance certes des plans, mais aucun dossier important n’aboutit au parlement. Pourtant il y a urgence, tous les fondamentaux restent mauvais. Le ministre-président ne donne aucun signe d’ambition, d’enthousiasme, de fraîcheur… »

La question du cumul des mandats, notamment dans le chef de Paul Magnette, risque de revenir au-devant de la scène, le jour-même où le MR dépose une proposition de décret qui imposerait aux élus concernés au sein du gouvernement d’effectuer un choix radical entre leur mandat maïoral et leur fonction ministérielle.

Pour le gouvernement

Après le parlement, c’est donc le gouvernement wallon qui joue gros lui aussi, ce mercredi. On dit les ministres absents, trop discrets, inaudibles dans un paysage politique qui reste dominé par le débat fédéral et les questions communautaires. Les derniers mois au sud du pays ont surtout été marqués par les difficultés budgétaires et leur impact sur le monde des entreprises ou les milieux associatifs.

Les critiques sont parfois injustes à l’égard de la coalition rouge-romaine : les bases du plan Marshall 4.0 ont été jetées, les efforts consentis dans le cadre des fonds européens ont été confirmés. Il s’agit de mobiliser chaque fois 2,5 milliards d’euros dans des programmes qui sont essentiels pour le redressement de la Wallonie. Les contingences budgétaires n’ont pas fait dévier le gouvernement Magnette-Prévot de la voie tracée par ses prédécesseurs.

Ce « discours sur l’état de la Wallonie » offre donc une belle occasion à l’exécutif de partager ses constats et de tracer des pistes d’avenir, alors qu’on lui reproche souvent une communication trop discrète et parfois peu performante.

Parlement et/ou gouvernement, il y a un côté « ça passe ou ça casse » dans l’exercice inédit de ce mercredi.

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