Crash en France: le copilote responsable, attentat ou suicide?

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L’essentiel

– L’A320 de Germanwings, qui devait relier Barcelone à Düsseldorf, s’est écrasé mardi dans le sud des Alpes françaises, une zone montagneuse difficile d’accès.

– À bord 150 personnes, en majorité des Allemands et Espagnols. Un Belge se trouvait parmi les victimes, qui sont mortes instantanément.

– Le commandant était coincé à l’extérieur du cockpit avant le crash. Le copilote a refusé d’ouvrir la porte et a volontairement précipité l’appareil au sol.

– Les autorités allemandes confirment qu’il n’y a pas d’indice d’un contexte terroriste.

– La règlementation sur le nombre de personnes dans le cockpit sera renforcée chez plusieurs compagnies aériennes.

Le copilote, seul aux commandes

Le commandant de l’Airbus A320 allemand qui s’est écrasé dans les Alpes françaises a quitté le cockpit et n’a pas pu y retourner, a révélé le procureur de la République de Marseille, Brice Robin. L’avion était alors en pilotage automatique. Une fois seul, le copilote a manipulé volontairement les commandes pour abaisser l’altitude de l’avion. Son action s’apparente à « une volonté de détruire cet avion  », selon les enquêteurs.

>>> « Le copilote avait la volonté de détruire l’avion », selon le procureur de Marseille

« Le pilote s’est identifié pour entrer dans la cabine mais on entend aucune réponse de la part du copilote », a expliqué le procureur, qui a précisé qu’une respiration humaine se fait entendre sur l’enregistrement à l’intérieur de la cabine jusqu’à l’impact final.

>>> Verrouiller le cockpit d’un Airbus : voir la vidéo de la procédure à suivre

Les victimes sont mortes instantanément

Les passagers de l’avion Germanwings ne se sont rendu compte du crash, « qu’au tout dernier moment », a indiqué le procureur qui parle de « mort instantanée » des victimes et de « cris dans les tout derniers moments ».

Un nouveau bilan fait état de 75 victimes allemandes et au moins 49 Espagnols. Un Belge, Christian Driessens (59 ans), était également à bord de l’avion.

>>> A lire : Crash en France : qui sont les victimes ?

Les pilotes

Le copilote s’appelait Andreas Lubitz. Il était âgé de 28 ans et était originaire de Montabaur. Selon le procureur de Marseille, Brice Robin, il n’est pas répertorié comme terroriste.

>>> A lire : Qui était Andrea Lubitz, le copilote de l’Airbus A320 ?

Germanwings avait de son côté indiqué que le commandant de bord était très expérimenté : il avait plus de 10 ans d’expérience et plus de 6.000 heures de vol à son actif. Il n’a pas été officiellement identifié, mais selon le quotidien populaire allemand Bild, il s’appelait Patrick Sonderheimer. Il était originaire de Düsseldorf et était père de deux enfants.

Deux hypothèses

1 Un suicide

Parmi les hypothèses désormais envisageables, il y a le cas du copilote aux commandes qui se suicide et conduit volontairement l’appareil au crash. « On peut être quasiment sûr que le copilote a commis un suicide », a affirmé le PDG de la Lufthansa lors d’une conférence de presse, en nuançant cependant quelques minutes plus tard que « quand une personne provoque la mort de 140 autres personnes, ce n’est pas le mot suicide qui s’applique ».

Dans l’histoire aéronautique, des cas de pilotes qui se sont suicidés existent, notamment fin 2013 lors du vol de Mozambique Airlines qui s’est écrasé en Namibie, de Silk Air en 1997 et d’Egyptair en 1999, même si les autorités indonésiennes et égyptiennes ont contesté la conclusion de l’enquête.

2 Un acte terroriste

Cette piste n’est toujours pas privilégiée par les enquêteurs ni par les autorités allemandes. Le copilote n’était pas répertorié dans la liste des terroristes, il a manipulé volontairement les commandes de l’Airbus pour abaisser l’altitude de l’avion mais « rien ne permet de dire qu’il s’agit d’un attentat terroriste », a souligné le Procureur.

Une réglementation renforcée

L’accident de l’Airbus A320 de Germanwings pourrait bien faire évoluer la réglementation aérienne. En effet, la compagnie low cost Norwegian Air Shuttle vient d’annoncer qu’elle allait imposer la présence permanente de deux personnes dans le cockpit.

« Quand un occupant quittera le cockpit, il faudra désormais que deux personnes s’y trouvent », a ainsi expliqué le responsable des opérations de vol Thomas Hesthammer, ajoutant que cette mesure entrerait vraisemblablement en vigueur dès demain. « On discute de cela depuis longtemps mais cet épisode a accéléré les choses », a-t-il poursuivi, précisant que la réglementation européenne n’imposait pas de telles obligations à l’heure actuelle.

EasyJet a annoncé qu’il imposait lui aussi la présence permanente de deux personnes dans le cockpit.

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