Le 11h02: «La N-VA n’est pas seulement séparatiste, c’est un parti qui se positionne très à droite»

Du côté francophone, la N-VA est avant tout perçue comme un parti communautaire, nationaliste, chantre de l’indépendance flamande.

Mais l’actualité de ces derniers jours, avec les propos sur le racisme du président Bart De Wever puis du secrétaire d’État Theo Francken, le prouve à suffisance : le parti se profile aussi largement sur les questions d’immigration et d’intégration (certainement depuis qu’il a absorbé une bonne part de l’électorat Vlaams Belang). Comme il l’a fait en matière de fiscalité ou d’économies budgétaires.

On en a parlé avec Martine Dubuisson. (Cliquez ici pour les mobiles)

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Comment le parti se positionne-t-il sur les questions de société ?

« Côté francophone on a l’image d’un parti nationaliste, qui ne nous aime pas. C’est la simple image que nous en avons. Sur toutes les questions de société, il se positionne très à droite. Pour faire son score de 32 % aux dernières élections, la N-VA a compté sur un électorat économique de droite et a phagocyté les électeurs du Vlaams Belang. Sur l’immigration, elle affiche un visage assez radical. Theo Francken a pris les choses en main très rapidement pour montrer que la N-VA mettait un stop. »

Le parti de Bart De Wever doit se montrer dur sur les questions communautaires ?

« Il doit l’être puisqu’il a un électorat sensible à cela et ne doit pas lâcher son corps business habituel. La difficulté sous cette législature c’est qu’il n’est pas prévu de faire d’institutionnel pendant 5 ans. De Wever avait dit, deux mois après l’instauration du nouveau gouvernement, que celui-ci était temporaire. Pour lui, il faut cette grande réforme de l’État. Le séparatisme reste le fer de lance la N-VA. »

Par rapport à la question du séparatisme, la N-VA possède-t-elle un agenda caché ?

« Il n’est pas caché mais ils doivent mordre sur leur chique. Tous les sondages montrent qu’entre 10-15 % des Flamands seulement sont pour la scission de la Belgique. Un point sur lequel beaucoup de Flamands sont d’accord c’est que la Flandre doit disposer d’une plus grande autonomie sur certains dossiers. »

Existe-t-il une différence entre le programme économique du gouvernement et celui de la N-VA ?

« La N-VA est purement un parti de droite alors qu’en regardant le gouvernement on peut voir une tendance centre-droit. La N-VA veut aller plus loin sur certaines matières, comme le saut d’index puisqu’elle en voulait deux. Sur la question du chômage, elle voudrait supprimer les allocations de chômage après un certain temps. La N-VA veut faire des économies au niveau de l’État. Elle veut que le chômeur trouve un travail. Elle ne regarde pas à ceux qui ont une position plus délicate. »

Avec ses propos, De Wever aurait-il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas ?

« Il stigmatise un groupe. Nous vivons dans une région où nous sommes vite qualifiés de raciste. Nous n’abordons pas certaines questions par peur de poser un constat. Dans son discours, il ne chiffre pas ce qu’il énonce. Son discours est fait de préjugés à caractère raciste. Il est très limite mais ce n’est pas du racisme pur. »

Est-ce que Bart De Wever peut être poursuivi pour ses propos ?

« En tant que tel sans incitation à la haine, ce serait difficile de le poursuivre. Il émet un discours plein de préjugés à caractère raciste mais ce n’est pas assez pour le traîner en justice et espérer une condamnation. Ce qui est sûr c’est qu’il ne fait jamais rien par hasard. C’est un champion de la politique et de la communication. Généralement il y va fort et nuance par la suite. Il a fait l’inverse dans ce cas-ci, il a émis des propos nuancés samedi avant d’être plus dur dans son discours de lundi. »