Le patron de Lufthansa: «Si quelqu’un se tue avec 149 personnes, on ne peut plus parler de suicide» (vidéo)

Carsten Spohr, CEO de Lufthansa, s’est dit « secoué » par les nouveaux développements dans l’enquête sur le crash de l’avion Germanwings en France. Le A320 aurait volontairement été poussé au crash par le copilote Andrea Lubitz. « Peu importe l’exigence des standards de sécurité, un tel événement tragique est imprévisible. Rien ne pourrait empêcher un tel acte isolé », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée à Cologne (Allemagne). Et d’ajouter : « Quand une personne se tue avec 149 autres personnes, ce n’est plus un suicide  ».

« C’était inimaginable »

Le CEO de Lufthansa a évoqué le parcours des futurs pilotes. « La procédure est minutieuse et mêle examens cognitifs et techniques avec des évaluations psychologiques », a-t-il noté. « Notre formation est reconnue mondialement et nous en sommes très fiers. Ce qu’il s’est passé était pour nous inimaginable. »

Des tests psychologiques uniquement durant la formation

Le copilote (28 ans) avait débuté son parcours d’apprentissage en 2008 au sein de la Lufthansa, d’abord à Brême (Allemagne), puis à Phoenix (USA), a expliqué Carsten Spohr. Il aurait interrompu son parcours pendant plusieurs mois, avant de débuter sa carrière de copilote en 2013. Le dirigeant de la compagnie allemande a précisé que les interruptions de parcours ne sont pas inhabituelles et que des examens sont prévus avant de reprendre la formation. Le CEO a indiqué que les pilotes ne subissent plus de tests psychologiques une fois la formation clôturée.

Il n’y a pas « le moindre indice » sur les raisons qui ont poussé le copilote de l’Airbus A320 de la compagnie allemande Germanwings à précipiter l’avion contre le sol, a déclaré Carsten Spohr. « Même dans nos pires cauchemars, nous n’aurions pas pu imaginer qu’une telle tragédie puisse arriver dans notre entreprise », a confié le patron.

« Le copilote avait réussi tous les tests et examens, sans que rien de singulier n’ait été constaté », a-t-il encore indiqué. «  Il s’agit d’un cas isolé très tragique », a-t-il ajouté. « Nous sommes simplement désolés. »

Vers une nouvelle procédure de sécurité ?

Aux Etats-Unis, la présence de deux personnes dans le cockpit est obligatoire. Ainsi, quand un pilote quitte le cockpit, un membre de l’équipage est obligé de momentanément prendre place. « Ce n’est pas le cas chez nous », a expliqué Carsten Spohr, qui ne voit aucune raison de changer cette procédure. « C’est un acte complètement isolé », a-t-il insisté.