Pourquoi la Belgique est précurseur d’une toute nouvelle approche économique

Selon le proverbe chinois « Le loup sur son rocher prête ses yeux aux habitants de la forêt », la Belgique est aux premières loges d’un renouveau annoncé et attendu. Pourquoi est-elle si privilégiée ?

Elle est une plaque tournante géographique, entre les pays européens, mais aussi des mondes germaniques, latins, anglo-saxons, et finalement, d’innombrables nationalités, cultures et religions. Cette situation est absolument unique au monde. Ce brassage de cultures historique, au cœur de l’Europe vieillissante, nous permet d’être à l’aise un peu partout, et avec tout le monde. Le belge est un excellent rassembleur, négociateur, faiseurs de deals.

Il est pragmatique : ingénieur industriel et fermier à la fois. Un mécanicien laboureur, et même si nous ne manquons pas d’artistes inouïs, le belge n’est pas un showman.

Il est humble. Historiquement, dès qu’il sortait du lot, il était envahi. Donc il reste profil bas – qualité spirituelle et humaine très porteuse car il se positionne comme une éponge, à l’écoute, perméable aux bonnes idées.

Le belge s’exporte bien pour toutes ces raisons. Ce sens du compromis et de la rencontre d’intérêts entre hommes et femmes, est salutaire pour créer des alliances stratégiques porteuses de sens, de valeur future, et surtout de solutions nouvelles. Il fait du plug-and-play avec ressources et besoins depuis toujours.

Le chaos politique et son ingérabilité n’est finalement qu’à l’image d’un chaos de bonnes volontés émergentes d’un peuple exsangue de fausses promesses.

Elle n’est plus compétitive. La Belgique ne pourra plus « se battre » avec les moyens anciens : dévaluations, cadeaux fiscaux, compétences monopolistiques. Elle doit se réinventer si elle veut encore avoir une économie dans 10 ans, autre que les métiers de soins aux personnes âgées.

La Belgique aussi est unique de par la présence de lobbys, de l’Otan, l’Union Européenne, de centres de coordination et de décision, fédérations et experts en tous genres.

De plus, elle est une véritable plaque tournante de nouvelles tendances de management, de modèles économiques et sociétaux, d’experts du « nouveau paradigme », de spiritualité et développement personnel. Nous avons plus de deux fois autant de coachs et thérapeutes par habitant que tous nos voisins. C’est un signe d’une maturité nouvelle, d’un désir d’évoluer, de grandir. Cette concentration et densité, doublée d’un petit marché test, rapide et exigeant, de 11 millions d’âmes, a comme conséquence que la conscience collective évolue plus vite qu’ailleurs. Oui, nous avons tout fait, tout essayé, jusqu’à atteindre l’insolvabilité de nos ambitions de dépendance, et jusqu’à épuiser le désir de créer du nouveau dans un monde en apparence saturé de tout. Le prochain palier de maturité, le seuil crucial de la désillusion salvatrice post-puberté est désormais très proche…

Qui sont ces dirigeants qui sortiront de l’ombre avec des idées totalement nouvelles, au risque de déplaire au pouvoir en place ? Qui sont ces brillants jeunes qui refuseront catégoriquement de se faire brider par conditionnements et croyances ? Qui sont ses investisseurs séniors qui tendront la main à ses entrepreneurs pionniers de demain ? Qui sont ces guerriers d’un monde nouveau, ses barbares stimulants et bouffons créatifs ? Quand est-ce que cette masse silencieuse de talents se réveillera à sa lumière unique ?