«L’entrepreneuriat, aussi un sport de haut niveau»

L’Université de Gand a été la première en Belgique à mettre en place un statut d’étudiant-entrepreneur, essentiellement pour accorder plus de souplesse aux étudiants qui ne veulent sacrifier ni leurs études ni leur projet d’entreprise. 55 étudiants ont opté pour ce statut cette année académique. L’Université de Liège a embrayé l’année dernière, convainquant 13 étudiants en quelques mois (relevé de février dernier). Ici aussi, il s’agit d’accompagner les entrepreneurs précoces et de leur faciliter la vie, tant que faire se peut. L’Université d’Hasselt prépare un tel régime pour la prochaine rentrée.

Comme cela se fait en France (sous certaines conditions), des voix s’élèvent pour aller un pas plus loin et faire de l’étudiant-entrepreneur un vrai statut social. Le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) notamment monte au créneau, trouvant anormal qu’il soit dans notre pays plus facile de combiner sport et études qu’entrepreneuriat et études : « Pourtant, l’entreprenariat, c’est aussi un sport de haut niveau », indique la présidente du SNI, Christine Mattheeuws. « C’est pour cela que toutes les universités doivent proposer un tel statut. Et c’est la même chose pour les hautes écoles. Un cadre légal, équivalent à celui des sportifs de haut niveau est donc nécessaire, en plus de l’augmentation du montant que les étudiants-entrepreneurs peuvent gagner annuellement. »

Inégalité

Actuellement, les étudiants-entrepreneurs doivent payer des cotisations sociales dès qu’ils dépassent un seuil de 1.424 euros par an de revenus, alors qu’un étudiant jobiste peut gagner jusqu’à 6.000 euros par an sans pour autant devoir payer des cotisations de sécurité sociale. « Ce n’est pas du tout logique. Si nous voulons voir augmenter le niveau d’entrepreneuriat dans notre pays, de tels obstacles doivent être supprimés », ajoute Christine Mattheeuws. « Essentiellement parce que les étudiants qui entreprennent durant leurs études goûtent à l’entreprenariat, ce qui augmente leurs chances de survie. Quoique nous encouragions également les jobs étudiants pour obtenir une expérience professionnelle, ce job aura tout de même moins d’influence sur la future carrière professionnelle. C’est pourquoi il faut supprimer la différence entre les montants que les deux statuts peuvent gagner ».

Et le SNI d’insister pour que le gouvernement fédéral, à travers le plan PME du ministre des Indépendants et PME Willy Borsus, tienne sa promesse de travailler à la création d’un statut particulier pour les étudiants-entrepreneurs.