Denis Ducarme (MR) indigné: «André Frédéric (PS) traite la majorité de fachos»

Le ton est encore monté de quelques crans, entre PS et MR, ce jeudi à la Chambre. Il y a d’abord eu les critiques, très virulentes, d’Ahmed Laaouej, à l’encontre du Premier ministre. Mais il y a pire, s’indigne-t-on dans les rangs libéraux. Plusieurs députés MR assurent avoir entendu André Frédéric, député PS, crier le terme « fachos » à l’encontre des membres de la majorité. « Et ce n’est franchement pas la première fois. On n’en peut plus. Où vont-ils s’arrêter ? C’est indigne et intolérable. »

Ulcéré, Denis Ducarme s’est dès lors fendu d’un courrier officiel au président de la Chambre, Siegfried Bracke. « Lors de la séance de cet après-midi, à l’occasion des questions d’actualité adressées au Premier ministre, notre assemblée parlementaire n’a pu conserver sa dignité, écrit le chef de groupe MR. Au départ des bancs socialistes francophones, le terme “fachos” a été adressé à l’intention des membres de la majorité. C’est tout à fait intolérable. Il est parfaitement inadmissible que cette initiative ait été celle de Monsieur André Frédéric, député et vice-président de la Chambre. » Denis Ducarme demande dès lors officiellement, « au nom du MR », à Siegfried Bracke « de procéder officiellement à un rappel des usages élémentaires qui doivent nécessairement être garantis dans les débats parlementaires au sein desquels l’insulte doit être proscrite». Et de conclure : « Le respect mutuel doit être garanti. C’est un prérequis à la dignité de nos échanges. »

André Frédéric : « Qui se sent morveux se mouche »

André Frédéric tombe des nues.« J’aurais donc traité la majorité de fachos à trois reprises ? C’est faux, je ne suis pas intervenu durant la séance plénière, à laquelle j’ai assisté de bout en bout. » Le député socialiste nous livre sa version des faits. « Après les questions sur la N-VA, Charles Michel a été interrogé par Sarah Smeyers sur les interventions de politiques auprès de l’Office des Etrangers, pour soutenir des dossiers. Et là, j’ai entendu une réponse qui tranchait avec le vide absolu de la réponse sur les propos de Bart De Wever. Je me suis donc fendu d’une réflexion personnelle, qui était celle-ci : “On peut donc tenir des propos fachos mais aider les gens, ça, on ne peut pas. »

Quant à la lettre de Denis Ducarme, elle n’émeut guère le député PS. « Je suis député depuis 17 ans, je connais les règlements de la Chambre. Et l’insulte, ce n’est pas mon genre. » En résumé, André Frédéric n’y voit qu’une « tentative de faire écran de fumée ». « Je comprends que le Premier ministre soit gêné par les déclarations de la N-VA, mais qu’il n’ose pas les condamner parce qu’ils sont mariés. Cela ne justifie pas que les députés de son parti jettent le discrédit sur leurs collègues qui travaillent. » Et de conclure : « avec votre article, 148 députés vont découvrir un non-événement, qu’ils n’ont absolument pas entendu. Mais bon : qui se sent morveux se mouche. »