Basket: les Castorettes échouent en finale de l’Eurocoupe

Pourquoi y a-t-il deux manches à une finale d’Eurocoupe comme à un pull mal tricoté? Une seule aurait suffi au bonheur des Brainoises, deux c’était… une de trop! Mais leur parcours de 12 victoires pour deux défaites, dont la dernière si cruelle, n’en demeure pas moins exceptionnel et vaut les applaudissements nourris des 6.500 spectateurs réunis pour l’événement.

C’était aussi prévisible que le jour après la nuit: Ann Wauters ne tend jamais l’autre joue quand elle a reçu une gifle comme au match aller dans sa propre maison lilloise (64-68). Et donc elle a soufflé dans le clairon dès l’entame de cette finale retour pour signifier la charge de la brigade nordiste. Les esthètes du ballon orange pouvaient encore vite revendre leur billet au marché noir car, visiblement, ce match allait rimer avec catch comme en attesta la brassée de fautes commises de part et d’autre. Mais comme à la ligne des lancers francs, les Françaises avaient la mire mieux réglée (10 sur 12 contre 2 sur 6), le score effaça vite l’avantage acquis à Villeneuve d’Ascq: 10-16 et 11-21 aux dix minutes.

Le Spiroudôme, plus un terrain neutre qu’un retour à domicile

Echaudées par les coups de griffes, enfin d’ongles, qu’elles avaient essuyés une semaine plus tôt, les troisièmes de la ligue hexagonale répondaient cette fois dans le même registre et, surtout, elles démontraient que leur raquette serait mieux protégée que la salle des coffres de la banque nationale. Steinberga, reine d’un soir au-delà de la frontière, n’en touchait pas une tandis que Spencer ou Mestdagh avaient du mal à dégainer. Heureusement pour les Brainoises et le suspense, Carpréaux sortit quelques flèches de son incroyable carquois pour servir Trahan-Davis comme une princesse attablée au Comme chez soi. Ce qu’elle n’était pourtant pas puisque le Spiroudôme ressemblait plus à une finale sur terrain neutre qu’à un retour à domicile.

Mais les 13 points déposés par l’Américaine aux cheveux rasta dans l’urne villeneuvoise firent un bien fou aux actions brainoises qui chutaient de façon vertigineuse à la bourse de cette Eurocoupe. Et le trophée, comme le fléau d’une balance, repassa du côté des Castors à 26-28 sur un 3 points, enfin un, d’Anderson. Mais à l’instant d’aller reprendre ses esprits au vestiaire, plusieurs nuages sombres tapissaient le plafond de ce lieu piqué de 6.500 têtes: la coupe avait à nouveau changé de propriétaire (31-36) et trois fautes étaient attachées comme un fardeau au dos de Trahan-Davis et de Steinberga, auteur de trois unités pour zéro même à Spencer.

Une odeur de roussi à la 27e minute

Mais l’odeur de roussi ne se fit vraiment sentir qu’à la 27e minute quand l’écart ne cacha tout à coup plus sa préférence: 33-54. Alors que Carpréaux avait inscrit l’unique panier brainois de ce laps de temps, le danger giclait comme l’eau d’une lance à incendie des mains de Gomis, Mahoney ou Wauters. C’était la débandade, la désillusion, la Berezina. Les Brainoises en manque de bras pour alimenter le marquoir ne savaient plus à quel saint se vouer, leur coach en restant même sans voix.

Un sursaut d’orgueil ralluma la flamme de l’espoir à 46-60, mais les Françaises avaient encore les mains pleines de seaux d’eau pour éteindre toute velléité. Du coup, Ann Wauters tenait le trophée qui lui manquait à côté de ses quatre Euroligues et ses trophées nationaux…