Le premier partenariat public-privé

Prenez un site désaffecté, en l’occurrence le parc privé du château des quatre Tourettes, près de Coronmeuse. Transformez-le en jardin public, construisez un ensemble de logements basse énergie en bordure du terrain et créez des liens vers le quartier et l’école toute proche. Au final, voilà un nouvel aménagement urbain qui profite tant à la population locale et aux écoliers qu’aux nouveaux habitants. Un espace de respiration de proximité dans un quartier fortement bâti.

Pour arriver à ce résultat, la Ville a dû faire preuve d’imagination et de patience. Dans un premier temps, la Régie foncière a acquis le terrain en question. Sous l’égide du service des espaces verts, des étudiants ont lancé des premières pistes d’aménagement. Un appel à partenaire privé a été lancé pour la construction d’un ensemble de 16 logements avec une série de conditions : deux bâtiments scindés au niveau technique de manière à faire coexister une unité de 8 logements acquisitifs -ils sont déjà tous vendus- et une autre de 8 logements publics dont 2 accessibles au PMR.

C’est la société T-Palm qui a remporté le marché et construit l’ensemble sur le terrain de la Régie foncière pour la somme de 2,2 millions d’euros hors TVA. La Régie a ensuite racheté les 8 logements bâtis pour son compte et les met aujourd’hui en location pour un prix situé 20 % en deçà du marché. L’opération a été rendue possible par un subside du plan fédéral des grandes villes et de la Région. Quant à l‘aménagement du parc public (coût : 580.000 euros), il a été financé grâce au subside de rénovation urbaine, un mécanisme régional qui donne un euro public pour un euro privé investi. Bref, la mise en œuvre concertée d’une série de leviers public et privés a permis de réaliser un ensemble cohérent. « Nous allons continuer à développer ce type de partenariat public-privé ailleurs dans la ville », déclare Maggy Yerna, échevine du Logement, en charge de la Régie foncière.

A l’image des mains de personnes du quartier photographiées par François Struzik, agrandies et posées sur les grilles du parc, le parc est une invitation à la rencontre. « Pour des questions de sécurité et de quiétude vis-à-vis des voisins, il sera fermé la nuit », explique l’échevin de l’Environnement André Schroyen. Quant à l‘école Morinval, à l’étroit dans sa petite cour de récréation, elle dispose à présent d’un accès direct au nouvel espace vert, avec un emplacement spécialement dédié à un futur jardin potager. Pour le ministre du Logement Paul Furlan, présent lors de l’inauguration, il s’agit d’un exemple réussi de « réenchantement de la ville. Nous devons donner du souffle aux opérateurs locaux pour organiser la mixité sociale, mobiliser les ressources foncières et d’autres types de capitaux comme l’épargne citoyenne ».