Le 11h02: suicide de Steve Stevaert, «une décision complexe»

Hier, le corps sans vie de Steve Stevaert a été retrouvé dans le canal Albert à Hasselt. L’homme, ancien ministre d’État, ancien président du SP.A allait avoir 61 ans. Il venait d’apprendre qu’il était renvoyé en correctionnelle pour une affaire de viol.

Peut-on dire que l’on a appris sa mort au cours d’une mise en scène ? S’il s’était suicidé dans sa chambre, en aurait-on parlé de cette manière-là ?

« Ce qu’a fait Steve Stevaert ne procède pas d’une mise en scène de sa part. Il abandonne son vélo, sa veste et rentre de l’eau. Malheureusement, c’est une manière « classique » de mettre fin à ses jours. C’est sûr qu’il y a emballement médiatique, du fait du mystère de la disparition, qui survient directement après l’annonce de son renvoi en correctionnelle. Une relation causale entre cette annonce et sa disparition, qualifiée de présomption de suicide, c’est ça qui a fait gonfler cette actualité hier. C’est sûr que s’il s’était suicidé dans sa chambre, en absorbant des médicaments, la fulgurance médiatique aurait été bien moindre. »

Quels sont les faits qui lui étaient reprochés pour lesquels il avait été convoqué en correctionnelle ?

« C’est une affaire de viol présumé. Elle se serait produite à la fin de l’année 201. À l’issue d’une émission de télévision à laquelle il participait, il rencontre une dame et l’invite à dîner puis la ramène dans son bureau de Bruxelles. Au cours de cette soirée, il y a ce que la plaignante dit être un viol. Steve Stevaert, de son côté, après avoir dans un premier temps nié connaître cette personne, affirme que la relation était consentie. À ce stade de la procédure, il bénéficiait de la présomption d’innocence. »

Ce suicide révèle-t-il une dichotomie entre l’image publique et privée de l’homme ?

« On ne saura jamais si la publication de cet article était l’élément déclencheur de son suicide. Il est décédé par noyade, il l’a choisi, mais on ne sait pas ce qu’il l’a motivé. On ignore s’il a laissé une lettre d’explication. Il ne faut pas essayer d’interpréter l’ininterprétable. »

Le procès aura-t-il lieu ?

« Lors de l’audience, le procureur fera constater la mort de l’intéressé, et il y aura une extinction des poursuites. Cela prive la victime d’un procès qui était pour elle très important, étant donné le parcours certainement pénible qu’elle a dû vivre. Être privé de cet aboutissement doit être difficile. On n’est pas dans un cas à la Bérégovoy, où la culpabilité des médias aurait pu être mise en cause. C’est une décision complexe. »

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