«Quand on tape sur Charleroi, cela m’énerve»

M ilitant ? Je ne sais pas si ce terme est le mieux choisi pour me caractériser. Disons que je n’aime pas constater que l’on tape sur Charleroi. Je trouve ça profondément injuste, que la ville mérite bien mieux. Surtout que ce genre de jugement est une question de points de vue, juste de points de vue. » Brieuc Barthélemy a la trentaine dynamique. S’il travaille aujourd’hui à Bruxelles au sein d’une agence spécialisée dans la communication digitale, il a autrefois roulé sa bosse ailleurs en Belgique et même au Grand-Duché de Luxembourg. Des « détours » qui ont sans doute élargi les horizons de ce Carolo de souche mais qui n’ont pas déplacé son centre géographique. Puisqu’il est revenu habiter Charleroi et qu’il est même sur la toile un ardent défenseur de la métropole.

Brieuc Barthélemy est en effet à l’origine du site Carolofornie, vaste fresque visuelle de la ville, bâtie à partir de centaines de contributions personnelles de photographes amateurs. Ceux-ci publient leurs photos sur Twitter ou sur Instagram sous la référence (un « hashtag » dans le jargon de Twitter) « Charleroi ». Une mention qui permet aux clichés de « surnager » sur le flux des réseaux sociaux et d’atterrir sur le site du développeur par un jeu de liens. « La localisation des utilisateurs lorsqu’ils postent leurs photos est un autre moyen pour moi de repérer les clichés pris à Charleroi, explique Brieuc Barthélemy. L’ensemble n’arrive pas sur le site. Une amie et moi faisons une sélection. Tout ce qui touche à la vie privée est retiré. Autre précaution : aucune photo n’est stockée. Ce qui veut dire que lorsqu’un utilisateur retire la photo de son compte, elle disparaît également du site. »

Ce dernier a vu le jour il y a un peu plus d’un an. Depuis lors, plusieurs centaines de photos sont venues s’agglutiner sur le site et former un panorama particulièrement large des paysages carolos. Une tendance ? « Il y a énormément de photos qui ont pour objet des paysages qui pourraient être peu flatteurs pour la ville. Mais ces clichés, parce qu’ils sont beaux, bousculent tout cela et renversent les perceptions », affirme Brieuc Barthélemy.

La récente polémique autour de l’attribution du World Press Photo au photographe italien Giovanni Troilo pour un reportage sur Charleroi a du coup fait réagir Brieuc Barthélemy. Avant la Ville, il a pris contact avec les organisateurs pour dénoncer la mise en scène que le travail primé représentait. « Ils m’ont répondu que le jury était indépendant, affirme-t-il. Chose incompréhensible alors que de façon très claire, ce reportage n’était pas du photojournalisme et jouait avec la réalité. Heureusement en fin de compte ils sont revenus sur leur décision. »

www.carolofornie.be. Le site a aussi sa page Facebook.