Vivacité Charleroi en crise: «C’est le boxon!»

L’ambiance est tendue au bureau local d’information de Vivacité Charleroi. « Tout est en train d’imploser, c’est le boxon !, nous rapporte un employé de la RTBF. Suite aux mauvaises audiences enregistrées depuis la rentrée, la direction de l’info, menée par Jean-Pierre Jacqmin, a convoqué les équipes pour réaffirmer la ligne éditoriale mise en place lors de la grande réforme des radios en 2004.

Ce mercredi matin, L’Avenir, rapportait que lors de cette réunion Jacqmin avait expliqué que les journalistes étaient « trop pointus » par rapport au public de Charleroi. Le quotidien cite un membre de la rédaction : « Il nous a textuellement dit « si on doit parler aux barakis, on parlera aux barakis » ».

Jean-Pierre Jacqmin : « La RTBF doit viser tous les publics »

Contacté par Le Soir, Jean-Pierre Jacqmin tient à remettre les pendules à l’heure : « Le terme « baraki » avait été utilisé par une journaliste dans une réunion précédente à laquelle je n’étais pas présent. J’ai dit que je trouvais le mot méprisant et que la RTBF devait s’adresser à tout le monde. Si s’adresser à ceux qui n’ont pas accès à l’information c’est parler aux « barakis », alors oui. La charte de la RTBF est claire : nous devons viser tous les publics. Tous les publics ça veut dire tous les publics. »

Une position qui ne convainc pas la Société des journalistes de la RTBF qui va envoyer un communiqué au personnel cette après-midi. « Nous voulons avoir l’assurance que la suite du dossier sera gérée avec le consentement des journalistes locaux », explique-t-elle.

Des négociations qui se feront sans Alain Vaessen. Le directeur de l’info de Vivacité Charleroi a démissionné vendredi dernier, ne s’estimant plus en accord avec la ligne éditoriale de la chaîne.

Alain Simons cristallise les tensions

En plus du rappel à l’ordre au niveau du traitement de l’information, la rédaction de Charleroi a dû s’adapter à l’arrivée d’un nouvel animateur pour la matinale. Vivacité a recruté Alain Simons, étiqueté depuis des années « RTL ». Certains lui reprochent de ne pas travailler assez et d’avoir un ton « limite graveleux » à l’antenne. « Soyez patients, leur répond Dominique d’Olne, directeur de l’information radio de la RTBF. Il n’est pas anormal qu’il y ait des difficultés les premiers jours. Il doit encore se faire à une nouvelle manière de travailler, à un nouvel esprit. ». Contacté par Le Soir, Alain Simons n’a pas encore réagi à ces critiques.