Le PS veut la majorité sexuelle à 14 ans

La modification de l’âge légal de la « majorité sexuelle » interviendra peut-être plus rapidement que prévu. Alors que Charles Michel et ses partenaires du fédéral ont promis une « harmonisation de la législation relative à l’âge de la majorité sexuelle » dans leur accord de gouvernement signé en octobre dernier, l’opposition socialiste (SP.A et PS, main dans la main) prend les devants, et vient de déposer une proposition de loi visant à abaisser de 16 à 14 ans l’âge de cette majorité. Avec, déjà, une condition ferme : une relation sexuelle dès 14 ans, évidemment consentie, ne serait plus condamnable qu’à la condition qu’il y ait moins de trois ans d’écart d’âge entre les partenaires. Pas question, par exemple, de tolérer une relation entre un mineur de 14 ans et une majeure de 18 ans.

Le sujet divise les spécialistes

La proposition peut-elle passer en l’état la rampe parlementaire ? Sans doute pas. Interrogé par nos confrères du Standaard, le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) botte en touche. Il renvoie à une modification « plus large » du code pénal, qui doit intervenir dans les prochains mois.

C’est que la question fait débat. Et n’est pas dénuée de complexité. Quid de l’autorité parentale sur les projets amoureux et sexuels de leurs enfants ? L’âge de la maturité sexuelle, qui permet de consentir librement, n’intervient-il pas à un moment propre à chaque enfant ? Jusqu’où croire ces études qui assurent que l’âge des premiers rapports ne cesse de baisser au fil des générations ? Et que peut-on qualifier aujourd’hui de relation sexuelle ?

La clarté fait encore défaut. Et le sujet divise jusqu’aux spécialistes ; preuve en est que les délégués aux droits de l’enfant du Nord et du Sud du pays sont par exemple divisés sur la question, le premier étant plus ouvert que le second à un abaissement de cet âge de la majorité sexuelle.

Pour les députés SP.A Karin Jiroflée et PS Karine Lalieux, il faut en tout cas combattre « l’hypocrisie conservatrice » en la matière. Et coller à la réalité qui indique que l’âge de la puberté diminue de deux à trois mois par décennie, et que l’âge du premier rapport tournerait aujourd’hui autour de 15 ans et demi. «  Il s’agit ici de décriminaliser des relations sexuelles consenties entre mineurs égaux , assurent-elles. D’effacer les zones juridiques grises qui entourent ces relations, et par là obtenir également de meilleures garanties contre les abus. »

Sauf à ce que le gouvernement reprenne la main en déposant rapidement son projet de loi, le débat s’ouvrira donc au Parlement. Il promet d’être tendu.

Faut-il abaisser l'âge de la majorité sexuelle à 14 ans? Votre avis dans notre sondage.

Cliquez ici pour participer sur mobile.