En 2100, la Flandre envisage de sacrifier la moitié de la côte (carte interactive)

D’ici 2100, le niveau de la mer du Nord pourrait monter de plus d’un mètre en raison du changement climatique. Des choix drastiques devront être pris pour protéger l’environnement. Sacrifier les communes à l’ouest d’Ostende et laisser l’eau les envahir, est l’une des options, lit-on vendredi dans De Standaard et Het Nieuwsblad.

Les habitants de Nieuwpoort et La Panne pourraient être contraints de chercher de nouvelles habitations d’ici la fin du siècle. Pour les habitants de Knokke ou d’Ostende, par contre, aucune crainte à avoir. C’est ce qui ressort de l’étude « Metropolitaan Kustlandschap 2100 » menée par les autorités flamandes.

Le but de cette étude est d’envisager ce qui pourrait se produire à la Côte et de prendre les mesures pour contrer la montée des eaux. La possibilité d’inonder La Panne, Coxyde, Furnes, Nieuwpoort et Middelkerke est l’un des quatre scénarios.

Un scénario « bipôle » extrême

Joachim Declerck, architecte et l’un des auteurs de l’étude, souligne que l’inondation de villes à l’ouest d’Ostende est le scénario le plus extrême, rapporte De Standaard. Dans ce cas précis, l’autoroute E40 reliant Ostende à la frontière française ferait office de nouvelle digue. L’objectif de ce scénario est de laisser la nature reprendre ses droits sur toute la partie occidentale de la côte (à l’ouest d’Ostende) et de permettre un développement économique important pour la partie occidentale, Ostende jouant dès lors un rôle crucial. La nouvelle digue, créée 10 kilomètres à l’arrière de celle actuelle, permettrait d’agrandir la zone d’exploitation du port d’Ostende.

Cette volonté de découpe du paysage côtier en deux régions spécifiques n’est évidemment pas anodine. La région Ostende-Bruges-Knokke est considérée comme une vraie région municipale, alors que la partie occidentale de la côte est la région de Flandre la moins urbanisée. « En investissant dans ce petit réseau citadin, nous pouvons mieux animer les petites villes. Cela permet de créer une région prospère, comparable à la relation entre Rotterdam et Den Haag, aux Pays-Bas », poursuit Joachim Declerck.

« Dans d’autres possibilités, les villes de Nieuwpoort et La Panne sont épargnées et des digues et murs renforcent leur résistance à la montée des eaux », ajoute l’architecte flamand.

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