Patrick Lefevere: «Je ne me voyais pas faire carrière dans le vélo»

Le 9 avril 1995, le regretté Franco Ballerini, qui avait levé les bras trop tôt deux ans auparavant devant Gilbert Duclos-Lassalle, remportait Paris-Roubaix. Et l’Enfer du Nord se découvrait un gourou en la personne d’un jeune directeur sportif, Patrick Lefevere. Vingt ans plus tard, à la tête de ses différentes équipes, Lefevere, aujourd’hui manager d’Etixx-Quick Step, a remporté la classique pavée à… 12 reprises en 20 éditions. Itinéraire d’un petit coureur sans palmarès devenu l’un des hommes les plus puissants du cyclisme mondial.

Quand on parle de vous, on dit souvent le « Mourinho du cyclisme », ce qui inclut l’idée de diriger l’un des plus beaux effectifs du monde mais aussi celui de n’avoir pas été un grand coureur…

Non, j’étais même un tout petit coureur (rires). J’ai pris mon temps pour arriver là. En réalité, quand j’ai arrêté de courir, je n’avais pas du tout dans la tête de rester dans le milieu du cyclisme. J’avais à peine 24 ans et, sachant que j’avais fait des études de comptabilité, le patron de mon équipe, Marc Zeepcentrale-Superia, m’a dit : « Ecoute, notre directeur sportif ne maîtrise pas du tout l’aspect financier et je ne sais pas où va mon argent. Veux-tu devenir son adjoint tout en tenant les comptes ? » Après quelques mois, il m’a demandé de devenir directeur sportif principal ! A 25 ans, je me suis retrouvé face à des coureurs comme Van Springel, Van Impe, Bruyère, Sercu, qui étaient tous plus âgés que moi. Première course, Joseph Bruyère gagne le Volk, et c’était parti. On a ensuite gagné deux belles étapes au Tour de France mais aucun de nos coureurs n’avait été sélectionné pour les championnats du monde. Furieux, notre sponsor s’est retiré. Je me suis retrouvé à la rue. En septembre, dans la même nuit, j’ai vécu deux émotions incroyables à quatre heures d’intervalle : mon père est mort à 4h, mon fils est né à 8h. Durant cette semaine où j’ai pris du recul, Walter Godefroot m’a appelé pour me demander de le rejoindre chez Capri-Sonne. Après, il est encore revenu me chercher deux fois pour travailler avec lui chez Lotto puis chez Domex. Il a fini par me dire : « Il est temps pour toi d’être ton propre patron. Si tu reçois une proposition, vas-y. » Il y a eu un épisode rocambolesque avec Roger De Vlaeminck chez Tonton Tapis, un bordel intégral, puis MG est arrivé en 1992, j’ai pris Museeuw, Peeters, Cipollini, et, depuis, finalement, c’est toujours un peu la même structure qui m’a suivi. Je suis tombé dedans, ça dure, tant mieux, mais au départ, je n’avais aucune ambition là-dedans. Au début, je m’amusais dans la société parce qu’il fallait régler les problèmes financiers, honorer les créances. C’est pourquoi j’ai tenu à ce que par la suite, mes équipes soient toujours saines financièrement.

Justement, votre parcours montre bien la dualité de votre métier : finalement, êtes-vous plus un homme d’affaires qui attire les sponsors, un gestionnaire, un manager qui construit une équipe, un stratège qui fait la tactique ?

Tout cela à la fois. Au début, j’étais seulement directeur sportif. Puis Squinzi, le patron de Mapei, m’a demandé de devenir manager général, j’ai commencé à devoir trouver les sponsors, GB, Brico, Latexco. En 2000, j’ai été frappé par une tumeur au pancréas, j’ai été opéré à Louvain. Je suis un miraculé, cinq personnes sur 100 en réchappent. J’avais pensé prendre une année sabbatique mais on a construit l’équipe Domo-Farm Frites. Depuis cette époque, je ne m’assieds plus dans la voiture. Et je peux vous dire que c’est plus difficile de trouver des sponsors que de gagner des courses ! C’est très stressant. Quand on travaille avec 77 personnes, elles veulent évidemment être rassurées sur leur avenir et savoir ce qui se passera dans deux ans. Tout le monde est sous contrat jusque fin 2017 mais 2018, c’est demain et cela se prépare dès aujourd’hui. Jusqu’ici, le miracle s’est toujours produit, j’ai des sponsors très fidèles qui sont récompensés en résultats.

Le cyclisme d’aujourd’hui est outrageusement dominé par le Tour de France. Ne craignez-vous pas qu’à terme, une équipe qui gagne le Tour des Flandres et Paris-Roubaix ne satisfasse plus des sponsors étrangers ?

Milan-San Remo, les Flandres, Roubaix, cela vit encore, même à échelle internationale. Mais c’est vrai que le Tour est capital. Jusqu’ici – je touche du bois – aucun sponsor ne m’a mis de pression démesurée sur le Tour de France. Evidemment, Zdenek Bakala (le propriétaire tchèque de l’équipe Etixx-Quick Steep, NDLR) m’en a déjà parlé. Mais je ne suis pas du genre à faire des promesses pour prolonger mon contrat. Je ne vais pas lui dire : « On va gagner le Tour dans 3 ans. » Il faut me donner les moyens de gagner le Tour. Or, il y a trois ou quatre coureurs capables de gagner le Tour de France. Cela voudrait dire changer au moins la moitié de l’équipe, cela coûte. Mais il faut aussi que les coureurs soient disponibles, ce n’est pas quelque chose qui se construit du jour au lendemain. Si un Nibali devient libre et qu’Astana perd sa licence, c’est une chose, mais un coureur ne suffit pas. Toutefois, je pense qu’on peut miser aujourd’hui sur les deux tableaux : c’est fini, les coureurs qui arrivaient au Tour avec 20 jours de course. Froome et Nibali s’affrontent déjà à Oman puis à Tirreno. Les coureurs ont compris qu’ils ne pouvaient plus se permettre de ne faire que le Tour.

Dopage : « On ne peut jamais être totalement sûr de rien »

Vous dites que les coureurs ont compris qu’on ne peut viser que le Tour. Cela a à voir avec l’assainissement suite aux scandales de dopage (Festina, Armstrong, Landis,…) ?

En partie, oui. Je crois que nombre d’équipes n’ont plus osé investir sur les coureurs de Tours parce qu’elles voyaient bien qu’il y avait quelque chose qui clochait. Si, comme nous avec le Colombien Uran, les équipes osent à nouveau miser sur ce type de coureur, c’est que les choses sont devenues plus saines. Pour vous dire la vérité, j’avais peur. On mise tout sur un leader et, s’il chute le deuxième jour, tout est fini pour l’équipe. Ou alors, il triche et, même si vous n’étiez pas au courant, vous êtes entraînés par le scandale et vos sponsors vous lâchent.

A un moment donné, est-ce que vous avez été découragé par tout cela, vous vous êtes dit que le cyclisme pouvait mourir ?

Je suis un optimiste de nature. La pire erreur que j’aie faite a été de prendre en 2007 la présidence de l’AIGCP (Association des équipes professionnelles). J’ai cru qu’on pouvait s’entendre tous ensemble pour mettre au point une charte, un accord entre gentlemen mais, pour cela, il fallait des gentlemen autour de la table. Tout le monde joue un peu sa carte. Je voulais qu’un coureur positif paie 2 ans de salaire et soit suspendu 4 ans dont 2 en WorldTour. Je voulais aussi que les équipes pros s’engagent à ne pas enrôler de coureurs mouillés dans une affaire. Là, les ennuis ont commencé. J’ai préféré démissionner.

Vos équipes n’ont jamais subi de tels scandales (à part des articles d’un journal flamand qui a été condamné en justice)…

Depuis 1998, on n’a cessé de me demander si un système comme il en existait chez Festina était possible chez moi, j’ai toujours répondu : « Non ! » Mais en ajoutant toujours : « Mais je ne pourrai jamais exclure qu’il y a un tricheur à titre individuel. » Quand on travaille avec 77 personnes, on ne peut jamais être totalement sûr que l’on est à l’abri. Même avec le passeport biologique, même avec les examens que nous pratiquons. Je l’ai dit à mes coureurs à la fin de la saison dernière : « On a gagné 66 courses cette saison, on a des supers sponsors, on n’a pas besoin de dopage. Je peux comprendre que si l’un d’entre vous a 28 ans, est en fin de contrat, que rien ne va plus, qu’il a deux enfants, un crédit à payer, il pense à tricher, c’est humain. Je peux le comprendre mais je ne peux l’accepter. Celui qui le fait peut commencer à vendre tout ce qu’il a, chaque brique de sa maison, pour me dédommager. »

Pourquoi cette équipe est la seule ou presque qui est passée entre les gouttes ?

Parce que j’ai eu la chance d’être entouré par des gens intelligents. Dans les années 80-90, il y avait des soigneurs qui jouaient au médecin. J’ai toujours dit que si je prenais un soigneur à faire une piqûre ou donner un produit à un coureur, il serait viré. Aujourd’hui, on a 4 médecins qui savent très bien où est la ligne blanche. Naturellement, quand on voit les exploits des autres que l’on sait moins forts, c’est parfois frustrant. C’est ce qui est arrivé avec Ferrari et Fuentes. Les coureurs parlent entre eux et cela peut être dangereux. Un jour, un coureur m’a demandé s’il pouvait aller voir Ferrari. Je lui ai répondu : « Oui. L’année prochaine, quand tu n’es plus sous contrat chez moi. » Et on a effectivement mis fin à son contrat.

Le cyclisme est assaini ?

« Radio Peloton » parle beaucoup mais, dans l’ensemble, il faut bien dire qu’on ne voit quasi plus ces coureurs qui étaient capables de quatre accélérations dans la même côte. Avant, quand on attaquait à la Redoute, cela décidait de la course. Aujourd’hui, il reste 7 côtes derrière et les coureurs attendent, attendent. Les courses devraient sans doute être moins dures. Quand Merckx gagnait, il y avait 9 côtes à Liège-Bastogne-Liège. Aujourd’hui, je crois que le cyclisme est plus propre mais j’ai toujours peur d’être démenti après quand je dis ça.

« Plus le stress monte, plus je suis zen »

Le cyclisme dépend encore énormément du mécénat, il ne fonctionne pas comme les « grands sports » (football ou sports US). Quelle solution ?

Je pense qu’il n’y a qu’un moyen : c’est de le faire tous ensemble. Il y a un groupe qui mange beaucoup, ASO (Tour de France, NDLR), l’UCI qui en profite aussi. Il devrait y avoir une ligue professionnelle avec un PDG payé par les équipes, qui cherche les courses les plus intéressantes pour tout le monde et essaie de rendre ce sport plus attractif. La F1 va courir où l’argent est. On va aussi au Qatar, à Dubaï, à Oman, en Australie, en Argentine. Mais l’argent va toujours aux organisateurs et pas aux coureurs.

Oui, mais l’identité du cyclisme, c’est aussi ces courses de terroir, comme en Flandre…

Oui, mais dans l’esprit des jeunes, est-ce qu’un Tour de France de 22 jours, cela a du sens ? Est-ce que, pour eux, une semi-classique centenaire c’est un critère ? On critique beaucoup le nouveau parcours du Tour des Flandres mais pas moi. Avec l’ancien parcours, on risquait la catastrophe, à force de voir les gens courir d’un point à l’autre. Ici, tout est plus calme, les gens s’installent à un endroit où ils voient passer les coureurs plusieurs fois. A part les spécialistes, les gens ne se rendent pas compte qu’on passe plusieurs fois au même endroit .

Vous êtes un miraculé après votre tumeur au pancréas mais vous avez vécu des drames dans le métier aussi. L’accident qui a failli coûter sa jambe à Museeuw en 1998 dans la forêt d’Arenberg…

Il a failli mourir, oui, sa jambe était frappée par la gangrène. Mais je pense aussi à la mort de Wouter Weylandt (en 2011 au Tour d’Italie, NDLR). Il était avec moi depuis qu’il avait 17 ans. Il venait de partir dans une autre équipe, Leopard-Trek, et j’étais dans mon bureau avec son manager venu discuter pour un autre coureur quand j’ai reçu un message me disant : « Regarde le Giro ! C’est Wouter. » A ce moment, les commentateurs de la VRT ne l’avaient pas encore reconnu. C’était horrible. L’an passé, Stybar a chuté violemment dans l’Eneco Tour. Son visage était totalement ensanglanté, il a perdu des dents. Je n’ai jamais vu une atmosphère aussi triste dans l’équipe, j’ai même eu peur que Boonen décide d’arrêter sa carrière ce soir-là. Mais, dans ces moments-là, j’ai une capacité à rester calme et zen. Je l’ai envoyé à l’hôpital de Roulers alors qu’on voulait le transporter ailleurs. Il a été opéré durant 3 heures. Je m’étais battu pour avoir les bonnes personnes aux bons endroits. Récemment, j’ai un ami qui a été empoisonné par des cambrioleurs à Gran Canaria. La famille a paniqué. J’ai gardé mon calme pour appeler le consulat. En 2000, quand on m’a dit que j’avais une tumeur au pancréas, je n’ai jamais paniqué.

On dit aussi que Frank Vandenbroucke ne serait pas mort s’il n’avait pas quitté votre équipe.

C’est trop facile. Lui a dit dans un livre que cela lui aurait évité cette descente aux enfers. Il avait plus peur de moi que de beaucoup de gens et donc je le canalisais mieux. Cela reste un gâchis énorme mais je me demande si c’était évitable, comme si c’était écrit. Cela ne s’est pas fait en un jour.

Qui est votre plus grand champion ? Museeuw ou Boonen ?

C’est très difficile car ils ne sont pas de la même génération, les courses changent, les coureurs changent. Si je compare tous les critères, je mets Tom Boonen un peu au-dessus. Il a gagné plus d’étapes au Tour de France, le maillot vert. Sur les classiques, le championnat du monde, il y a match évidemment (quatre Roubaix et trois Flandres pour Boonen, trois de chaque pour Museeuw, un titre mondial pour chacun). Johan a été sprinteur puis s’est spécialisé sur les classiques tandis que Tom a pu gagner jusqu’à 20 courses par an. On ne comprend pas vraiment ici la valeur de Boonen. On a été gâté en Belgique. On oublie que le cyclisme s’est internationalisé et qu’avoir des coureurs qui gagnent autant de grandes épreuves, c’est exceptionnel. On le comprendra mieux quand il ne sera plus là.

Paris-Roubaix : « Ce jour-là, il faut se sentir invincible »

En 1995, Ballerini gagne sur le vélodrome de Roubaix, Museeuw est troisième. Depuis, quel que soit le nom de l’équipe, plus d’une victoire sur deux porte la patte de Lefevere : Museeuw (1996, 2000, 2002), Ballerini (1998), Tafi (1999), Knaven (2001), Boonen (2005, 2008, 2009, 2012) et Terpstra (2014). Sans parler des triplés sur le podium, celui de 1996 avec la fameuse arrivée à trois (Museeuw, Bortolami, Tafi) mais aussi ceux de 1998 (Ballerini, Tafi, Peeters), 1999 (Tafi, Peeters, Steels), 2001 (Knaven, Museeuw, Vainsteins).

L’extraordinaire arrivée groupée de 1996 vous a valu à l’époque une image d’arrogance. Aujourd’hui, on dit « Quel beau coup tactique »…

La perception a peut-être évolué. Il y a eu un malentendu à l’époque. On a cru que c’était Giorgio Squinzi, le patron de Mapei, qui avait décidé de l’ordre d’arrivée. Mais ce n’était pas vrai. Squinzi avait l’habitude de me téléphoner le matin des courses. Ce jour-là, il m’a appelé deux fois. Nous avions prévu de durcir la course pour faire la sélection mais je ne m’imaginais pas de quelle sélection il s’agirait puisque trois de nos coureurs, Museeuw, Bortolami et Tafi, se sont retrouvés devant. Ce jour-là, c’était son anniversaire de mariage et quand il a vu cela, il m’a dit que son plus beau cadeau serait qu’ils arrivent à trois sur l’anneau roubaisien. Moi, j’ai établi la hiérarchie parce que j’estimais que Johan Museeuw était le meilleur et devait l’emporter, les deux Italiens se chamaillaient pour la deuxième place. Je regrette encore toujours de ne pas avoir pu entrer avec la voiture sur la piste. Les autres triplés n’ont pas la même saveur parce que les coureurs arrivaient en ordre dispersé. Je pense que cette arrivée est le plus beau coup de ma carrière.

Même si le vainqueur, Knaven, est moins prestigieux, l’édition 2001 reste mémorable aussi.

J’avais eu cette tumeur au pancréas quelques mois avant et cette nouvelle équipe Domo-Farm Frites n’avait rien gagné depuis le début de la saison. Je suis donc allé le matin dans le bus demander aux coureurs de faire quelque chose pour moi. Je me suis ensuite rendu à l’arrivée à Roubaix parce que j’allais commenter la course avec Rodrigo Beenkens et, en chemin, je vois que les premiers pavés sont mouillés. J’appelle Marc Sergeant et je lui dis : « Premier pavé, toute l’équipe devant ; ça va péter ». Ils sont tous passés, il y avait plein de chutes. On a fait le triplé (4 sur 5 même), c’était superbe. L’idéal aurait été que le champion du monde, Vainsteins, gagne, mais bon moi du moment que le vainqueur porte mon maillot !

Vous avez un secret pour maîtriser cette course à ce point ? Il suffit de créer le surnombre dans le final ?

Non. Quand on regarde notre équipe, on voit d’abord qu’il y a de grands gabarits qui aiment les pavés, à l’image de Boonen. Et puis, avec le temps, il y a une émulation, une atmosphère tournée vers cette Semaine sainte Flandres-Roubaix qui fait que, ces jours-là, on ne veut pas être le moins bon de son équipe. Tout le monde sait que c’est là qu’il faut être. L’an passé, nous avons gagné à Roubaix avec Terpstra et, le soir, on a fait une fête. Toute la soirée, Iljo Keisse est resté dans son coin. Il était triste parce qu’il n’avait pas été bon. Il y a un esprit Paris-Roubaix. Ce jour-là, il faut se sentir invincible. La stratégie est toujours anticipée, il faut toujours quelqu’un de l’équipe devant dans l’échappée, mais il n’y a pas de scénario immuable.

Et pour dimanche ? Sans Cancellara ni Boonen, vous croyez en Wiggins ?

Ce serait beau de le voir dans l’échappée même si je ne l’aimais pas trop à ses débuts, je le trouvais paresseux par rapport à ses capacités. Ce serait bien mais à condition qu’à l’arrivée il soit battu par un de mes coureurs ! Stybar est plus rapide que Terpstra. Vandenbergh et Trentin sont aussi en forme chez moi. C’est clair que l’absence conjuguée de Boonen et Cancellara va créer des opportunités pour les autres. Depuis 10 ans, ils n’ont laissé que des miettes aux autres. Mais, finalement, ils ne se sont plus affrontés depuis longtemps. Quand Tom fait le doublé Ronde-Roubaix en 2012, Cancellara était blessé. Quand Cancellara fait le doublé en 2013, Boonen était blessé.