La bruxelloise Imagilys, spécialisée en imagerie du cerveau, signe un contrat prometteur avec le géant mondial Parexel

Pour son 10e anniversaire, la petite société bruxelloise Imagilys (5 personnes) a été choisie par le leader américain des tests cliniques (15.000 personnes dans le monde), au nez et à la barbe de concurrents bien plus gros.

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Après un début de carrière comme ingénieur biomédical aux Cliniques universitaires Saint-Luc, Laurent Hermoye fonde Imagilys il y a 10 ans, sur le secteur à haut potentiel de l’imagerie du cerveau. Son logiciel BrainMagix, permet de visualiser et de quantifier les images issues des techniques les plus pointues d’imagerie par résonance magnétique (IRM).

Ce type de logiciel est utilisé lors de la longue phase d’essai clinique pour valider les effets d’un traitement. Dans le cas de la maladie d’Alzheimer par exemple, des biomarqueurs aident à mesurer si des parties essentielles du cerveau comme l’hippocampe s’atrophient ou non au cours du traitement. L’enjeu pour l’industrie pharmaceutique est de pouvoir accélérer le développement de traitements dont les tests cliniques peuvent parfois durer jusqu’à 10 ans.

La plupart des firmes pharmaceutiques sous-traitent ces essais à des « contract research organizations » (CRO), qui se chargent notamment de tout le volet de tests cliniques. C’est avec un leader de ce marché, l’américaine Parexel, que la petite société bruxelloise vient de signer un contrat portant sur deux nouveaux modules du logiciel BrainMagix, pour la sclérose en plaques et pour la maladie d’Alzheimer. « Parexel nous a choisis au terme d’un appel d’offres et de négociations qui ont pris quasi 2 ans », explique Laurent Hermoye, pas peu fier d’avoir pu l’emporter face à des concurrents beaucoup plus gros comme la française Olea Medical ou la norvégienne Nordic Neurolab. Basée à Marseille, Olea Medical emploie par exemple plus de 30 personnes et génère un chiffre d’affaires supérieur au million d’euros. « Notre directeur technologique, l’ingénieur polonais Wojciech Gradkowski, mais aussi nos partenaires, Bruce Fischl, Professeur à l’Université d’Harvard, et Nick Schmansky, directeur général de la spin-off américaine CorticoMetrics, ont été des soutiens majeurs dans le développement des nouveaux modules de BrainMagix, dédiés à la sclérose en plaque et à la maladie d’Alzheimer ».

Le montant du contrat n’est pas communiqué. Combinaison d’un montant fixe et de revenus futurs récurrents, on peut toutefois dire qu’il excède (largement) le chiffre d’affaires annuel actuel d’Imagilys, autour de 200.000 euros. « Ce contrat est très important car il nous ouvre les portes du marché des tests cliniques et le marché américain. Le plus incroyable, c’est qu’au départ, c’est Parexel qui a pris contact avec nous, via notre site web, » poursuit Laurent Hermoye.

L’entreprise bruxelloise, membre du cluster Lifetech.brussels, va engager « mais progressivement ». Un ingénieur d’applications (qui accompagne la mise en place du logiciel chez le client), un développeur informatique et un renfort administratif sont recherchés. Mais Laurent Hermoye veut rester fidèle à une stratégie de développement très prudente, avec une volonté d’indépendance : « Nous n’avons jamais voulu lever des fonds auprès d’investisseurs privés, ce qui explique qu’après 10 ans je suis toujours l’actionnaire majoritaire. » L’entreprise a en tout et pour tout « brûlé » 80.000 euros de capital jusqu’à présent, une broutille dans ce secteur hautement compétitif où les start-up ont l’habitude de lever des millions. « Nous préférons grandir par autofinancement,» lance fièrement Laurent Hermoye.

 

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