Croissance hors norme pour le co-working

Vous êtes travailleur indépendant habitué à accomplir votre besogne à la maison. Ou à la tête d’une très petite entreprise. Vous pourriez certes louer vos propres bureaux. Ou continuer à travailler chez vous. Mais aujourd’hui existe l’option du co-working. Et vu le vrai boom qu’a connu le secteur ces trois dernières années, il semble que le concept du « travail en communauté » en séduise plus d’un. Pourquoi ? Pas seulement pour son prix avantageux.

1 Une pratique en plein boom. En Belgique, 40 espaces de co-working existent. Il y a 5 ans, ils n’étaient encore que 2 acteurs à proposer la pratique. « Le marché du travail évolue énormément. Le co-working répond à ces changements structurels. Le nombre d’indépendants est en augmentation. Les gens veulent donner du sens à ce qu’ils font ou tout simplement ne trouvent pas d’emploi dans leur domaine, ils décident donc de créer leur chance », explique Ramon Suarez, à la tête du premier espace de co-working en Belgique, le Betacowork, qui compte plus de 200 membres. Si des statistiques similaires n’existent pas chez nous, aux Etats-Unis, on prévoit d’ici 2018-2020 que 40 % de la population active soient des travailleurs indépendants. Or, la principale démotivation de gens qui ne travaillent pas en société, c’est la solitude. « Le pire, c’est le sentiment d’isolement après quelques mois de travail à la maison. Il y a aussi toute la question de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle », constate Jean-Yves Huart, à la tête d’un espace de co-working bruxellois, Transforma, et d’un autre namurois, Coworking Namur. Résultat chez nous comme ailleurs, des bureaux où l’on travaille en communauté se développent de plus en plus. La croissance du secteur est exponentielle : on comptait 600 espaces dans le monde en 2010. A la fin 2014, selon Deskmag, spécialiste de la pratique, 5.780 espaces de co-working étaient ouverts. Soit une croissance de 90 % en 3 ans. D’ici à 2018, 37.000 centres devraient coexister.

2 Une pratique flexible. « Le gros avantage d’une infrastructure mutualisée, c’est la flexibilité. Avec le co-working, vous oubliez un engagement de trois ans minimum et une garantie locative lourde à porter. Mais surtout, si vous êtes commercial et que vous utilisez votre bureau 40 % de votre temps de travail, vous ne gaspillez l’argent des 60 % restants » , précise encore Jean-Yves Huart. La plupart des centres proposent donc un temps d’occupation flexible. En moyenne, en Belgique, vous pouvez louer un bureau dans un espace de co-working urbain pour 20 à 40 euros à la journée, pour un quart-temps le prix oscillera entre 80 et 100 euros, tandis qu’un mois d’occupation vous coûtera entre 150 et 290 euros. Tout compris, la tasse de café aussi. « Le but est de créer un espace disponible à la carte. Je paie en fonction de ce que je consomme », poursuit encore Jean-Yves Huart. Les espaces de co-working sont dans la plupart des cas de figure des bâtiments urbains bien situés, rénovés et équipés de matériel professionnel. On peut donc les comparer à des immeubles de bureau de catégorie A, dont actuellement le prix de location au mètre carré se situe dans les grandes villes belges entre 145 et 285 euros. Prix auquel il faudra ajouter charges et taxes communales. Sachant que l’espace moyen dédié à chaque co-worker est d’environ 16 m², le calcul est rapidement fait.

3 Une pratique diversifiée. Preuve que la discipline est neuve et en pleine expansion, la diversité dans les espaces dédiés (orientés high-tech, comm’…). Lauranne Lahaye et deux amis, tous trois indépendants, cherchaient un endroit où travailler en communauté. Mais ne trouvaient que des structures parfois trop chères, parfois trop tournées vers le digital, parfois trop masculines… Ils ont donc ouvert The Mug à Schaerbeek, un petit espace de co-working, où depuis un an environ 10 personnes se rendent chaque jour. « On pensait que la finalité serait uniquement de ne pas être seul, mais en fait des collaborations se créent constamment entre les gens présents », explique-t-elle. Car si les espaces ne se ressemblent pas, tous les acteurs sont d’accord sur le fait que la vraie plus-value d’un lieu de co-working tient dans les synergies professionnelles qui se créent entre les individus qui s’y côtoient.

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