Les pauvres sont surreprésentés dans l’enseignement spécialisé

Les enfants issus de milieux défavorisés sont trop rapidement orientés vers ce type d’enseignement.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 2 min

On le pressentait. Et certaines statistiques l’avaient déjà suggéré. Mais l’étude que vient de réaliser le (tout nouveau) Observatoire belge des inégalités est accablante, presque… spectaculaire.

L’enseignement spécialisé accueille des enfants souffrant d’un handicap, de déficiences auditives ou visuelles, de troubles comportementaux ou de troubles de l’apprentissage (dyslexie, dyscalculie, dysorthographie, etc.). Ils sont un peu plus de 35.000 à être scolarisés dans ces écoles primaires ou secondaires.

Plus de 5 %

La géographe Alice Romainville (ULB), membre de cet Observatoire, a épluché les statistiques relatives à cet enseignement afin d’identifier l’origine sociale des élèves – en Communauté française, chaque enfant est distingué par un indice socio-économique, établi selon le type du quartier où il vit.

D’une façon générale, sur cent enfants du « décile 1 » (les enfants les plus défavorisés), 5,62 % sont scolarisés dans le spécial. Sur cent enfants du « décile 10 » (les enfants les plus favorisés), la part tombe à… 1,53 %.

Le plus troublant, c’est que la surreprésentation des enfants d’origines défavorisées se vérifie dans chacun des 8 « types » qui structurent l’enseignement spécialisé (type 1 : retard mental léger, type 2 ; retard mental plus lourd, etc.) Ainsi, cette surreprésentation s’observe aussi chez les déficients visuels ou auditifs.

Etonnant puisque ces troubles (comme tous ceux dont s’occupe le spécialisé d’ailleurs…) ne semblent pas pouvoir s’expliquer par l’environnement social de l’élève.

>>> Voici les chiffres de l’envoi dans l’enseignement spécial

Le système en cause

Comme le relève l’Observatoire des inégalités, c’est le système qui est en cause – il met notamment en cause l’orientation trop précoce des enfants et le fait que cette orientation est fondée sur des tests (sondant notamment le quotient intellectuel) qui favorisent les enfants de condition sociale élevée, sans réellement sonder la « machinerie cognitive ».

Interpellée, Joëlle Milquet, ministre de l’Education, prépare une note d’orientation sur le spécialisé. Il s’agira notamment d’intégrer/maintenir davantage les élèves en difficulté dans l’enseignement ordinaire.

A lire dans notre sélection abonnés: les pauvres, injustement éjectés de l'école ordinaire

 

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