Figibox, ou comment j’ai raté le lancement de mon appli

Lancée en septembre dernier sur iPhone, l’appli mobile bruxelloise de « chasse aux messages » Figibox n’a jamais décollé. Son fondateur tire les leçons.

Temps de lecture: 3 min

Combien d’applis mobiles tombées dans l’oubli pour une réussite durable ? Huit mois après son lancement, l’appli mobile bruxelloise Figibox, à mi-chemin entre l’appli de messagerie et le geocaching, rejoint les rangs serrés des applis restées en rade.

Son fondateur Mathieu France, via sa société Hotmobile, continue de maintenir l’appli mais a décidé de refermer ce chapitre qui l’occupait intensément depuis au moins un an. « L’appli est utilisée à petite échelle par des personnes pour envoyer des messages de façon originale et ludique à leurs proches, mais l’effet viral que nous attendions n’est jamais venu. » Figibox espérait convaincre 10.000 utilisateurs en Europe en quelques mois.

On en est très loin.

Et face au constat d’échec, Mathieu France, qui n’en est pas à sa première entreprise, planche déjà sur un nouveau concept « dont il est trop tôt pour parler mais qui sera toujours axé sur la géolocalisation. » Contrairement à Figibox, il n’agira plus seul mais en tandem avec un associé. « Je retire énormément de leçons de Figibox : la première, c’est qu’il est illusoire de viser rapidement un public national voire international avec une appli basée sur la géolocalisation. Il vaut mieux d’abord construire une communauté locale, à l’échelle d’un quartier même, et faire ses preuves localement. » Ratisser trop large coûte vite très cher et ne permet pas de valider sérieusement un ‘proof of concept’. L’adage ‘penser globalement mais agir localement,’ semble de mise aussi dans le secteur hypercompétitif des applis mobiles.

150.000 euros investis

Sa deuxième grande leçon tient en un mot : simplicité ! « Figibox disposait de trop fonctionnalités et était dès lors trop compliquée. Désormais, nous développerons quelque chose de très simple au départ, quitte à l’étoffer plus tard mais en se basant sur les feedback des utilisateurs. »

Mathieu France avait quand même investi quelque 150.000 euros sur fonds propres dans l’aventure. Quelques contrats avec des développeurs indépendants ont été résiliés. Des contacts avaient été pris avec des investisseurs, essentiellement belges, mais ils n’ont jamais abouti. « Je ne peux pas leur en vouloir. Ils voulaient des chiffres, des premiers résultats probants. C’est normal, c’est la vieille histoire de la poule et de l’œuf. Avec mon nouvel associé, nous avons désormais environ 30.000 euros pour notre nouveau projet. Cela nous force à aller à l’essentiel, » affirme Mathieu France, visiblement philosophe. « Et si des investisseurs devaient un jour nous suivre dans ce projet, on pourra toujours leur démontrer à quel point il est ‘économe en moyens’ (‘lean’ dans le jargon) par rapport au précédent. »

 

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