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La compagnie Brussels Airlines court-circuite un recours de Charleroi Airport

L’aéroport de Charleroi a introduit un recours contre l’Europe qui lui impose de payer une redevance annuelle plus lourde. Brussels Airlines s’immisce dans le dossier.

Journaliste au service Economie

Par Eric Renette

Temps de lecture: 4 min

Après la guerre des aéroports, la guerre aérienne « national » contre « régional » ? Dans différents épisodes et sous diverses formes, l’aéroport « national » de Bruxelles et celui de Charleroi s’opposent depuis des années. Brussels Airport estime que ses concurrents de Liège et Charleroi ont obtenu trop de soutiens de la Région wallonne. Cette fois, c’est Brussels Airlines, la compagnie aérienne belge de référence, qui entre dans la danse contre l’aéroport carolo. Pour la petite histoire, on rappellera que la Région wallonne est un petit actionnaire de la compagnie « nationale » à travers la SRIW…

Le 3 avril dernier, Brussels Airlines, implantée à Brussels Airport, a introduit auprès du tribunal de l’Union européenne une « demande d’intervention » dans l’affaire qui oppose la Commission à l’aéroport de Charleroi. L’affaire ? C’est le recours que l’aéroport carolo a introduit contre une décision de la Commission tranchant après des années sur les aides octroyées par la Wallonie à ses aéroports, formant des conditions favorables, notamment, au déploiement de Ryanair. En gros, l’Europe estime que l’ensemble des investissements consentis par la Région pour l’aéroport de Charleroi (plus de 200 millions) devraient être loués plus chers à la société gestionnaire de l’aéroport (BSCA).

Sauf que le mode de calcul imposé par la Commission fait passer la redevance annuelle de l’aéroport de 3,5 millions d’euros par an à 14 millions, l’équivalent des bénéfices. En recours, l’aéroport carolo et la Sowaer (Société wallonne qui détient la propriété immobilière des aéroports) ne contestent pas tant le principe de la décision européenne mais bien un mode de calcul, qu’ils estiment exagéré. Comme le ministre wallon en charge des aéroports, Carlo Di Antonio, le soutenait aussi dans Le Soir de jeudi. C’est le sens du recours introduit en octobre 2014. Auquel Brussels Airlines vient donc de lancer une requête en intervention.

Charleroi « surpris et déçu »

La compagnie aérienne explique avoir déjà participé au dossier initial « à charge » de Brussels South Charleroi Airport (BSCA) ayant dit à l’Europe « comment les mesures d’aides accordées par la Région wallonne à BSCA ont réduit les frais de gestion de l’aéroport de Charleroi et ont ainsi permis à BSCA d’offrir des redevances aéronautiques moins élevées aux compagnies aériennes actives sur l’aéroport de Charleroi ». Et de préciser que la décision de la Commission « permet de remédier à une situation d’entrave à la concurrence qui affecte directement Brussels Airlines. Si BSCA devait obtenir l’annulation partielle de la décision, une telle décision aurait des conséquences directes sur la situation de concurrence de Brussels Airlines ». La compagnie justifie donc son intervention par sa volonté de s’assurer que le recours de Charleroi ne soit pas entendu. Indirectement, donc, que le « loyer » dorénavant payé par BSCA pour bénéficier des infrastructures carolos reste bien à plus de 14 millions par an.

Jean-Jacques Cloquet, le patron de l’aéroport carolo, se dit « surpris et déçu de l’intervention de Brussels Airport dans ce débat ». Avant de rappeler que Brussels Airlines « peut venir à Charleroi et bénéficier des mêmes conditions que Ryanair tout comme Ryanair a bénéficié des mêmes conditions pour atterrir à l’aéroport de Zaventem ». Chez Brussel Airlines, on justifie cette intervention dans les débats aéroportuaires par la volonté de soutenir l’Europe dans sa volonté de créer des conditions de fonctionnement équitables entre aéroports, donc assurer une concurrence plus équilibrée pour la compagnie située dans la même zone de chalandise que Charleroi, donc que la compagnie concurrente Ryanair. Sauf que, depuis, celle-ci opère également à partir de Bruxelles, aux mêmes conditions que Brussels Airlines.

À Charleroi, certains parlent d’une forme d’acharnement de la compagnie aérienne, confondant comme cible l’aéroport et la compagnie irlandaise qui y atterrit. On verra si l’Europe considère qu’une compagnie aérienne a un intérêt légitime à atterrir dans des débats et règlements de compte qui opposent les aéroports en Belgique.

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