La place du cœur et de la passion dans l’économie de demain

Mon fils me disait récemment : « Si je me réincarne, ce sera en végétal ou en animal, car l’être humain est la pire espèce ».

Comment sommes-nous arrivés là, que nos propres enfants perdent la foi en l’humain ? Eux qui brillent par nature, spontanément, naturellement ? Selon le proverbe chinois bien connu : « Il vaut mieux aimer ce qu’on fait, plutôt que de détester ne rien faire », probablement à cause du manque d’amour de soi et dans le monde environnant. Notamment dans le travail. Ça y est… le mot est lâché. L’amour. Il n’y a que 11% des gens qui aiment ce qu’ils font. Et 61% des travailleurs ne conseilleraient pas leur employeur pour y travailler. Comment voulons-nous créer un monde heureux et efficace avec de telles données ? Impossible. Et gérer la vingtaine de grands enjeux sociétaux planétaires qui s’annoncent ? Encore moins.

L’amour et le cœur ont-ils une place dans notre économie ? Je le pense, oui. Et à plusieurs niveaux.

1. Le projet d’entreprise :

« L’Affectio sociétatis ». Aimer le projet global de l’entreprise, ses valeurs, son intention de contribution au bien commun, au projet de société – est le plus grand moteur de motivation pour tirer les équipes et autres parties prenantes, y incluant le client, vers l’avant. C’est largement prouvé : l’émotionnel, l’e-motion. Travailler « avec cœur » est la meilleure posture pour soi et pour l’employeur. Toutes les dynamiques d’économies de contribution et d’économie sociale sont basées sur ces principes.

2. L’équipe :

Travailler ensemble plutôt que contre les autres, comme souvent dans les grandes organisations hiérarchisées et politisées, ne s’invente pas. Pire même, le « bon bougre », naïf, serviable et ouvert, travailleur et motivé, passe pour un bêta et termine trop souvent en burn-out. Mettre des règles de gouvernance basées sur la durabilité de la relation, des limites basées sur le respect de chacun, est propice à un fonctionnement durable. Ces principes sont à la base des « sharing economy » et économies de collaboration.

3. Le produit-service :

Chacun de nous a déjà vu un artisan passionné travailler sa matière, ou discuté avec un entrepreneur boosté par son projet. Cela ne ment pas, aimer son activité, son produit, son job, permet d’être plus efficace, plus inventif, plus productif et heureux – même si le travail est ardu. Toutes les dynamiques d’économies positives et d’économie de la fonctionnalité sont basées sur ces évidences.

4. Le contact avec clients et parties prenantes :

Le lien entre l’entreprise et le monde extérieur se fait à travers du lien social. D’humain à humain. Si la personne ne va pas vers l’autre avec respect, bienveillance, ouverture et affect positif, il y a fort à parier que le business en pâtisse. Le contraire est vrai aussi, un contact sincère, ouvert, aimant, est redoutable pour la fidélité, le feedback constructif, la récupération d’informations-clé pour l’avenir. Toutes les dynamiques d’économie de valeur partagée, systémique et biomimétiques sont basées sur cette évidence.

5. La planète :

L’amour de notre mère la terre. Bien au-delà du respect de base, la connexion à la terre, l’ancrage dans la terre natale, l’enracinement qui offre une confiance solide comme les racines de l’arbre. Toutes les dynamiques de développement durable et d’économies vertes et circulaires sont basées sur ce principe.

6. Le soi :

L’amour de soi est en réalité la première étape. J’invite le lecteur à démarrer le travail ici, pour ensuite remonter au niveau 1, étape par étape. S’aimer veut dire se respecter, s’écouter, se soigner, apprendre, s’épanouir, pour amener ses meilleurs talents et excellences au projet, et contribuer à son succès, alors il est évident que les étapes supérieures vont se fluidifier, que vous allez être heureux et épanoui, ouvert aux innovations et au progrès. Les dynamiques de swarm economy et de la connaissance sont construites ci-dessus.

L’amour et la passion sont le pivot de l’être humain. Il est l’ADN central de l’impulsion créatrice de chaque organisation : le cœur. Osons en parler, s’y ouvrir, le cultiver. C’est nettement plus efficace. C’est une clé vers demain. Les organisations conditionnées par la peur ne seront plus dans l’économie de demain. Celles qui ne contribueront pas au bien commun non plus. Les générations Z et Alpha ne l’achèteront plus… Le cœur est aussi l’endroit où s’alchimise, se transforme de défi, le challenge, le problème. On en aura bien besoin, de cette ouverture-là. Car l’intellect et le mental sont limités. C’est scientifiquement prouvé que l’intelligence du cœur ouvre sur plus de solutions que l’intelligence rationnelle. Tous les enseignements spirituels l’enseignent depuis des millénaires. On n’invente rien.

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