Philippe Gilbert: «La pression, j’en ai besoin»

Gilbert pourrait remporter la classique néerlandaise pour la quatrième fois ce dimanche.

Journaliste au service Sports Temps de lecture: 4 min

La quiétude était palpable au château des Thermes de Chaudfontaine, le camp de base habituel de l’équipe BMC. La seule légère effervescence concernait en réalité la présence des joueurs de La Gantoise qui s’offraient un dernier bol d’air en bord de Vesdre avant de prendre le chemin de Sclessin. Rassurés par la victoire de Ben Hermans à la Flèche brabançonne, les hommes de Valério Piva sont prêts, le couteau entre les dents. « J’aligne la meilleure équipe possible au départ d’une course comme l’Amstel, c’est assez rare, souligne le mentor italo-belge. Mais la conclusion reste la même : il faut être le meilleur dans la dernière ascension du Cauberg, après 33 autres montées ! »

Philippe Gilbert, avec trois victoires à l’Amstel, on dira quatre avec votre succès arc-en-ciel, vous êtes ici le patron, l’homme à battre. Cela implique donc beaucoup de pression ?

J’ai besoin de la pression, de la bonne pression, pour prendre le départ d’une grande course, avoir l’adrénaline. Elle est encore plus particulière dans cette classique néerlandaise car les routes sont étroites, il faut être attentif tout le temps, ne s’accorder aucun répit. Les risques sont permanents, la nervosité s’intensifie au fil des kilomètres. C’est exactement ce que j’aime en cyclisme.

Est-ce aussi pour cela que vous possédez, manifestement, la meilleure maîtrise du Cauberg ? Car, bon, vos adversaires devraient avoir compris, vous attaquez pratiquement chaque fois au même endroit ?

C’est sûr que, dans tout ce qui précède l’arrivée, il y a notamment plusieurs côtes successives sur des plateaux, sans protection de la forêt, elles sont donc soumises aux vents, cela peut faire des dégâts. Ensuite, la dernière descente vers Valkenburg est vertigineuse, on l’emprunte à 75 km/h sur un gros développement. On arrive presque à fond dans le dernier virage qui ouvre la porte du Cauberg. Là, on n’a pas le temps de récupérer, de se poser des questions, mais on a déjà dépensé beaucoup d’adrénaline.

Vous autant que les autres ?

Oui. Il faut donc aller encore plus loin dans la souffrance physique et mentale. J’aime le Cauberg parce que cette côte demande un effort court mais très intensif. J’ai conquis beaucoup de mes victoires un peu partout de cette manière.

Vous avez gagné deux fois sur l’ancien parcours au sommet du Cauberg puis deux fois (on y inclut les Mondiaux) sur le nouveau. Quelles sont les différences ?

Par rapport à l’attaque qu’il faut porter dans le Cauberg, cela ne change rien. C’est surtout qu’il faut se débarrasser de finisseurs style Matthews qui peuvent revenir sur la portion plate. Mais le plus grand changement, pour moi, c’est le public. Avant, c’était comme dans un stade de foot, comme à la Flèche wallonne. Ici, les spectateurs sont divisés entre le fait de rester dans la montée ou d’aller à l’arrivée. Il y a donc forcément moins de monde et d’ambiance.

Votre équipe BMC semble prête, elle aussi ; qu’en pensez-vous ?

La victoire à Overijse est tombée à point nommé, mais, d’une manière générale, tout se passe bien dans le groupe. Les équipiers me font confiance et cela me rend donc plus relax. Quand les mecs savent qu’on part pour gagner, c’est toujours un atout.

L’Amstel est sans doute la moins prestigieuse des trois classiques ardennaises, mais, tant qu’à faire, un succès vous ferait du bien ?

Je préfère gagner Liège si on me laisse le choix, mais les deux, c’est bien aussi. Oui, j’aimerais décrocher un bouquet, c’est sûr, d’autant que si on gagne l’Amstel ou qu’on est en en tout cas sur le podium, c’est la garantie d’être là aussi dans les deux suivantes. Surtout à Liège.

Pas à la Flèche ?

Disons que là, chaque fois, j’ai un problème de concentration. C’est curieux, mais je ne parviens pas à m’imprégner du parcours de la même façon. L’adrénaline arrive en revanche à la fin, au bon moment !

A Liège où les modifications sur le parcours doivent vous plaire, avec le retour du Rosier, celui du Maquisard…

Je m’aperçois que les organisateurs ont compris qu’ils avaient commis une erreur magistrale en 2014, ils la corrigent, nous sommes donc encore écoutés, c’est bien !

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