Liège: la passerelle Boverie réalisée à Ocquier

Après le pont du Trilogiport et celui de Cheratte, les ateliers Poncin assemblent la passerelle de la Boverie. La pose, spectaculaire, est prévue pour le dernier week-end de juillet.

Temps de lecture: 3 min

On ne connaît pas encore son nom – certains ont proposé Teroigne de Méricourt – mais l’on peut déjà admirer sa courbure en gestation dans les ateliers Poncin à Ocquier, dans le Condroz. Une entreprise industrielle en milieu rural que l’on découvre « derrière les fougères », dixit l’ancien syndicaliste Louis Smal, qui a amené le ministre wallon des travaux publics sur le site.

A Ocquier, une centaine de travailleurs coupent, disquent, soudent et assemblent plaques, poutrelles et autres éléments en acier qui deviennent autant de ponts, stades de foot, structures d’usine, d’aérogare ou d’immeubles.

Pour l’heure, la partie inférieure du tablier de la passerelle est en cours de pré-assemblage tandis que les pièces moins imposantes quittent petit à petit les ateliers d’Ocquier pour rejoindre l’île Monsin où se fera l’assemblage final.

« La structure métallique de 140 m de long va être couchée sur des barges puis amenée à hauteur de la Boverie où elle sera relevée et posée sur ses appuis  », explique Yves Poncin, qui dirige la société avec son frère Vincent tandis que leur père garde un œil sur le devenir de l’entreprise. L’opération doit avoir lieu fin juillet, avec une spectaculaire remontée de la Meuse depuis Monsin.

Elle ponctuera le renouveau des quais de Meuse, inaugurés ce week-end. Un investissement de 8,5 millions d’euros (60 % RW ; 40 % Feder) qui s’ajoute aux 25 millions d’euros relatifs à la rénovation des quais de Meuse.

Dans un contexte économique difficile – le chiffre d’affaires a chuté de 27 à 21 millions d’euros en quelques années – les ateliers Poncin ont pu garder la tête hors de l’eau grâce à quelques chantiers publics liégeois. Les portes et le pont de l’écluse de Lanaye, les structures métalliques des nouveaux ateliers pour locomotives à Kinkempois, l’élargissement du pont autoroutier à Cheratte ou encore le nouveau pont d’accès au Trilogiport.

« Nous espérons que ces réalisations, notamment les portes d’écluse, vont nous permettre de gagner de nouveaux marchés internationaux, en particulier celui relatif au projet de canal Seine-Escaut, explique Vincent Poncin. Ce n’est pas évident car il y a une tendance, en France, à préférer les entreprises nationales ».

De son côté, le ministre Maxime Prévot espère que les prochains chantiers du Feder – les choix doivent être réalisés début mai – et le plan Juncker d’investissements européens constitueront de belles opportunités pour des sociétés comme Poncin.

En attendant, l’entreprise tire la langue. « Nous avons pu bénéficier d’un prêt subordonné de 1,5 million d’euros par la Sogepa pour faire face aux baisses de commandes, les années qui viennent vont être difficiles car la reprise ne se fait pas encore sentir », explique Yves Poncin qui, fort des dernières commandes de qualité en matière d’ouvrage d’art, prospecte un peu partout dans le monde. « Rien ne nous fait peur, nous avons déjà amené des ponts en Afrique, nous travaillons régulièrement pour la France, l’Allemagne et le Luxembourg ».

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
La UneLe fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une