Les Maisons du tourisme en sursis

La Région voudrait deux Maisons du tourisme au lieu de cinq. Trois disent les uns. Et pourquoi pas une seule, embraient d’autres…

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 4 min

L’inquiétude monte au sein du personnel des cinq Maisons du tourisme du Brabant wallon. La réforme annoncée – et qui devrait être effective pour 2016 – par le ministre René Collin (CDH) pour diminuer de moitié le nombre de Maisons du tourisme en Région wallonne ne devrait normalement pas entraîner de pertes d’emploi. « C’est la promesse qui nous est faite, nous commente-t-on, mais cela fait longtemps que l’on ne croît plus au Père Noël ! »

1 Situation actuelle Le Brabant wallon compte cinq Maisons du Tourisme : Roman Païs (Nivelles, Rebecq, Ittre, Tubize et Braine-le-Château), Pays de Villers (Villers-la-Ville, Mont-Saint-Guibert, Chastre, Court-Saint-Étienne et Walhain), Waterloo (Waterloo, Braine-l’Alleud, Genappe, Lasne et La Hulpe), Les Ardennes Brabançonnes (Wavre, Ottignies-LLN, Rixensart, Grez-Doiceau et Chaumont-Gistoux), et la Hesbaye Brabançonne (Beauvechain, Hélécine, Incourt, Jodoigne, Orp-Jauche, Perwez et Ramillies).

2 Demain, première version L’espoir de la Région est que l’on en arrive à deux Maisons du Tourisme, un peu comme la situation d’avant 1990 quand ce qui n’était pas encore le Brabant wallon comptait deux Syndicats d’initiative régionaux : un pour l’Est et un pour l’Ouest. C’est plutôt la position défendue par Josette Champt, directrice des Ardennes Brabançonnes, qui a pu compter sur la mémoire de Marcel Godfroid pour retracer l’historique de la promotion du tourisme dans notre province.

3 Demain, deuxième version Waterloo propose que l’on garde trois Maisons du tourisme. Elle espère même attirer Rixensart, ainsi que Villers-la-Ville, tandis que les autres communes du Pays de Villers iraient suivre la fusion entre les Ardennes Brabançonnes et la Hesbaye Brabançonne, qui en profiterait pour englober Lincent, en Province de Liège. Le Roman Païs serait alors la troisième Maison, laquelle aimerait englober des communes du Hainaut comme Les Bons Villers. Cela reviendrait à revenir à la situation de 1990 quand le Syndicat d’initiative régional de l’Ouest avait splitté en Syndicat d’initiative de la Bataille de Waterloo et en Syndicat d’initiative du Roman Païs. Voilà qui n’est pas au goût de la Hesbaye Brabançonne dont la directrice Vanessa Deblire propose la création d’une seule Maison du tourisme pour l’ensemble du Brabant wallon.

4 Divergences Pour Vanessa Deblire, « ce serait nettement plus logique d’avoir une politique commune. D’autant qu’il y a déjà un service provincial. Le problème, c’est le financement. Waterloo paie tout pour ses communes, alors qu’ailleurs cela fonctionne au prorata du nombre d’habitants. Et puis nous, on travaille déjà beaucoup avec le Groupe d’action local Culturalité sur les mêmes communes. » Brigitte Hogge, la présidente du Pays de Villers, abonde dans la solution unique, « mais s’il faut choisir entre deux ou trois, je préfère la première solution ». Pour Josette Champt, « il y a tant de paramètres à régler que cela va être dur de réaliser tout en six mois. À Wavre, par exemple, on est lié par une convention avec la Ville pour vingt ans. De plus, des membres du personnel sont payés par la Ville de Wavre, d’autres par des Aides à la promotion de l’emploi ou des Contrats de premier emploi. » Étienne Claude, le directeur de la Maison du tourisme de Waterloo, soulève, lui, d’autres questions : « Quel va encore être le rôle du service provincial du Tourisme ? Et tant qu’on y est, pourquoi ne pas fusionner aussi le Commissariat général au Tourisme et Wallonie-Bruxelles Tourisme ? Et si l’on choisit deux ou trois Maisons du tourisme, quelles communes vont encore garder leur Office du tourisme ou leur Syndicat d’initiative ? » Enfin, le directeur du Roman Païs, Yves-Henri Feltz, se demande s’il ne faudrait pas plutôt faire « des choix de fusion non pas en fonction du territoire, mais en fonction du type de tourisme que l’on veut promouvoir. Sur ce plan, Waterloo et Nivelles n’ont pas les mêmes objectifs. »

5 Décision politique La discussion risque donc d’être tendue. Après une première réunion initiée par la députée provinciale Isabelle Kibassa-Maliba (PS), en charge du Tourisme, ce sera au « Conseil 27+1 » de se réunir en mai pour tenter d’accorder les points de vue…

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