Nouvelle cible contre la dégénérescence maculaire

En Belgique, 30.000 patients sont frappés par la maladie liée à l’âge.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

On le sait, la maladie oculaire appelée dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la première cause de cécité des plus de 55 ans dans les pays industrialisés. En Belgique, on compterait environ 30.000 patients. Chaque année, 5.000 nouveaux patients seraient diagnostiqués. A l’heure actuelle, des médicaments ciblant un facteur spécifique de croissance, le VEGF, sont utilisés. L’Avastin et le Lucentis sont utilisés, parfois dans la controverse, un médicament étant spécifique et l’autre pas, leur prix étant divergent.

Quoi qu’il en soit, de nombreux patients ne répondent pas au traitement proposé. Aujourd’hui, dans la revue Nature Medicine, une équipe de chercheurs Inserm démontre que le blocage d’une autre protéine, Slit2, empêche le développement pathologique des vaisseaux dans un modèle animal.

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la rétinopathie diabétique et la rétinopathie du prématuré sont caractérisées par une atteinte progressive de la rétine, la région de l’œil qui réceptionne l’information visuelle et la transmet au cerveau. Cette altération est provoquée par une croissance anormale des vaisseaux sanguins. Ces vaisseaux fragilisés laissent alors diffuser du sérum, responsable d’un œdème qui soulève la rétine.

Ce processus met en jeu plusieurs protéines nécessaires au développement normal ou pathologique des vaisseaux. Actuellement, les traitements principaux visent à bloquer l’action duVEGF en injectant des inhibiteurs dans l’œil. Certains patients sont ou deviennent résistants à ces thérapies anti-VEGF. C’est pourquoi les chercheurs ont cherché à mener l’identification de nouveaux facteurs impliqués dans le processus. Ils se sont particulièrement penchés sur le cas de Slit2.

Slit2 est une protéine déjà connue pour son rôle dans le développement des connexions neurales. En agissant sur ses récepteurs, Robo1 et Robo2, elle est aussi impliquée dans le développement de nombreux organes et de certains cancers. Les chercheurs ont donc formulé l’hypothèse que ce facteur pourrait avoir un rôle dans une vascularisation anormale.

Pour valider ce postulat, les scientifiques ont inactivé Slit2 dans un modèle de souris. Ils ont alors observé que la ramification des vaisseaux rétiniens et leur croissance étaient sévèrement réduites. De manière surprenante, ils ont découvert que sans cette protéine, l’action du VEGF était aussi partiellement réduite. En bloquant simultanément Robo1 et Robo2, ils ont obtenu les mêmes résultats. Ils ont ainsi démontré que Slit2 est nécessaire à l’angiogénèse dans la rétine. « Le succès de ces premières expériences nous a laissé espérer que le contrôle de Slit2 bloquerait le développement anarchique des vaisseaux dans les pathologies oculaires » explique Alain Chédotal, directeur de recherche Inserm. L’équipe a donc reproduit ces tests dans un modèle animal de rétinopathie du prématuré. Comme ils l’avaient suspecté, l’absence de la protéine Slit2 prévient la vascularisation anormale de la rétine chez ces jeunes souris. Ce pourrait être bénéfique pour les patients atteints d’une maladie oculaire vasoproliférative, tout particulièrement pour ceux résistants aux thérapies classiques anti-VEGF.

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